‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 89 sur 147 · BelLJud., VI, i · texte numérisé non relu

BelLJud., VI, i

il les précédait de loin, coiimie poussé par une force surnaturelle.

Les vigies placées au haut de la muraille les reçurent d'abord à coups de javelots, puis les criblèrent de traits de toute sorte, et roulèrent sur eux des pierres énormes qui renversèrent quelques-uns des compagnons de Sabinus. Celui-ci, courant au-devant des traits, dont il était couvert, n'hésita pas un instant, et ne s'arrêta dans son élan, que lorsqu'il eut atteint la crête du mur et mis l'ennemi en fuite. Les Juifs, stupéfaits de tant de force et d'audace, croyant d'ailleurs qu'il était suivi de beaucoup d'autres, lâchèrent pied.

Malheureusement la fortune, comme si elle détestait la bravoure, met souvent obstacle aux actions d'éclat. Ainsi cet homme, au moment où il venait d'accomplir le miracle d'énergie qu'il avait entrepris, rencontra un bloc de pierre incliné et roula dessus avec grand fracas. Les Juifs alors revinrent à la charge, et le voyant seul et renversé , ils se jetèrent sur lui de tous les côtés. Sabinus, à genoux et se couvrant de son bouclier, se défendit bravement d'abord et blessa plusieurs des assaillants. Mais le nombre des coups qu'il avait déjà reçus affaiblit bientôt son bras, et enfin, accablé de traits, il expira. Ce brave soldat, bien digne d'un meilleur sort, périt ainsi victime de la difficulté de l'entreprise dans laquelle il s'était si noblement jeté. Parmi ceux qui l'avaient suivi, trois qui étaient aussi parvenus au sommet du mur furent écrasés à coups de pierres. Les huit autres, grièvement blessés, purent être recueillis et rapportés au camp. Ce fait d'armes s'accomplit le 3 de Panemus*.

Nous avons vu que le premier de Panemus (25 mai), Jean de Giscala avait tenté de détruire les aggeres dirigés

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