‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 90 sur 147 · BelLJiid., V[. I · texte numérisé non relu

BelLJiid., V[. I

contre Antonia et qui venaient d'être terminés. Nous pouvons donc établir, ainsi qu'il suit, quelques dates de plus dans le journal du siège.

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MACÉDONIKNNBS. DB L'IïRB CHRETIENNE. AviNBMB!«TS DU JOUR.

Panemus l^^ Mai 25. Dans la nuit la muraille d*enceinte

d^Ântonia s*écroule spontanément.

Sabinus monte à Tassaut suivi de onze compagnons. Il est tué avec trois d^eutre eux. Les huit autres sont tous blessés.

Deux jours après, vingt des Romains préposés à la garde des ag gères se concertèrent pendant la nuit, et appelèrent à eux le porte-étendard de la cinquième légion, deux cavaliers appartenant aux escadrons légionnaires, et un trompette (<Ta>.myxTYiv ?va) . A la neuvième heure (trois heures après minuit) , ils s'acheminèrent en silence et avec les plus grandes précautions, à travers les décombres, vers la tour Antonia. Ils réussirent à égorger les premières sentinelles ennemies qui s'étaient laissé gagner par le sommeil, occupèrent la muraille, et commandèrent alors au trompette de sonner la charge. A ce bruit tous les autres hommes de garde se réveillèrent en sursaut et s'enfuirent, sans se donner le temps de pouvoir discerner le nombre de ceux qui avaient monté jusqu'à eux. L frayeur et le son de la trompette leur firent croire en effet qu'une grande force ennemie avait réussi à gagner la crête de la muraille. Titus, à ce signal, se hâta de faire prendre les armes à tout le monde, et à la tête des légats et d'une troupe d'hommes d'élite, il monta à son tour. Comme les Juifs couraient se réfugier dans le hiéron (et; to *l£pov), les Romains se précipitèrent à leur suite dans le souterrain que Jean avait fait creuser pour atteindre les aggeres. Coupés ainsi par les

deux troupes d'assaillants, les séditieux, appartenant aux corps de. Jean et de Simon, résistaient avec la plus grande vigueur, et chargeaient furieusement les Romains. Car, s'ils les laissaient pénétrer dans le Saint (etç to ayiov), les Juifs croyaient être définitivement pris, et les Romains, de leur côté, voyaient dans ce fait le commencement de la victoire.

Un combat terrible s'engagea aux entrées (irepiTaç ei<ro^ouç) , les uns cherchant à occuper de vive force le hiéron (to *iepov) , les autres s'efforçant de rejeter l'ennemi sur Antonia. De part et d'autre les javelots et les lances ne pouvaient être d'aucun usage, et l'on se battait à coups d'épée. Dans la mêlée, il était impossible de discerner à quel parti appartenaient les combattants, parce qu'il n'y avait aucun rang gardé, et que l'étroitesse du lieu du combat forçait les hommes à pivoter malgré eux dans l'action. Des clameurs indistinctes et effroyables assourdissaient les acteurs de cet horrible drame. De chaque côté les pertes étaient énormes, et les combattants brisaient, en les foulant aux pieds, les membres et les armes de ceux qui étaient tombés. Chaque fois que l'action tournait à l'avantage de l'un ou de l'autre parti, on entendait les vainqueurs s'entre-exciter, et les vaincus pousser des hurlements de désespoir. Il n'y avait de place ni pour la fuite, ni pour la poursuite. Tous semblaient avancer ou reculer au hasard, dans une mêlée confuse. Ceux qui s'étaient trouvés placés en tête devaient fatalement tuer ou être tués, parce qu'il n'y avait pour eux aucun moyen de reculer. Des deux côtés les hommes placés derrière poussaient les leurs en avant, et ne laissaient aucun espace libre où les combattants pussent se mouvoir. 11 était évident que l'opiniâtre résistance des Juifs allait l'emporter sur la tactique romaine, et déjà de toutes parts les assaillants fléchissaient, car ce combat, qui avait commencé à la neuvième heure de la nuit (trois heures après minuit), s'était

prolongé jusqu'à la septième heure du jour (une heure après midi). Les Juifs en effet s'étaient engagés en masse, poussés par la crainte d'une défaite absolue et flnale ; les Romains, au contraire, n'avaient engagé qu'une partie de leurs forces ; en effet, à cette heure les légions n'avaient pas encore franchi Antonia, et leur prochaine venue seule avait jusque-là soutenu l'ardeur des combattants; on commença donc à penser qu'il suffirait, pour le moment, d'occuper Antonia *.

Avant de poursuivre notre récit, faisons remarquer le peu de vigilance que les Juifs mirent à se garder en cette occasion. Quelque profonde qu'ait été l'obscurité à trois heures du matin, il est incompréhensible que des sentinelles chargées d'une aussi grande responsabilité que celles qui devaient veiller au salut d' Antonia, en présence d'une brèche praticable, se soient toutes endormies, ou n'aient rien vu, ni rien entendu. Avec une pareille insouciance, il était bien clair que ce qui arriva arriverait forcément. La seule excuse possible pour ces malheureux est dans leur atroce fatigue et dans leur faiblesse, par manque d'alimentation suffisante. Il n'est que trop facile, quand les forces sont brisées, de céder au sommeil, et certes, après tout ce qu'ils souffraient depuis des mois, les défenseurs d' Antonia semblent pardonnables. Au reste, leur bravoure intraitable dans le combat qui s'ensuivit, et qui ne tourna guère à l'avantage des Romains, rachète grandement la faute commise par les factionnaires, faute que ceux-ci payèrent de leur vie.

Le récit de Josèphe me paraît en outre présenter ici une inexactitude palpable. A l'en croire, les Romains se seraient précipités à la poursuite des Juifs dans le souterrain creusé par Jean, pour miner les premiers aggeres. Cela est impos-

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