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Les couriers vous feront connoître, non-seulement notre misère, mais même celle du Canada qui, au lieu de nous pouvoir secourir, nous demande l'impossible. C'est donc à Louisbourg où les estomacs dé ce pays voüent pour être fortifiés..
DU MÊME Au fort Gaspareau, le 14 avril 1753.
J'ai été fort surpris que, parmi les déserteurs, tant du Canada que de Louisbourg, qui ont été rendus en faveur du cartel, que M. Duquesne ayt ordonné de les lui faire parvenir. Nous en avions deux de Louisbourg, dont l'un se nomme Plumet, de la compagnie de La Vallière, et l'autre, Rossignol, de la mienne, qui, avant sa désertion, avoit été taxé de vol, mais les délateurs ont été si peu
croyables, parce qu'ils étaient saouls, qu'on ne peut l'en.
croire coupable.
Du reste, Monsieur, les gardes-magazins qu'on avoit soupçonné avoir été volés par lui, avouent ne pas l'avoir été ; ledit Plumet a passé par les verges, par les ordres de M. Duquesne, et je ne sçay encore le résultat de M. de Vassan au sujet de Rossignol.
Il m'étoit arrivé d'Halifax quarante-six personnes, Allemands et Suisses, le 17 de novembre, lesquels en avoient parti avant la proposition du cartel. Ils ont hiverné ici. Vous devés, Monsieur, connoître mon embarras, ayant vu les bâtimens qui étoient dans le fort incapables de les contenir et loger, et quoique M. de Vassan eût deu rendre compte de leur arrivée et séjour à l'Acadie par les premiers courriers qu'il a envoyés en janvier en Canada, lesquels sont revenus en février, il n'y a rien eu de porté contre eux, et par les seconds partis en février, et de retour à la fin de mars, il m'a été ordonné de sa part de
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les lui tous renvoyer, quoi qu'il m'eût commissionné de
à les faire partir deux jours auparavant par le bateau de / Jacob Maurice qu'il expédie pour les vivres qui sont rares e ici, vu la disette ordinaire du Canada, | | Je ne doute point que, par sa négligence à s'expliquer | dans ses ordres, qu'il ne me taxe coupable de cette évasion, | comme il a fait à l'égard du sacrifice d'une lettre de 1 M. l'abbé Manach (1) à M. Duquesne, et qui étoit en u conséquence délivrée /sic) de l'embarras de vei:.er au prêt, Ir tant des Acadiens réfugiés que des sauvages. Les Acadiens "e en préjugent mal, et les sauvages en pensent de plus. Il n me paroît surprenant qu'on ayt tout fait rendre ces familles et désertées avant le cartel, tous sur la bonne foy et une 1, partie catholiques. Cependant, je n'ai pu avoir aucune L ui compassion pour eux. | sà DU MÊME it Au Gaspareau, le 12° de may 1753.
ir | Il n'est pas à douter, Monsieur, que le cartel proposé | je par M. Duquesne à l'instigation de M. Le Loutre, et accepté e par M. Opson, ne puisse être que provisionnel, ce droit ne devant émaner que de la seule bouche des tètes couronnées. J'en ay vu l'exemple au Micissipi et l'abus par ; n ordre de la Cour, entre la Caroline et nous... nt Il nous étoit arrivé, en septembre, octobre et novembre, Lr- beaucoup d'Allemans d'Halifax, en partie congédiés par à! l'équité de M° Opson qui a succédé à M. Cornwalis, ût s'appercevant que sa Cour fautoit au stipulé fait à leur ë ar égard. J'ay été leur geôlier jusqu'au dix et treize d'avril, À en sans les pouvoir loger tous, ce qui en obligea la plus eu grande partie à se caverner dans le bois, où ils n'ont pas et de (1) Missionnaire,
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peu souffert, tant de l'injure de l'air, que de leur manque de hardes. Il y eut ordre de M. Duquesne de rendre ces familles au commandant de Beaubassin qui, assurément, n'y comptoit pas... Trente-cinq ont été rendus, tant hommes, femmes, qu'enfants , et neuf sont passés à Louisbourg, par le bateau de Maurice , dans lequel ils devoient tous vous estre transportés...
A l'égard du présent des sauvages et des vivres que la Cour a accordé aux Acadiens réfugiés , les intérêts du Roy n'en seront pas mieux conservés. Les Acadiens en souffriront les plus et les sauvages ne pourront estre moins disposés au commandement pour le service (ce qu'ils font déjà pressentir).
