‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 98 sur 147 · ïbid,, VU, VI · texte numérisé non relu

ïbid,, VU, VI

3. Ce travail a dû commencer aussitôt que les Romains furent solidement établis à Antonia, c'est-à-dire dès le 7 do Panemus, et durer du 7 au 14 de ce mois, c'est-b-dire du 31 mai au juin.

resterait inexplicable, et je suis porté à croire que ce premier agger désigné par Josèphe a été en réalité construit contrel'angle nord-est du hiéron intérieur. Dès lors, le second agger y indiqué comme ayant été placé contre Texèdre nord et entre les deux portes, aurait été lui-même appliqué au péribole intérieur. Quant aux deux derniers, ils ont été incontestablement construits pour attaquer les portiques septentrional et occidental du hiéron extérieur, et très-probablement dans le voisinage d'Antonia, afin que, de cette position dominante, on pût protéger d'abord les travailleurs qui y furent employés, puis ceux qui durent les utiliser lorsqu'ils furent achevés.

Ces quatre aggeres purent-ils être construits simultanément? J'en doute fort; car nous venons de voir quelle fut l'issue des tentatives des Romains pour se rapprocher du naos. Il est bien certain que ces combats sans résultat précis durent avoir lieu dans le grand espace vide compris entre le hiéron extérieur et le hiéron intérieur, c'est-à-dire sur la grande esplanade nommée le Lithostrotos. Il n'est donc pas supposable que les Romains aient pu entreprendre, en même temps, l'attaque du hiéron extérieur et celle du hiéron intérieur. Ils ont dû au contraire, comme cela a lieu dans tous les sièges, se débarrasser de tout ce qui mettait obstacle à leur marche en avant, et ne procéder à l'attaque du hiéron intérieur, que lorsqu'ils eurent détruit toutes les défenses accumulées par les Juifs sur le hiéron extérieur. Agir autrement eût été un acte d'imprudence impardonnable, puisqu'ils eussent laissé de la sorte derrière eux des ouvrages menaçants.

En résumé, les troisième et quatrième aggeres signalés par Josèphe ont dû être construits d'abord, et ce ne fut qu'après l'anéantissement des défenses établies sur les portiques nord

et ouest (lu hiéron extérieur, que les Romains purent songer à diriger des attaques contre le hiéron intérieur, Josèphe aura d'un seul coup énuméré les ouvrages considérables établis par les Romains, pendant des périodes successives du siège.

Maintenant, poursuivons le récit des opérations.

Malheureusement, les travaux ne pouvaient être menés qu'avec "Une peine extrême et de très-grandes difficultés, car il fallait aller chercher les bois jusqu'à 100 stades (18 "^ 500™) de la place. D'un autre côté les Romains éprouvaient parfois des pertes sensibles, en tombant dans des embuscades, parce qu'ils prenaient d'autant moins de précautions, qu'ils se croyaient plus certains de battre ceux qui les leur tendaient, et que les Juifs, désormais sans espoir de salut, ne- reculaient plus devant rien. Ainsi les cavaliers, lorsqu'ils allaient chercher des bois ou fourrager, laissaient leurs chevaux débridés paître en liberté, et les Juifs, sortant de la ville* en nombre supérieur, réussissaient à les enlever. Comme cela se renouvelait, Titus pensa, ce qui d'ailleurs était vrai, que ces pertes étaient dues beaucoup plus à la négligence de ses soldats, qu'à la bravoure des Juifs, et en conséquence, il résolut de forcer ses cavaliers à mieux garder leurs montures, en leur inspirant une triste appréhension. L'un de ceux qui avaient perdu leur cheval fut condamné à mort, et c^t exeniiple suffit pour empêcher que le fait ne se renouvelât. Depuis ce moment, en effet, jamais les chevaux ne furent plus laissés librement au pâturage, et les cavaliers

4. Comment des partis de Juifs pouvaient-ils sortir de la ville, depuis que la contrevallation était terminée? Il y a là une impossibilité absolue, et il faut croire qu'autour de la place il y avait des bandes de maraudeurs, contre lesquels les Romains furent obligés de se précautionner; si du reste il n'y en avait pas eu, à quoi bon les caslella faisant fonction de circonvallation ?

ne marchèrent plus aux corvées qui leur étaient imposées, qu'avec leurs montures.

Le siège du hiéron et la construction des ag gères continuaient donc à progresser \

Le lendemain du jour où les Romains tentèrent sans succès de forcer le hiéron, un certain nombre de séditieux auxquels le pillage de la ville faisait défaut, et que la faim poussait, se jetèrent, vers la onzième heure du jour (cinq heures du soir), sur la garde de la contrevallation, établie contre le flanc du mont des Oliviers, dans Tespoir de la surprendre et d'arriver à forcer facilement cette ligne, parce que ceux qui étaient chargés de la défendre se livraient probablement au repos, à pareille heure. Mais les Romains, qui avaient aperçu leur mouvement, accoururent des castella voisins, et les empêchèrent de franchir le vallum et de couper la ligne.

Un engagement très-vif eut lieu au point d'attaque, et beaucoup d'actions d'éclat furent accomplies de part et d'autre, les Romains joignant à leur valeur personnelle une grande connaissance de l'art de la guerre, et les Juifs attaquant avec furie et avec un courage indomptable. Ceux-ci avaient la nécessité pour auxiliaire, ceux-là l'amour-propre. Les Romains, en effet, regardaient comme un opprobre de laisser échapper les Juifs qu'ils tenaient comme enfermés dans un filet. Les Juifs n'avaient plus d'autre espoir de salut, que de forcer le blocus. Lorsque les assaillants furent ainsi repoussés et rejetés au fond de la vallée (du Cédron), un certain Pedanius, appartenant a une aile de cavalerie, se lança à fond de train sur le flanc des fuyards, et saisit parle pied l'un d'eux, jeune homme robuste qui était armé de pied en cap. Il fit en cette circonstance preuve d'une vigueur de poignet et de corps très-remarquable.

Page 1