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sonne |ne' nous dispute. La quantité de vivres, marchandises et munitions qu'il a fallu transporter pendant un portage (1) de six lieues, joint au peu d'ordre et de relâche que l'on a donné aux troupes, lesquelles ‘sont! restées
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pendant sept mois sans manger de soupe, tout cc duit l'eflet que l'on auroit dû prévoir, qui sont le scorbut et autres maladies. Les conducteurs de cette belle entreprise, pou cacher le mauvais succès de cette manœuvre jusquesau départ des vaisseaux, ont gardé les malades dans cette partie, qui ont péri, faute de secours et par le froid. Beaucoup de ces misérables victimes en seroient rappe lées, sy on les avoit renvovées au Montréal dans la belle saison,
[l est reparti, ce printemps, un nouveau détachement. Les Anglais, suivant les nouvelles de Boston et de toute la contrée, y ont aussy envoyé vraysemblablement. Il y aura dans cette partie des coups donnés. Marin, commandant de cette belle expédition, est mort (2). Le sieur Saint-Pierre l'a remplacé. L'on dit cet officier plus entendu que le premier,
DU MÊME À Louisbourg, ce 15 septembre 1754.
...L'on n'a pas jugé à propos de m'envoyer recueillir le
fruit de ma mission du printemps dernier; le sieur
Valée (3) en a été chargé , lequel m'a assuré, ainsy que
diverses personnes, que sy le froment que j'avois fait
semer n'éstoit point venu , c'est qu'il estoit d'hiver et non
(1) Endroit d'une rivière où sont des chutes d'eau que lon ne peut remonter ni descendre en canot, ce qui oblige à le porter au-delà des sauts, (>) Erreur,
(3) Vallée, licutenant de canonniers à l'Ile Royale.
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de printemps. Celluy qui a été semé, en petite quantité, à la vérité, que ces dits habitans avoient eu de l'Isle Saint- Jean, a très bien réussi, L'on a fait entendre à M. Drucourt, que la réussite de ce grain, ainsy que des autres espèces, ne devoit étre atribué qu'à la beauté de l'année qui a été, à la vérité, plus belle qu'aucune que j'aye passé dans le pais ; cependant, les mêmes grains ont réussy les années précédentes. Les réflections que vous avés fait, que l'Isle Royalle peut se nourir par elle-même, sont, sans doute, les mêmes que j'ay fait bien des fois. Il est certain que l'habitant qui aura un certain terrain défriché, avec quelques bestiaux, vivra de la production de la terre et aura ses vétements de la vente des écrois des bestiaux, qui fourniroit la ville capitale, laquelle ne seroit plus obligée de les tirer de l'Anglois. Malheureusement, celluy qui devoit faciliter et aplanir les moyens de remplir cet objet, n'est pas assés bon citoyen, puisqu'il déclare , d'abord , athée qui veut en prouver l'évidence..., L'aboto de M. Le Loutre est fort avancé; l’on passe partout à mer basse, reste à savoir s'il résistera aux fortes gelées.
Les sauvages de l'Acadie ont, en dernier lieu, écrit au commandant de Beaubasgin pour luy déclarer la guerre s'il ne se retire pas. Il a répondu qu'il demandoit du temps pour en informer son général, lequel a envoyé, pour réponse, Cinquante hommes de renfort.
Il n'y a rien eu de nouveau, depuis ma dernière, à la Belle Rivière. Le Caméléon, flûte du Roy, qui avoit été chercher M. Bigot, a touché en arrivant à Québeg; l'on l'a toüé jusques au saut de la Chaudière, où il a achevé de se crever. L'équipage et les officiers, par ordre de M. Duquesne, conduiront, l'année prochaine, une frégate qui est sur les chantiers, à laquelle on fera servir les agrès et apareaux de la flûte.
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Il y a eu un incendie au Montréal qui a brülé quarante quatre maisons ; la compagnie du Cas/or y perd plusieurs millions, ce païs n'avoit pas besoin de cette perte ; l'expédition de la Belle Rivière l'a réduit dans un fort triste état, la culture ayant été interrompue.
Les sieurs du Léchet et Le Brun (1) sont renvoyés en France ; le premier, pour avoir fait la démonstration de brûler la cervelle à son domestique qui luy avoit manqué essentiellement ; l'on a persuadé à M, Drucourt qu'il estoit fou et que le second estoit un mauvais sujet; il avoit manqué à la Delort (2); il n'en faut pas davantage pour perdre une victime de la réforme. Rousseau (3), fils à Villejoint, l'hiver dernier, s'ingéra de donner, à une heure indue, des coups de bâton à un négotiant de Bourdeaux ; ne s'estant pas trouvé le plus fort, eut recours à son épée. Il poursuivit ce négotiant jusques à une maison où il se réfugia. Le lendemain, il porta ses plaintes à M. Daillebout qui letint huit jours en, prison. Sy quelque officier, venu de France, avoit fait quelque chose d'aprochant, je suis persuadé que, pour s’en défaire, l'on auroit conseillé au négotiant de poursuivre criminellement l'officier. Il faut
espérer, qu'avec le temps, M. Iucourt reviendra sur Île
compte des officiers de France dont on luy a rendu des comptes fort désavantageux.
