‹ Les derniers jours de l'Acadie, 1748-1758 [microforme]Chapitre 15 sur 67 · IIS · texte numérisé non relu

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petit nombre (1), avoir là une personne , soit officier, soit missionnaire, qui, par la force de ses discours, se fasse, et craindre, et admirer. Vous savez bien que, là-bas, chacun ne pense , disons-le, qu'à sa petite fortune, Je ne vous en dirai pas davantage.

LE CHEVALIER DE LA HOUSSAYE À M. DE SURLAVILLE A Gaspareau, ce 21 février 1753.

Je crois avoir eu l'honneur de vous écrire par le dernier bateau qui a parti d'ici et'qui a clos la navigation ; depuis

son départ, Monsieur, nous avons receu le consentement du gouverneur d'Halifax pour nous rendre mutuellement

(1) Le chevalier de Lévis, dans le journal de ses campagnes (Montréal,

Beauchemin, Editeur, 1889, p. 36), porte, à ce sujet, un jugement sévère :

« Les missionnaires dés sanvages, qui avoient bien plus d'autorité en $ il

« temps de guerre qu’en temps de paix, se trouvant intéressés à troubler « l'harmonie en cherchant à se rendre nécessaires par le crédit qu’ils avoient « sur les sauvages, saisirent, avec empressement, cette occasion et, par

« leurs correspondances avec les gouverneurs et les ministres, ils parvin-

« rent à persuader au Gouvernement que l'on pourroit, sans se compro- « mettre, faire déguerpir les Anglois de toute l’Acadie, en faisant intervenir « les sauvages comme vrais propriétaires, au préjudice desquels la France « n'avoit pu céder un droit qui ne lui appartenoit pas. Cette idée ayant pris « faveur, les sauvages, animés par les missionnaires, commencèrent la « guerre et chassèrent les Anglois de toute la presqu'île de l'Acadie jusques « à Port-Royal.

« Mais les Anglois protestoient contre ces actes d'hostilités qu'ils nous « imputoient et que nous rejettions sur les sauvages , peuples libres qui ne « reçoivent l’ordre de personne. Pendant ce temps , les commissaires des « deux nations, qui étaient à Paris, disputoient, faisoient de gros livres, et

ne terminoient rien, »

On trouve le reflet de ces idées de l'abbé Maillard dans les dépéches de M. de Raymond. Telle semble être l'origine des incidents de frontières qui, de nouveau, rompirent la paix.

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les déserteurs des deux nations, ainsi que le lui avoit proposé M. Duquesne, au retour de M. Le Loutre du Canada.

Le lendemain que je fis publier ce cartel au fort de Gaspareau, un soldat de ma compagnie, en garnison au même lieu, déserta, sans doute pour se purifier d'un vol dont on le taxe d'avoir fait dans les magazins du Roy ; je ne trouve rien d'absolument convaincaint pour le vol, et je crois qu'il faudroit, avant son départ, examiner la chose pour ôter aux commis l'occasion de faire d'injustes consommations.

Les Anglois se sont exécutés au mieux à son sujet , et des quatre autres qu'ils nous ont fidèlement renvoyés, déserteurs depuis la date, de Chibouctou.

Cinq sauvages de la rivière Saint-Jean ont levé, le 31° janvier, deux chevelures angloises au fort de Misagouesse, piqués, se dit-on, d'avoir été refusés d'eau-de-vie en ce lieu, et taxés d'y aller trop fréquemment par M. Le Loutre, duquel les sauvages étoient dans cette habitude. Si cet acte n'interrompt point la solidité du cartel, il ne peut ètre qu'avantageux en ce qu'il rompra la trop illicite fréquentation entre les Anglois et les François, même de tous les états...

Il sera nécessaire de faire relever MM. du Caubet, Langi et Desgoutins (1), ce dernier principalement, son séjour ici de deux ans l'empêchant de s'acquitter avec émulation de ses devoirs militaires ; le cadet Cournoyer (2) est dans le mème cas. Du Blaisel (3) y demande sa prolongation, son principe est juste et exempt de soupçon de s'y abâtardir...

(1) Enseigne en second dans les troupes de l'Ile Royale.

(2) Cadet soldat id. id.

(3) Lieutenant dans la milice boulonoïise en 1741, cornette dans Broglie ei 1745, enseigne en pied à l’Ile Royale, à dater de 1750.

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