‹ Les derniers jours de l'Acadie, 1748-1758 [microforme]Chapitre 19 sur 67 · ATARI NUS TE PEUR · texte numérisé non relu

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les plus voisins qui, par ce moyen, auroient occasion de connoître ses forces en sauvages en rendant la vie de ces Messieurs les Missionnaires apostoliques un peu plus frugale, au lieu qu'ils leur vendent leurs effets qui leur sont donnés, pour avoir de bon poisson, de bon gibier, et autres subsistances de chanoines...

Nous attendons incessamment, dans la baye de Beaubassin, la frégate La Téthys, commandée par M. de Belingham, Je viens, par ordre de M, le commandant, d'expédier le canot du Roy à l'usage de mon poste, deux lignes de grand banc et une sonde pour sonder d'icy à la rivière Saint-Jean, où les pilotes doivent faire la jonction de ladite frégate, y joint un écrivain du Roy qui écrit à proportion les lieux où ils sondent et la quantité des brasses d'eau pour remettre au capitaine avec trois lettres dont il est porteur, Elle ne doit rester dans ce port qu'environ huit jours. Selon ce qu'on dit, je suis persuadé qu'elle ne flattera pas beaucoup la garnison de Beaubassin et donnera lieu aux Anglois d'y en envoyer à leur tour, ce qu'ils n'ont point fait encore de cette année. Il arriva hier nn déserteur au fort de Beauséjour, venant de Beaubassin, où commande, depuis peu, le capitaine Skot, qui partit, l'année dernière, en même temps que moy de Louisbourg. Cet homme rapporte que le cartel étoit rompu depuis huit jours chez eux, et qu'il devoit en dézerter douze autres du même jour, mais sans avoir égard à tout ce qu'il put alléguer, il fut renvoyé dans l'instant, et s'est trouvé avoir accusé à faux, car il est dans sa force plus que jamais. Preuve de cela, on vient de renvoyer d'Halifaks trois déserteurs de l'Isle Saint-Jean, que M. Skot a fait passer à la Pointe et qui vont vous être renvoyés incessamment...

Je me suis rappelé que j'avois oublié de vous marquer le tems qu'il falloit aux sauvages de chaque mission pour

PC

père

se rendre au fort de Beauséjour. I] faut à ceux de M. l'abbé Le Loutre, résidant à Chefmenakady, trois jours par terre, né faisant point usage de la mer pour ce voyage-là ; à ceux de la mission du Père Lacorne, résidant à Miramichy, cinq jours en hiver, en tout tems, même, et par mer, à peu près la mème chose, selon les vents.

Celle du Père Germain, résidant à la rivière Saint-Jean, environ tout au plus en quatre jours, plus vite par mer, si le vent les favorise. Vous pouvez voir au bas de l'état que Jay eu l'honneur de vous envoyer, la distance qu'il

peut vavoir de l'autre mission, qui est du côté du fort

aint-Jean,

Saint-George, nation Canibas, jusqu'à la rivière S et pouvez juger du tems qu'il faudroit pour se joindre à eux. Le tout y est marqué, jusqu'au nom du missionnaire. Il y a huit jours que je n'ay vu M. de La Martinière; j'ay appris qu'il n'étoit pas bien, ne se mélant plus de rien, avant établi M. de Falaize (1) à sa place...

LE CHEVALIER DE LA HOUSSAYE À M. DE SURLAVITLE À Grasparaux, ce 2" aoust 1753.

Depuis ma dernière, la défense des courses tumultueuses de nos Cadiennes {sic} chez les Anglois a été publiée sur nos représentations communes, entre M. Manak et moy: ce poste auroit été aussi fréquenté que le tombeau de Mahomet à la Mecque, puisque les femmes et filles y alloient soubs prétexte d'y trouver de la guérison, mais plutôt, je crois, de la satisfaction à leurs prétendus maux. M. Le Loutre est survenu, qui a fulminé toutes les foudres et censures de l'Eglise aux fautifs et menacé, pour l'avenir, les délinquants d'une double punition...

Un Anglois, déserteur de Midgagoueche, se rendit le 28

(1) Lieutenant d’une compagnie du Canada,

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le 28

juillet, au fort françois de Beauséjour. M. de La Martinière, en conséquence, fit tirer le canon pour le rendre aux Anglois, pour faire valider le cartel. Le sieur Scot, qui commande pour le présent, usa de représaille: , et fit dire fort poliment que les Acadiens pouvoient aller chercher plusieurs de leurs chevaux qui avoient passé sur leurs terres.

Ma réfléxion, au sujet du déserteur anglois, est que Scot, qui est un rusé et insinuant officier parmi nos Acadiens, aura usé de ce stratagème pour décider de nos sentiments envers eux ; ne voyant plus, depuis un mois, aller ni venir d'Acadiens chez luy, il a fait dire à Maurice qu'il avoit ordre d'Halifax de le satisfaire amplement de la générosité qu'il avoit exercée envers le nommé Cartille que j'envoyai à Louisbourg par M. Pharibault (1), lequel fut pris par les sauvages ; mais moy qui avois un peu de part cy devant dans toutes les politesses pour l'avoir vu deux fois à Midgagouethe, il a dit scavoir que je voulois imiter M. Le Loutre et qu'il avoit sceu que j'avois été le principal autheur de ce meurtre. S'il m'étoit loisible de luy parler, je luy dirois naïvement que si je n'en faisois pas faire davantage dans ce continent, que ce n'étoit pas manque de bonne volonté...

M. Le Loutre a commencé, hier, à faire décider les réfugiés de Gasparaux pour leurs établissements. Tous ceux de Gobite ont incliné à retourner chez eux, malgré ses réfléxions menaçantes, et ils doivent partir incessamment..

LE COMTE DE RAYMOND À M. ROUILLÉ Louisbourg, le 6 août 1753.

Je ne suis de retour que depuis deux jours de la tournée

(1) M. de Surlaville l'appelle Faribeau dans une de ses notes,

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