Le sieur Duhajet a trouvé le secret de se faire détester et mépriser de tous les officiers... M. Drucourt a un faible pour Daillebout et Duhajet, qui me surprend, car je ne puis refuser à M. Drucourt beaucoup de bon sens et à
(1) Second lieutenant dans Je régiment d'Alsace, en 1747; enseigne en pied à l'Ile Royale, en 1750.
(2) Femme d'un conseiller de Louisbourg.
(3) Enseigne en second à l'Ile Royale ; son père y était capitaine,
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Madame beaucoup d'esprit, remplie d'attention pour tout le monde ; le Gouvernement est aujourd'huy très logeable... L'on n'a rien fait, de cette année, aux fortifications : les ouvriers, que M. Franquet à ammenés, ont été employés à finir la maison de l'Ordonnateur et à faire les réparations nécessaires au Gouvernement et autres bâtiments du Roy. Voilà encore une année de perdue,
DU MÊME A Louisbourg, ce 10 octobre 1754
Je profite, avec grand plaisir, du retour des vaisseaux du Roy, pour vous renouveler mon sincère attachement et vous offrir mes services aux Isles Méridionales où je vais pour faire finir une aflaire que m'a occasionné la mort de Dupont, secrétaire du roy de Corse. J'avois répondu pour luy, ycy, d'une somme de six mille livres, dont je vais poursuivre le recouvrement à Saint-Marc, à l'Isle de Saint- Domingue. Je passeray par La Martinique, où je resteray jusques à la fin de janvier, temps auquel je compte partir pour le Port au Prince. Sy vous pouviés me procurer une lettre de recommandation pour M. Lalane, Intendant de cette colonie, elle pourroit m'être d'un grand secours pour faire finir cette affaire, qui est de nature à ne pas souffrir de difficulté, s'y l'Intendant s'y prestoit; cet Intendant est le frère à M. Laporte. Je compte rejoindre ma garnison dans tout may, temps auquel je me flatte de recevoir de vos nouvelles par Bourdeaux, à l'adresse du sieur Duprez, au Château Trompette...
Jusques à présent, la bonne harmonie, entre les chefs de notre colonie, n'a point paru altérée, je doute qu'elle
dure longtemps. L'Ordonnateur se prévaut trop de la
confiance que M. Drucourt paroît avoir en luy. Ils ont fait afficher , depuis peu de jours, un règlement pour la police
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des cabarests, dont le nombre est fixé à vingt-huit pour la ville et faubourg de Louisbourg. Les permissions sont pour trois ans; ceux qui en ont obtenu, sont obligés de donner dix pistoles aux Sœurs, pour achever leurk bâtiments. Après les trois ans expirés, les permissions seront renouvelées pour trois ans, et l'impôt sera pour bâtir une maison curiale...
Les habitants de Mordienne et de la Baye des Espagnols sont, la plupart, partis, cet automne, pour l'Acadie ; les autres doivent partir ce printemps, Il n'y a que ceux de la Carrière qui demandent à rester, ainsv que deux autres du Bras du Sud et deux au Banc à la Berrichon, Le bled de printemps et seigle, qui a été semé cette année, est très bien venu ; quant à l'avoine et l'orge, la récolte en est très abondante, ainsy que les légumes. ils n'ont point vu de vers, dix boisseaux d'avoine, à plusieurs, leur ont rapporté plus de cent boisseaux. La qualité est très supérieure à celle qui nous vient de l'Angleterre.
Le sieur Valée, avec un notaire, ont été sur les lieux prendre les dispositions des habitants, dont ils ont fait un procès-verbal. Ces dits habitants, pour obtenir la permission d'aller exercer leur paresse à l'Acadie, ont fait des dépositions telles que l'Ordonnateur désiroit, dont il triomphe. Je ne sais si cela durera. Lorsque le sieur Valée a fait son rapport, lequel estoit bien différént des dépositions des habitants, M. Drucourt, prévenu sur la qualité de la terre, a dit que c'estoit un phénomène que cette année, qu'il estoit sûr que les autres années, cette terre ne produiroit pas de même.
La Cour a envoyé des ordres au Gouverneur et Ordonnateur, pour faire des conseillers, qu'elle ratifieroit ceux
qu'ils nommeroient. Nous sommes à deux de jeu avec la capitale du Royaume. Le Parlement de Louisbourg doit
} ire son entrée cette semaine: Îles sieurs Beaudédui Delort, Beaubassin et Larcher, sont conseillers, le sieur Laborde, procureur général; Pascot fait les fonctions de
procureur du Roy, par ordre de l'Ordonnateur,..
L'on a enlevé un fort aux Anglais, à la Belle Rivière. Les Anglais ont obtenu de se retirer avec armes et bagages et une pièce de canon ; ils se sont, de plus, obligés de nous rendre plusieurs prisonniers qu'ils nous avoient fait dans cette partie, duquel nombre est le sieur Drulion, que M. de Raymond avoit envové en Canada, L'on fait sonner cela fort haut,
Le bruit de la Nouvelle-Angleterre est que l'on va tra:
à des levées cet hiver, pour envover dans cette