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pour soutenir le fort Duquesne que les Anglais menacent. I] y a apparence qu'il y aura des coups [à] donner dans cette partie.
M. Rostaing a été tué dans le combat de l'Afcide,
Un sous-pilote du Zis, qui a déserté d'Alifax, a rapporté que les officiers et matelots avoient été fort maltraités par ceux qui les avoient pris, qu'ils avoient été pillés. Ils ont conduit au même fort plusieurs bâtiments marchands, qu'ils avoient vendu conditionnellement au cas d'événement de guerre ; sy elle n'a pas lieu, les acquéreurs seront obligés de les rendre.
L'on a expédié d'ycy plusieurs goëlettes, pour informer la Cour de la prise de l'A/cide et du Lis. ?
Nous voyons presque tous les jours plusieurs vaisseaux de guerre qui croisent devant le port de Louisbourg : l'on en a compté plusieurs fois jusqu'à quinze.
Is tiennent l'escadre de M. de Salevert (1) bloquée dans le port de Louisbourg. Je ne sais pas non plus comment celle de M. Dubois de La Motte (2) se retirera du Canada, notre marine se trouve dans une position bien critique.
M. DES BOURBES A M. DE SURLAVILLE (Sans date.)
Les nouveaux régimens (3) ont débuté icy sur un ton un peu haut au sujet du service; ils ont prétendu qu'étant troupes de terre, ils n'étoient point sujets aux ordonnances et aux loix faites pour la colonie: En conséquence, ils dirent qu'ils ne donneroient point Ja haye aux capitaines de vaisseau, ny à M. Franquet. Ils se fondoient sur ce qu'à
(1) Perrier de Salvert, chef d'escadre. (Almanach royal de 1754). (2) Grand Croix de Saint-Louis en 1757, Vice-Amiral du Levant en 1762. (3) Les dangers qui menaçaient la colonie avaient déterminé la Cour à en
renforcer la garnison de troupes de ligne.
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Brest ils ne l'avoient point donnée, que même les troupes de marine ne la donnoient point, qu'à l'égard de M. Franquet, n'aïant point été employé dans la colonie comme brigadier, ils ne luy devaient rien. Notre gouverneur leur a ordonné d'exécuter leur consigne jusqu'à ce que la Cour en eût décidé, Ils ne vivent pas bien avec l'Ordonnateur, ils ont agi avec Jluy d'un air d'autorité en plusieurs choses dans lesquelles ils ont toujours eu le dessous. Il y + quelque temps qu'ils voulurent exiger de luy des fournitures de lit pour leurs domestiques, il les leur refusa; ils en murmurèrent hautement dans la ville et publièrent qu'ils avoient écrit à M. Dieskau à ce sujet, et qu'ils en écriroient à la Cour. Quelques jours après, plusieurs officiers des deux régiments vinrent chez luy ; dès qu'il les apperçut, il leur dit: Messieurs, j'ay appris que vous devés écrire contre moi en Cour; je suis bien aise de vous dire que j'y écris aussi et que j'instruit le Ministre de toutes vos tracasseries, et pour vous faire voir que je ne vous sers point à plats couverts, voicy ce que je mande.
En même temps, il leur lut la lettre. Après avoir fini, il se tourna vers quelques officiers de notre corps qui étoient présents à cette scène :
— Messieurs, leur dit-il, depuis que je suis icy, j'ai toujours bien vé@u avec vous autres, j'ay cherché à vous obliger, vous avez bien voulu me regarder comme votre ami, et tant que vous me regarderez de même, je me passeray bien d'A rfots et de Bourgogne. I se retira ensuite dans son cabinet.
