‹ Les derniers jours de l'Acadie, 1748-1758 [microforme]Chapitre 38 sur 67 · APT ENT FU · texte numérisé non relu

APT ENT FU

{ LS À Jr à V A PA CAN A AE EE fl ÿ Me Lee ER AUS TT

ES di nes 2 à AA LÉ CLATUN LD KE CR À FAUX D

je Th CAR PEUT)

anglais dans nos parages, qui a resté environ six heures à la vue de Louisbourg. Il nous est arrivé, les premiers jours du courant, des nouvelles du Canada, en date du 15 février. qui nous apprennent qu'il ne s'est rien passé depuis l'affaire de M. Dieskaut entre nos troupes et celles de nos voisins; quant aux sauvages, ils ont fait plusieurs courses à la Virginie, à Philadelphie et à la Nouvelle-York. L'on mande qu'ils ont commis beaucoup de cruautés dans ces contrées là, qu'ils ont levé plus de six cents chevelures et emmené beaucoup de prisonniers au fort Duquesne. L'on s'attend, dans ce païs, d’être attaqué par le fort Duquesne, Niagara et Saint-Frédérick, projets de leur campagne dernière, que la deffaite du général Bradok déconcerta. Dieu veuille qu'il n'ayt pas une plus heureuse issue; nous n'avons à leur opposer que deux mille cinq cents hommes de troupes effectives et six mille Canadiens qui ne pourront, à ce que l'on me marque, entrer en campagne qu'à la fin de may.

après les semences. Les cinq nations iroquoises ont

demandé, derechef, la neutralité qui leur a été accordée. L'on ignore si les Anglais nous laisseront tranquilles cette année ; je crois nos généraux pas plus instruits là-dessus que le vulgaire, par le peu de précautions que je vois prendre.

Le s' Boisbert (1) se soutient toujours en Acadie; il a favorisé l'évasion de beaucoup d’Acadiens qui sont passés à l'Isle Saint-Jean l'automne dernière; beaucoup d'autres doivent passer en Canada ce printemps; un bâtiment, chargé de ces malheureux, que les Anglais envoyoient à la Caroline, a trouvé le moyen, en sortant du Port-Royal, de se saisir de l'équipage, et ont conduit le bâtiment à la

(1) Boishébert.

Ù Ar EUR A A DEL AE PA SUR F |) DNA mt PL Ve tri TON ln At

LES DERNIERS JOURS DE L'ACADIE 18s

ures à rivière Saint-Jean (1). Les sauvages de cette rivière ont Jours aussy, l'automne dernière, enlevé, dans la Baye Française, ivrier. un bâtiment armé de huit canons, chargé de vivres et affaire habits pour le fort de Beauséjour, qu'ils ont aussy conduit isins ; à la rivière Saint-Jean...

a Vir- La frégate la Valeur, qui a hiverné ycy sous le commande mandement du sieur Macarti, n'est point encore en état, ntrées l'on est après le carème ; sv elle avoit hiverné en France, imené il y 4 un mois qu'elle auroit pu être de retour, et en meilttend, leur état qu'elle ne sera...

iagara J'ai coupé mon seing, vous en concevez la raison; mon e, que vicaire (2) se porte à merveille,

reuille

oné à M. DES ROURBES A M. DE SURLA VILLE

roupes A Louisbourg, ce 18 avril 1756.

ce que L'hiver n'a rien produit de nouveau dans notre ville ; le > May. carnaval, cette saison de plaisirs, s'y est passé le plus s ont tristement du monde, nulles danses , nulles festes , aucuns ordée.

s cette ;

(1) « Pendant que les transports cinglaient sur la baie de Fundy, un dessus « Acadien de Port-Royal, du nom de Beaulieu, ancien navigateur au‘longe vois « cours, ayant demandé au capitaine du navire où il était détenu, avec deux

« cent vingt-quatre autres exilés, en quel lieu du monde il allait les conduire : ‘ila « — Dans la première île déserte que je rencontrerai, répondit-il insolempassés « ment, C'est oui ce que ssschinis ce pariates français comme vons nuires.

« Hors de lui-même, Beaulieu, qui était d'une force peu commune, lui dites « asséna un coup de poing qui l'étendit sur le pont, Ge fut le signal pour ment, « les autres captifs qui, probablement, s'étaient concertés d'avance, Quoique

t à la « sans armes, ils se précipitèrent sur leurs gardes, en blessèrent quelquesal, de « uns et mirent les autres hors de cor:hat, t à la « Beaulieu prit ensuite le commandement du transport et alla l’échouer

« dans la rivière Saint-Jean, près de la mission que dirigeaient alors les « PP, Germain et de La Brosse, (Abbé Gasuraix, Un pèlerinage au pays d'Evangéline, p. 145).

(2) Son lieutenant, M. des Bourbes.

ñ Yu j ip : ÿ FUN à À PROMOS AU A on ES RAS UE RE Et #1

mariages. Quelques repas entre nos puissances , beaucoup de jeu parmi les officiers, voilà les seuls amusements de nos jours gras, j'ay tort de dire os jours gras, car j'ay passé les miens à l'infirmerie des Pères de la Charité. Voicy le détail de ma maladie.