L'on en prétend plus d'une cinquantaine à Halifaux /sic), qui y travaillent à une paix solide avec les Anglois, et qu'ils y sont bien fètés... Notre temporisation pourroit les rendre plus difficiles à les faire agir par la suite. Pour ce qui concerne le parti commandé pour la Belle-Rivière, quelque nombreux qu'on l'annonce, je ne doute nullement qu'ils n'en reviennent au moins honteux ; les sauvages qui y sont retirés sont des renégats et des plus mutins des différentes nations, et nos Illinois et Chaouanons sont, en partie, de complot avec eux ; j'en puis parler sûrement, ayant vu en quarante-sept le commencement de cette révolte, je fus même commandé pour y aller avec des sauvages, mais l'exécution ne s'en suivit point.
L'on m'a annoncé un renard noir que l’on m'a achepté à Emchique, où j'en avois donné la commission; s'il n'est pas aussi beau que vous le désirez, je le garderoy et je l'envoyeroy à M, le chevalier de Crenay (1). à
t (1) Parent de M. de La Houssaye ; son nom patronymique était également Poilvillain.
ue Je viens d'apprendre la décision du procès de Rossies . gnol, soldat de ma compagnie, que M. de Vassan a fait | it, instruire pendant neuf jours ; ledit soldat a été condamné, nt par le conseil de guerre, aux galères perpétuelles ; je ne | is- doute nullement qu'il n'en rende compte à M. le comte de i nt Raymond, ce qui ne peut estre différemment sans déroger, à mon avis, aux ordonnances du Roy, ainsy que de l'en- | la voyer, luy et Plumet, en Canada, | oy Trente-et-un Micmacs, de nos cantons, attachés aux fri- François , m'ont demandé de la poudre, des balles et des is- vivres pour aller en chasse. Je leur ay accordé l'un et nt | l'autre, certain du bon usage qu'ils en vouloient faire... Lo) M. DU CAUBET A M. DE SURLA VILLE 2 A Veskak, ce premier de juin 1753. | oit J'ay l'honneur de vous informer que je vois, par l'éloiur gnement des deux missions sauvages, que je ne scaurois re, de quelque tems vous rendre compte de ce que vous me ent demandez, qui est celle du Père Germain, jésuite et misqui sionnaire de la rivière Saint-Jean, et celle du Père Lacorne, des récollet résidant à Miramichy. Quant à celle de M. l'abbé nt, Le Loutre, je ne doute point que M. l'abbé Maynache, son nt, substitut pendant son absence, ne me l'accorde avec plaisir ; tte Je vous enverray en outre les recensements, paroisse par des paroisse, réfugiés et non réfugiés, étant chez M. de Vassan, qui m'a paru très flatté de l'honneur de votre souvenir. é à N'ayant été libre d'y aller que le 25 du mois dernier, est depuis la réception de votre lettre, je vous écris même sans | je qu'il en sache rien, ne voulant point manquer l'occasion
du sieur Belîle, père de M" Ia chevalière Du Vivier. (1)
nent (1) Fernme du chevalier du Vivier, capitaine dans les troupes de Louis- F bourg. ÿ
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(rE) LES DERNIERS JOURS DE L'ACADIE
Les Anglois travaillent à force à établir Mirliguèche, qui est un fort joli port joint à une belle rivière, beau climat, terre extrèmement fertile, au surouest d'Alifaks, distance de dix lieues, et au nord-est de la Hève, de deux lieues...
Autre nouvelle du Port Royal de hier, rapportée par un homme qui a été conduire la femme de Michel Bourg, de la Prédébourg, qui a eu la permission de s'y aller faire traitter par le chirurgien de l'endroit, ne pouvant guérir de l'escorbut qu'elle a depuis trois ans ; le condueteur de cette femme rencontra trois ou quatre jeunes gens qui arrivoient du Port Royal dans le dit lieu, et de sa connoissance ; il leur demanda s'il y avoit quelque chose de nouveau au fort, il lui répondirent que le bruit y couroit que les Bostonnois faisoient une levée 4e 10,000 hommes de milice dans leur contrée, dont on ne peut pénétrer la destination. Autre bruit du même tems et du mème lieu, quinze vaisseaux de guerre, selon les lettres d'avis que le commandant du même Port Royal !a reçues, doivent être dépèchés par le Roy de France pour l'attaquer, assurant qu'ils le tirent d'Espagne; ils parlent beaucoup de guerre, et les jeunes gens ont accusé que, pour peu qu'ils verroient des forces françoises, l'intention de tout le peuple est de prendre les armes pour le Roy de France; qu'en tout cas, si la guerre ne faisoit que se déclarer seulement, que la plus grande partie des habitans qui se trouvent sous la domination angloise, se rangeront dans l'instant sous le drapeau françois. Selon moy, toutes ces nouvelles méritent confirmation, les croyant un peu apocrifes.