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Je ne m'explique pas bien comment Titus n'a pu aller au secours de Julianus, empêché, dit-on, par le lieu où il était ; puisque Julianus était parti d'auprès de lui, le même chemin lui était ouvert.
t, t6v iv^iXixiop'^v xaXcupuvov. Ce mot signifie à peu près « la continuité, l'assiduité. »
Mort de Sabinus.
Dans la nuit, Antonia est enlevée par
surprise , à trois heures du matin.
Le combat, commencé dans la nuit.
dure jusqu'à une heure après midi.
— Julianus est tué.
avaient cessé d'être célébrées, faute d'hommes, Titus fit appeler Josèphe et le chargea de transmettre à Jean la proposition qu'il lui avait déjà fait adresser une première fois, à savoir que, si parmi les assiégés il se trouvait quelqu'un enflammé par le déplorable désir de livrer bataille aux Romains, il pouvait sortir de la place avec tel nombre d'honunes qu'il voudrait, et venir combattre. En agissant ainsi, sa propre ruine ne serait pas unie à celle de la ville et du temple; il ne profanerait plus le sanctuaire (to ayiov) et n'offenserait plus Dieu, puis qu'il était libre de faire accomplir les sacrifices sacrés un moment interrompus, par. le ministère des Juifs qu'il désignerait. Josèphe, qui ne voulait pas que ces paroles fussent pour Jean seul, mais bien pour la multitude, s'établit en un point d'où sa voix pouvait être entendue. Là il traduisit à haute voix en hébreu (ÈêpatÇwv) * la proclamation de Titus, à laquelle il ajouta de son cru beaucoup de supplications pour les décider à épargner leur patrie, à écarter l'incendie qui menaçait déjà le temple, et à rendre à Dieu les hommages accoutumés.
Le peuple désolé gardait le silence. Mais Jean, après avoir accablé Josèphe d'injures et de malédictions, termina en disant que la ruine de Jérusalem ne serait jamais à craindre, puisque c'était la cité de Dieu. A cette réponse Josèphe s'écria : « Tu l'as conservée bien pure pour Dieu ! « et le sanctuaire reste bien inviolé! Ce Dieu dont tu espères « le secours, tu ne l'as pas offensé! et il reçoit bien de « toi le culte solennel qui lui est dû! Toi, misérable, si « quelqu'un te volait ta nourriture quotidienne, tu le traitece rais en ennemi ; et ce Dieu, que tu as privé de son culte a perpétuel, tu espères qu'il combattra pour toi ! et tu im-
1 . k Tépoque de Titus, les Juifs, comme Josèphe , avaient donc encore la prétention de parler hébreu.
putes les crimes, dont tu es seul coupable, aux Romains qui jusqu'ici se sont appliqués à respecter nos lois, et qui cherchent par la force à te faire rendre à Dieu les hommages dont tu Tas dépouillé. Qui ne gémirait et ne pleurerait sur Tétrange sort de la ville, où des étrangers et des ennemis veulent redresser ton impiété, tandis que toi, Juif, élevé sous Tempire des lois, tu as pour elles moins de respect qu'eux-mêmes? Jean, on n'est pas déshonoré parce qu'à la fin on se repent de ses fautes, et si tu désires sauver la ville, suis l'exemple de notre roi Jéchonias. Lorsque le Babylonien, à la tête d'une puissante armée, vint contre lui, il sortit spontanément de Jérusalem, debout encore et à la tête de toute sa famille, et il se soumit à une captivité volontaire, afin de ne pas livrer à l'ennemi tout ce qui était saint, et de ne pas voir brûler la maison de Dieu. Est-ce que la « mémoire de ce noble sacrifice n'est pas célébrée saintement par les Juifs? Est-ce que son souvenir toujours vivant ne sera pas immortel pour la postérité ? Bon exemple à suivre, Jean, même quand le danger menace ! Moi, je te promets ta grâce au nom des Romains ! Rappelle-toi que c'est ton compatriote qui te donne ces avis, que c'est un Juif qui te fait cette promesse ! et, en pareil cas, il faut tenir compte de celui qui parle et de celui au nom de qui il parle. A Dieu ne plaise que jamais, dans ma captivité, j'en vienne à ne plus songer à mon origine, et à oublier ceux qui ont la même patrie que moi ! Tu t'indignes, tu vocifères des outrages contre moi ; j'en mérite de bien plus amers , puisque je t'exhorte en face de l'arrêt du destin, et que je cherche à sauver ceux que la justice de Dieu a condamnés. Qui donc ignore les paroles des vieux prophètes, et l'oracle fatal qui va s'accomplir sur notre malheureuse cité? Ils ont annoncé qu'elle périrait, lorsqu'un de ses enfants commencerait à y
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« semer la mort. Est-ce que la ville et le hiéron ne sont pas « encombrés de vos cadavres ? Oui, c'est Dieu, Dieu lui-même, « qui, avec les Romains, y porte le feu purificateur, et qui « renverse la cité qu'ont remplie tant de crimes \ »
Je l'ai déjà dit, je ne fais pas grand cas de ces harangues de fantaisie que je regarde assez volontiers comme de pures amplifications de rhétorique sur un sujet donné. Aujourd'hui ces morceaux de littérature sont heureusement passés de mode. Quoi qu'il en soit, Josèphe, qui nous octroie si généreusement les échantillons de son style oratoire, nous affirme qu'en prononçant les paroles qu'il vient de rapporter, ses yeux et ses joues étaient baignés de larmes, et que sa voix fut étranglée par les sanglots. Les Romains, qui l'entendirent, eurent grande pitié de ses souffrances, et non moins grande admiration de sa conduite. Quant à Jean et à ses compagnons, toutes ces belles phrases ne faisaient que les irriter, et ils désiraient ardemment s'emparer de la personne de Josèphe. Au demeurant , le discours de celui-ci avait ébranlé bon nombre de personnages nobles encore enfermés dans la place; mais comme ils avaient une terreur profonde de la surveillance des séditieux, la plupart se résignèrent à rester avec eux, bien qu'ils eussent la certitude qu'ils périraient avec la ville.
Quelques-uns, cependant, saisirent la première occasion de fuir sans trop de danger, et se réfugièrent auprès des Romains. Parmi ceux-là se trouvaient Josèphe et Jésus' qui avaient été grands prêtres, puis parmi les enfants de grands