M. de Montalembert vient d'épouser M'"° Chassin de Thiéry (1). Le bruit court qu'elle ne l'aime pas. Hier, ils disnèrent chez M. Drucourt, son épouse pleura pendant
(1) Fille d'un capitaine de la colonie, "4
140 LES DERNIFRS JOURS DE L'ACADIF
tout le repas: elle eut une contenance très déplacée et qu'on auroit à peine passée à une fille de dix ans L'on m'a assuré qu'au sortir de chez notre Gouverneur, Montalembert voulut donner la main à son épouse, et qu'elle le refusa d'un air de mépris. Elle se leva à trois heures du matin, la première nuit de ses noces ; on la'vit, à cette heure, appuiée sur sa fenestre et pleurant à chaudes larmes. L'on croit qu'elle auroit eu plus de goût pour un capitaine de Bourgogne, appelé Desmaille, que pour Montalembert, dont les bonnes façons pourront la gagner
Les vaisseaux Ze Biçarre, Le Deffenseur et Le Dauphin Royal partiront d'icy après un gros coup de vent qui, probabiement, aura éloigné les Anglois de la côte et facilitera le passage des nôtres...
Nous avons icy un capitaine de Bourgogne, appelé Beauhamel (1), et qui s'est marié à Bayeux, sous le nom de Belangreville, avec la fille de M. L'Ecaley. Les fils de Dujardin, procureur, et de La Rose-Longtaillis (2), sont icy, dans la compagnie de Beauhamel. J'écris par la même occasion au cousin de R'ouen] (3), je luy fais un détail de tout ce qui s'est passé icy, touchant la guerre depuis le printemps, je luy envoie celuy d'une victoire que nous avons remportée lè 9 juillet, proche le fort Duquesne ; vous la trouverez cy-jointe. s
Précis de l'affaire qui s'est donnée en Canada, à trois lieues du fort Duquesne, le 9 juillet 1755
M. Duquesne, gouverneur général du Canada, instruit
(1) Son nom patronymique était Subtil, (2) Egalement Bayeusains, Le nom de famille des premiers était Gardin, (3) Michel-Jean Le Courtois d'Heudreville, avocat au Parlement, puis
Trésorier de France au bureau des Finances de Rouen, de 1766 à 1790.
LES DERNIERS JOURS DE L ACADIE is cée que les Anglois étoient partis de Baston (1) et d'Alifax pour ins. surprendre le fort Duquesne, dépécha, dès le petit prin- “ur, temps, pour le couvrir, MM. de Beaujeu, Dumas et des , et Ligneris, capitaines, avec un détachement de troupes rois réglées des compagnies franches de la marine, de miliciens vit, et de sauvages, avec ordre d'envoier plusieurs petits partis des pour harceler l'ennemi dans sa marche. Arrivés au fort, un ils apprirent que les Anglois étoient déjà rendus à celuy on- de la Nécessité qu'ils avoient rétabli, qu'ils étoient environ
trois mille hommes, et que Milord Braddork (2) étoit hin général de cette armée. M. de Contrecœur, capitaine , jui, commandoit dans notre fort, la garnison étoit de deux aci- cents hommes.
Nos découvreurs rapportèrent, le 26 juin, que lés Anglois
pelé étoient sortis de leur fort |et] qu'ils marchoient avec 10m beaucoup de chariots et de canons.
s de Le 7 juillet, on sut, par des découvreurs hurons, qu'ils ont n'étoient plus qu'à 10 lieues du fort, ce qui fut confirmé ‘me par le retour de M. de Rigauville, sorti pour aller en party | de le 28 juin, avec cent vingt Hurons et Sauteurs.
s le Le 8 se passa à rassembler toutes les nations sauvages en ous un corps. Le mème jour, les Iroquois et les Chaouenons ne ; des cinq nations qui habitent les environs du fort Du-
quesne et qui, jusqu'alors, étoient demeurées neutres, vinrent se joindre à M. de Beaujeu.
Le 9, ce capitaine partit, dès la pointe du jour, avec un détachement de huit cent quatre-vingt-onze hommes, ruit parmi lesquels il y avoit deux capitaines, quatre lieute-
nants, six enseignes, vingt-trois cadets, soixante-douze hommes de troupes réglées, cent quarante-six miliciens,
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puis (1) Boston.
(a) Ce général n’était pas lord.
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