ARR ARE CHERE EEE
Cette marque de service mc flatte d'intant plus que je
crois la mériter, puisque vous vous étes employé à m'en faire décorer. — Vous ne devez nullement douter de mon empressement à rendre tous les services qui dépendent de moy, à M, votre parent. M" La Boularderie m'a accordé, avec plaisir, de le prendre avec nous. Notre Commandant attend, avec impatience, M. Drucourt, pour luv remettre les rênes du commandement, fardeau au-dessus de ses forces, c'est une vrave tète de gelinotte. Montalembert (1) nous lut, sur le rempart, une lettre. de M, Raymond, le capitaine, qui lui annonçoit M. votre parent (2), pour lieutenant. Il se mit dans une colère à ne pas se posséder, disant que ce corps estoit fait pour essuyer
des passedroits et des injustices. Je fus fort escandalisé de
(1) Le chevalier de Montalembert, entré, en 1731, cadet dans la compagnie des gentilshommes de Metz ;
En 1733, par suppression de ladite compagnie, placé licutenant dans le bataillon de Josseran, milice lyonnaise ;
En 1734, passé en Italie, en qualité de lieutenant en second, dans le régiment de Saint-Simon -— Infanterie et garçon major;
En 1336, lieutenant en pied ;
En 1744, capitaine dans le même régiment ;
En 1346, il donna sa démission et obtint une compagnie de milice dans le bataillon de Fontenay-le-Comte qui fut destiné à la campagne du duc d'Anville ;
En 1748, ce corps fut licencié ;
Ea 1750, il fut nommé capitaine aux troupes de l'Ile Royale.
(2) Michel-Pierre-Augustin-Thomas Le Courtois des Bourbes, fils d'un cousin-germain de M, de Surlaville qui le fit nommer lieutenant à l'Ile Royale, Passé, dans [a suite, avec son grade, an corps des Grenadiers de France, puis capitaine d'artillerie au régiment provincial de Toul et chevalier de Saint-Louis en 1778. — Mort le » ventôse an XIT, laissant de son mariage avec Catherine de Gouet , un fils, Louis-Augustin, lieutenant de chasseurs au régiment de ia Martinique, au début de la Révolution, décédé en 1812, sans postérité,
» de tre \ne 1yer é de
nmpas
ns le
ns Je
dans
ù duc
d'un l'Ile s de let sant aulte-
ion,
sa conduite, dont l'exemple est dangereux pour les jeunes gens qui estoient là. Il est temps que M. Drucourt arrive pour mettre ordre à bien des choses.
Suivant ce que me marque un de mes amis, touchant l'expédition de la Belle Rivière (1), en Canada, cet établissement prétendu n'est qu'une suite d'une démarche inconsidérée, que nous fimes, il y a quelques années, dans cette partie, où l'on prétendit en imposer aux sauvages avec une poignée de monde. Le ton menaçant, pris mal à propos et avec désavantage dans cette occasion, nous a rendu la fable et la risée des sauvages qui nous ont, depuis ce temps, bravé.
La première faute que l'on a fait, depuis la levée de boucliers, faite par M. Duquesne, est de l'avoir confiée à un homme qui n'a jamais fait la guerre qu'au poil. Jamais homme fut moins capable d'une expédition que cet officier, ainsi que son second.
La seconde est d'avoir pris une route inconnue, dans l'idée chimérique de faire naviguer une barque sur le lac Erié, chose reconnue depuis longtemps impossible.
La troisième faute, c'est de n'avoir pas su partager ses forces ; sy l'on avoit d'abord porté une partie dans le centre de l'établissement que l'on vouloit faire, tandis que l’autre auroit fait le transport des vivres et munitions, cette manœuvre en auroit imposé aux sauvages. Au lieu de cela, l'on s'est occupé à bâtir des forts sur le lac Erié, que per-
(1) Allusron à notre entreprise sur l'Ohio, où fut, dit-on, tué, au mépris du droit des gens, et par ordre de Washington, alors colonel anglais, un de nos officiers, Coulon de Jumonville, Son frère, Coulon de Villiers, le vengea sur-le-champ, par l'expédition du Fort Nécessité, où il captura le futur ami de La Fayette... L'Histoire, parfois, a d'étranges surprises,