Sujet toutes les nuits, depuis huit mois, à l'incube ou cochemard, fatigué par des aigreurs et une migraine continuelle et par des indigestions presque journalières, et jamais sans fièvre, dépérissant à vue d'œil, je résolus de me faire traiter.

Le Père de la Charité que j'appelay, trouvant que mon mal n'étoit occasionné que par un sang trop épais et par de mauvais levains amassés dans l'estomac, me saigna, purgea, et me fit prendre force ptisannes (sic). Ces remèdes eurent un eflet contraire à celuy qu'il en attendoit, ils augmentèrent mon mal au lieu de le diminuer. Ce Père, surpris, au bout d'un mois, de ne me voir aucun amendement, d'ailleurs accablé par la multitude des soldats malades à l'hôpital, me conseilla de m'y faire porter, vu, me dit-il, qu'il seroit plus à portée de m'y soigner. Il n'est pas difficile de persuader un malade, je le crus, je m'y fis conduire. L'on m'y a tiré six autres pallettes de sang, fait prendre quatre médecines ; j'en suis sorti au bout de trois semaines, non beaucoup soulagé, mais plus foible: je ne suis pas encore rétabli...

Voicy le peu de nouvelles que notre païs fournit :

La flüte du Roy, /e Rhinocéros , mouilla icy le 27 mars; elle étoit chargée de vivres et de cent hommes de recrues qu'on a donné aux bataillons d'Artois et de Bourgogne, parce que M. Le Large, qui commandoit cette flûte, est party de Rochefort sans les paquets de la Cour et que plusieurs de ces soldats avoient des engagements signés des sergents d'Ar/ois et de Bourgogne.

ucoup nts de r j'ay Voicy

be ou conties, et lus de

e mon et par aigna , mèdes it, ils : Père, endeoldats >", VU, ln'est

‘y fis y, fait » trois je ne

mars ; crues rogne,

e, est

plus des

Quatre sauvages, dont deux Abenaquis et deux Miquemacs, arrivèrent icy, de Québec, le 31 mars. Is nous ont appris qu'un parti de sauvages outaouvis ét chaouenons avoient fait coup sur la Virginie, qu'ils avoient levé environ six cents chevelures, bruslé plusieurs villages et emmené cinq cents prisonniers, tous femmes et enfanis; que les Anglois fesoient de grands préparatifs à la Nouvelle- Angleterre et que l'on croïoit que c'étoit pour recommencer les expéditions où ils avoient échoué l'année dernière; que, de notre côté, nous nous préparions à nous bien deffendre, et que nous pourrions bien entreprendre Île siège de Chouagain; que les petits bâtiments que nous avions sur le lac Ontario étoient achetés.

Le 2 avril, notre Gouverneur régala ces sauvages, ils dansèrent et luy présentèrent une douzaine de chevelures qu'ils ont faites aux environs de Chibouctou; on leur a pavé leur voïage fort grassement et fait, en outre, plusieurs présents.

Les Abenaquis nous ont assuré qu'il n'hivernoit que deux vaisseaux de ligne à Chibouctou et que M. de Raymond, Capitaine, n'étoit point mort. [l a écrit à mon capitaine, il lui fait un détail de la force du Canada, qui ne consiste qu'en deux mille cinq cents hommes de troupes réglées, six mille miliciens et les nations sauvages, nos alliés. IL 'ajoute que les cinq nations qui, l'année dernière, malgre leur neutralité, penchoient du côté des Anglois , paroïssent presque déterminés à se déclarer à notre faveur.

Si les révolutions, qui sont prètes d'arriver, pouvoient vous faire trouver jour à me rappeler en France, de grâce, ne m'oubliés pas... Je préférerois une lieutenance de grenadiers en France, à la première compagnie de ce pais. Vous m'aviés exorté de faire ma cour a: ‘elles, il nya que dans ce seul point où je ne vous ay point obéi; en

voicy les raisons : Je ne suis plus assés beau garson pour

me flatter de faire des conquestes , et je suis trop pauvre pour acheter leurs faveurs,

M, JOUBERT À M. DE SURLAVILLE Ce 30 juillet 1756.

Je ne doute pas que vous ne m'ayés honnoré de vos nouvelles, je crois que je ne puis m'en prendre qu'aux Anglais, sy je n'en ai reçu aucune. Depuis les premiers jours de may, deux vaisseaux de ligne, trois frégates et un seneau, croisent devant le port de Louisbourg et nous ont enlevé plusieurs bâtiments marchands fretés pour le Roy, ainsy que la frégate l'Arc en Ciel, de cinquante canons, commandée par M. de Belingant. La Concorde, de trente canons , commandée par M. Fouquet, partie de Brest avec l'Arc en Ciel, a rélâäché au Port Dauphin, où elle est bloquée depuis un mois et demy avec un bâtiment marchand chargé de vivres. L'Arc en Ciel étoit chargé de soixante mille livres, de deux cents hommes de recrue, la plupart Allemands et déserteurs qui, vraisemblablement, senréleront dans leurs troupes. La promotion et autres lettres concernant la colonie estoit dans ce bâtiment. Nos gaboteurs (sic) sont très inquiétés par le seneau et une petite frégate qui nous en ont pris plusieurs chargés de bois et de bestiaux, venant de l'Isle Saint-Jean. Ils ont pris aussy plusieurs chaloupes à la pêche qu'ils ont renvoyées après avoir questionné les pècheurs qu'ils ont trouvé dedans. La Perelle (1) a été assés heureux pour ne pas tomber entre leurs mains. Le bâtiment qui le portoit a relâché à Menadoux. Ce n'est qu'avec beaucoup de peine que l'on

