‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 96 sur 147 · Bell, Jt(d,,\\, \\y · texte numérisé non relu

Bell, Jt(d,,\\, \\y

plaçant hors d'Antonia, en un point visible de tous, il attendit les événements * .

La colonne qui venait d'être lancée ne trouva pas l'ennemi endormi, ainsi qu'on l'avait espéré. Les Juifs de garde furent debout en un clin d'œil, et engagèrent le combat en poussant de grands cris. Les autres hommes chargés du service de cette nuit, furent sur pied au premier signal de leurs compagnons, et ils sortirent en masse au-devant des assaillants. Pendant que les Romains soutenaient l'attaque des premiers venus, les suivants tombaient sur leurs propres compagnons, et de part et d'autre, beaucoup de combattants se heurtaient en adversaires, car les clameurs confuses poussées des deux côtés empêchaient de se reconnaître à la voix, et l'obscurité de la nuit était tellement épaisse, qu'il était impossible de rien discerner. D'ailleurs, la fureur ou la crainte ôtait à beaucoup l'usage de la vue. Aussi chacun frappait-il celui qu'il avait devant lui, sans savoir s'il était ami ou ennemi. Les Romains avaient moins à souffrir de cet inconvénient, parce qu'ils marchaient en rang, bouclier contre bouclier. Chacun d'eux, d'ailleurs, avait le mot d'ordre et s'en servait. Quant aux Juifs, toujours dispersés, et exécutant à la débandade leurs mouvements en avant et en arrière, ils avaient très-souvent l'un pour l'autre l'aspect d'un adversaire, et lorsqu'un d'eux tournait le dos, chacun de ses compatriotes, au milieu des ténèbres, le prenait pour un Romain et le recevait à coups d'épée. Il en résulta que beaucoup plus d'entre eux furent blessés par leurs amis, que par leurs ennemis; il en fut de même jusqu'à ce que le retour du jour vint éclairer le combat, et permît aux deux partis de se tenir en bon ordre, face à face, et de bien diriger leurs coups.

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