Bell. Jud., Yl, n
« n'approchera de vos sanctuaires et ne leur fera subir la « moindre insulte. Au reste, je sauverai le temple pour vous « et malgré vous * . >»
Quand Josèphe, obéissant à Tordre de Titus, adressait cette proclamation aux assiégés, eux et leur chef croyaient ces exhortations dictées par la crainte et non par la bienveillance; leur orgueil s'exaltait d'autant. Titus, voyant qu'ils n'avaient plus de pitié ni du temple ni d'eux-mêmes, eut de nouveau recours aiïx armes, bien malgré lui. Il ne pouvait lancer toutes ses troupes contre eux, car l'espace leur eût manqué. Il choisit donc les trente plus vaillants soldats de chaque centurie, mit des tribuns à la tète de chaque millier d'hommes, et, plaçant la colonne sous le commandement de Cerealis, il donna l'ordre d'attaquer à la neuvième heure de la nuit (trois heures du matin). Comme il était lui-même en armes et prêt à descendre sur le théâtre de l'action .qui allait s'engager, ses amis le retinrent à cause de la grandeur du péril , et les légats lui firent comprendre qu'il rendrait de plus grands services à l'armée, en restant à Antonia et en dirigeant de là l'action, qu'en y prenant part lui-même et qu'en s'exposant en simple soldat. Que d'ailleurs tous se montreraient vaillants, quand ils sauraient qu'il était là pour les voir.
Titus se rendit à ces observations, et dit aux combattants qu'il ne restait que pour juger de leur bravoure; que tout acte de valeur aurait sa récompense, mais que toute lâcheté serait punie ; qu'ainsi le spectateur et le témoin de tout ce qui se passerait, serait celui-là même dont le devoir était de distribuer les châtiments et les récompenses.
A l'heure indiquée, il donna le signal de l'attaque, et se