I. BellJud,. Vi, u
Ni d'un côté ni de Tautre, on ne cédait de terrain, et l'on semblait inaccessible à la fatigue.
Les Romains, sachant qu'ils combattaient sous les yeux de Titus, le faisaient avec bravoure, individuellement et en masse; car parmi eux, chacun croyait que ce jour serait pour lui l'origine de son avancement et de sa fortune, s'il se conduisait bravement. Les Juifs puisaient leur audace dans le danger qui les menaçait, dans leur crainte pour le hiéron, et dans la présence de leur chef qui excitait les uns par des paroles, les autres par des coups et des menaces.
Le combat cependant restait stationnaire, la ligne de bataille se mouvant avec rapidité, dans un sens ou dans l'autre, au milieu d'un espace fort restreint; car le terrain manquait à la fois pour la fuite et pour la poursuite. A chaque instant, suivant la tournure que prenait la bataille, de bruyantes acclamations partaient d'Antonia, d'où les Romains criaient aux leurs de prendre courage, s'ils gagnaient du terrain, et de s'arrêter, s'ils en perdaient. On eût dit d'un théâtre guerrier, car Titus et ceux qui l'accompagnaient ne perdaient pas le moindre détail de l'action.
En résumé, le combat, commencé à la neuvième heure de la nuit (trois heures du matin), ne cessa qu'à la cinquième heure du jour (onze heures du 'matin); ni d'un côté ni de l'autre, on n'avait abandonné le terrain sur lequel la bataille s'était engagée, et la victoire resta indécise.
La plupart des Romains déployèrent une grande bravoure dans cette terrible lutte.
Du côté des Juifs, parmi les partisans de Simon, ceux qui se distinguèrent le plus furent Judas fils de Merton, et Simon lils de Josias; parmi les Iduméens, Jacques et Simon, ce dernier, Dis de Cathlas, et l'autre, fils de Sosas. Enfin, parmi
les adhérents de Jean , Gyphtaeus et Alexas , et Simon fils d'Ari, celui-ci étant un des Zélotes*.
Ce Judas, fils d'Ari, périt plus tard dans une embuscade, après la reddition de Machserous. Pendant le siège de Jérusalem, il avait exercé un commandement, et il avait réussi à échapper au massacre de ses compagnons, en se cachant dans un souterrain duquel il put s'évader secrètement*.
Cependant la portion de l'armée romaine qui avait été occupée à renverser les fondements de la tour Antonia, vint à bout de cette besogne en sept jours % et elle établit une large rampe vers le hiéron ([jiijf^pt tcO ^lepoG). Les légions, une fois rapprochées du premier péribole (tw irpcoTto irepiêolcp) ,, commencèrent à construire des aggeres; le premier en face de l'angle nord-est du hiéron intérieur (toO eîaw *lepoO) ; le second placé contre Texèdre septentrionale (xarà TÏy êopeiov e^s^pov) , qui se trouvait placée entre les deux portes, et les deux derniers, l'un contre le portique occidental du hiéron extérieur (xatà tyiv é(nc£piov ^Toàv toîÏ e^coOev *IepoO), et l'autre à l'extérieur, contre le portique nord {îl<a xarà tyjv êopeiov)*. Il n'est vraiment pas facile de déterminer l'emplacement de cjes divers ouvrages.
Le premier agger, établi en face (avrtxpuç, à l'opposite) de l'angle nord-est du hiéron intérieur, était-il appliqué au portique nord du hiéron extérieur? On serait tenté de le croire, si celui qui est désigné le quatrième n'était pas indiqué spécialement comme étant appliqué au portique nord de ce même hiéron. Il y aurait donc ainsi un double emploi qui
i. Bell.Jud., VI, 11, 6.