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que J'ai été faire dans les parties de l'est de cette isle où Je n'avois point encore été... J'ai pensé périr (1), ainsi que j'ai fait l'année dernière (2)...
Je joins ici une lettre que l'abbé Maillard m'écrit de l'Isle Saint-Jean, où il est actuellement, qui vous donnera une idée de la position où est présentement cette colonie... Je compte partir après-demain, pour aller visiter, avec autant de soin et de précision que j'ai fait ce que j'ai déjà vu, le hâvre du Saint-Esprit. Après quoi, il ne me restera plus rien à voir, ma mission sera remplie, et je n'aurai, certainement, rien obmis pour que ce soit à votre satisfaction. Si j'ai mérité votre approbation, je ne regretterai point toutes les peines inexprimables et les soins que je me suis donné et les risques j'ai courus (3)...
(1) I vouloit traverser un petit barachois, qui sépare le hâvre de la Petite Brador sur l'Isle de Verderonne, Il étoit question de le passer dans une pirogue assés grande, il y étoit dejà entré avec deux matelots, lorsque La Boularderie, en s’y plaçant, fit pancher la pirogue par sa pesanteur, de façon qu'il y entra un peu d’eau, Alors, la peur prit à R, Comme il étoit tout près d'un échafaut, il s’élança pour saïsir une des lys qui sert d'escalier, mais, comme il n'est pas adroit, il le manqua et tomba à l’eau, dans un endroit où il n'y en avoit pas deux pieds, et fut enlevé sur le champ par Joubert (*); mais, comme ilse jetta sur le ventre, il prétend avoir couru un grand danger, Ce qu'il y eut de singulier, c’est qu’en s’élançant, il entraîna La Boularderie avec lui, qui, ainsi que lui, en fut quitte pour être mouillé, Les deux matelots restèrent dans la pirogue, qui ne chavira ni ne coula à fond, (S.)
(2) Les dangers de 1752 n’étoient pas moins imaginaires que ceux de 1793, mais R, croit que cela en imposera au Ministre dans ce point d'eloignement, (S.)
(3) Le Ministre doit tenir compte à R. de l'inquiétude naturelle de son esprit et de la crainte continuelle qu'il a toujours de se noyer dès. qu'il est
sur l'eau. (S.)
(; Capitaine à l'Ile Royale.
LES DERNIERS JOURS DE L'ACADIE 101 je LETTRE DE L'ABBÉ MAILLARD AU COMTE DE RAYMOND si REÇUI DU PORT LA JOIE LE 25 JUILLET 1753 Je prends la liberté de vous dire à la hâte que je me sais sle bon gré d'être venu et d'avoir vu le nord et toute la rivière ne du nord-est. Ces postes ont totalement changé de face O- depuis quatre ans; ce qu'on y voit de fait et ce qui s'y fait er, actuellement ne peut donner que d'heureux présages pour j'ai l'avenir. Je m'arrête aujourdui au Port La Joie pour y me confesser tous les sauvages et pour parlementer un peu je avec eux. Ils sont en hommes au nombre de quarante-ettre un, en femmes, filles ét petits enfants, en tout, cent. Plüût et- à Dieu que les présens m'eussent suivi. Je ne puis vous ue rendre aucun compte exact de ce que j'ai vu et fait, car
je suis si peu à moi, qu'il ne m'est presque pas possible de dire mon bréviaire. Mais à mon retour, j'aurai la satisfac-
tite tion de vous apprendre à l'aise que l'on n'a pas vraiment une oublié que vous estes venu ici, que vous avés parlé, La exhorté, excité, incité même à faire l'impossible. Cet im- Su possible, sans doute, n'étoit que moral et non pas phisique. ier, N'oubliés pas, Monsieur, cette isle. Je dis sérieusement un que ce qui est fait sous votre gouvernement sera un par monument perpétuel à la postérité (1)... J'ai sçu que l'on ai veut renvoier icile R. P. Patrice, il n'est pas à propos qu'on Pré le fasse avant mon retour. Le Père Ambroise mène bien {8 ses paroissiens . .. Je pars vendredi prochain pour la Pointe Prime, et je crois qu'au retour de là, j'irai à la Baie Verte. de ‘ Moi- LETTRE COMMUNE DE MM. DE RAYMOND ET PRÉVOT À M. DE LA MARTINIÈRE, COMMANDANT AU FORT DE BEAUSÉJOUR, | pti ET A L'ABBÉ LE LOUTRE, DU 1° OÇTOBRE 1753 À est
Depuis la lettre, Messieurs, que M. ie comte de Raymond
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(1) C'est cet éloge qui a déterminé R. à envoyer cette lettre au Ministre, (S.)
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