BelL Jud., VI, I
sible, car, pour atteindre ces aggeres, le souterrain en question devait se prolonger vers l'extérieur de la forteresse, et les Juifs qui .s'y engagèrent fuyaient vers le temple. Ils eussent, on en conviendra, pris un étrange chemin. Heureusement, il n'est pas difficile de se rendre compte de ce fait. Nous savons que deux souterrains (à moins qu'ils n'en fissent qu'un seul, et même) conduisaient d'Antonia au temple. C'étaient : 1** celui qui se nommait la tour de Straton, et dans lequel Antigone fut assassiné par l'ordre de son frère Aristobule* ; S** celui qu'Hérode le Grand fit pratiquer et dont j'ai parlé plus haut dans la description d'Ant(jnia. 11 est hors de doute que lorsque Jean de Giscala voulut pousser des galeries de mine sous les aggeres des Romains, il profita de l'un ou de l'autre de ces souterrains, pour y prendre le point de départ de ses nouvelles galeries ; c'était en effet économiser un travail énorme et utiliser avec intelligence un travail déjà fait depuis longtemps. C'est donc en ce sens seulement que l'assertion de Josèphe est admissible. Juifs et Romains se précipitèrent dans le souterrain en question, lequel se confondait en quelque sorte avec les galeries de mine de Jean de Giscala, puisque ces galeries venaient y aboutir.
Maintenant poursuivons.
Un centurion bithynien, nommé Julianus, issu d'une bonne famille, et homme d'une très-grande bravoure, d'une rare vigueur, et d'une adresse remarquable dans le maniement des armes, avait pris part au combat que nous venons de raconter. Dès qu'il vit les Romains fléchir et commencer à se défendre mollement (il était en ce moment dans Antonia, auprès de Titus), il s'élança, et se ruant seul sur les Juifs vainqueurs, il leur fit tourner les talons et les poursuivit jusqu'à l'angle du