(1) Lieutenant à l'Ile Royale en 1750.

14 ] NTI he l Abuse | [ | RCE PE wi hi ESP Re RO A RE COMME DRE 1 Mb A EEE ME VERS OT RIM AU RCE PERLE 7 LOST PAPE NA LEA US SE PAPER QUE RP CNRS VS RU EE 2 GORE ORES Q LE 06 LE 7

pour uvre

» VOS u'aux miers et un is ont Roy, nons, trente t avec le est margé de ue, la ment, autres t. Nos et une rés de t pris oyées é detomlâché e l'on

LES DPRNIERS JOURS DE L'ACADII to

a sauvé ce bâtiment, que l'on a déchargé avec beaucoup de chaloupes et ensuite entré dans l'anse de la baye,

Sy le Ministre n'avoit pas fait partir, en feuvrier, quatre grands bâtiments de Saint-Malo et trois de Rochefort, qui sont arrivés à bon port au commencement d'avril et à la fin de mars, nous serions très mal. De neuf autres qui devoient partir en may de Rochefort, il ne nous en est parvenu que deux, Nous avons cependant des vivres pour deux ans, tous nos ouvrages extérieurs seront en état cet automne,,,

Les nouvelles du Canada du 4 juin, temps auquel est partie notre escadre qui avoit, comme vous savés, porté des troupes et un général dans ce pais, sont que les An- <lais n'ont point encore paru en corps nulle part; suivant différents prisonniers que lon a fait, ils doivent opérer conformément à leur projet de la campagne dernière; ils se proposent d'attaquer les forts de Niagara, Duquesne et Saint-Frédérick en même temps. Nos bataillons sont à Niagara et Saint-Frédérick, avec quelques troupes de la colonie, milice et sauvages, qui les attendent de pied ferme. M. de Villiers (1), capitaine canadien, est campé, avec huit cents hommes et deux cents sauvages, entre Corlat et Choaguin, pour les observer dans cette partie et les inquiéter au a des lacs et rivières qui conduisent à Niagara.

M. de Léry (1), frère à celluy. que vous avés connu lieutenant ycy, avec un parti de trois cents hommes, en mars dernier, força un fort anglais, au portage de Corlat, à la rivière de Choaguin, qui leur servoit d'entrepôt. Ce fort estoit gardé par cinquante hommes qui ont été passés au fil de l'épée, n'ayant pas voulu,se rendre, L'on a trouvé à

(1) Coulon de Villiers.

(2) Lieutenant dans les troupes du Canada,

ruse 4"

TA) à

cet entrepôt ou fort, beaucoup de vivres, bombes, et quarante milliers de poudre, que l'on a brûlé, ne pouvant rien emporter,

L'on regarde cet avantage comme une perte considérable de la part de nos ennemis, par rapport aux transports.

Nos sauvages des pays d'en haut, particulièrement les Chavanons et les Loups, ont fait des ravages étonnants dans le centre de Philadeln ie, Caroline et Virginie. Ils ont obligé les Anglais de c.. contrées là de se réfugier dans les villes et de construire des forts sur le chemin, pour la communication d'une ville à l'autre. M. Dumas, qui commande au fort Duquesne, mande à M, de Vaudreuil qu'il n'a besoin que de présents pour les sauvages, qu'il est sûr de n'être point attaqué, que les Anglais sont hors d'état d'entreprendre sur luy, tant que les sauvages se conduiront comme ils font.,,

Une petite corvette de Dunkerque nous a apporté la déclaration de guerre des Anglais.

M. DES BOURBES À M. DE SURLA VILLI Louisbourg, ce 10 aoust 1756,

Une escadre anglaise de trois vaisseaux, deux frégattes et un seneau, croise depuis le 21 de may aux atterrages de notre isle. L'intention des Anglais, suivant le rapport de quelques-uns de nos pêcheurs, qui ont été pris et relâchés dans le commencement de cette croisière, est d'intercepter tous les secours et les vivres qui peuvent nous arriver d'Europe, de réduire notre place par la famine, et de nous forcer de leur en porter nos clefs sans coup férir. Quoyque cette escadre nous ait pris le vaisseau l'Arc en Ciel, de 54 pièces de canon, dans lequel il y avoit cent cinquante hommes de recrue... ils ne réussiront pas dans leur entreprise, Nous avons actuellement pour près de deux ans de

1e nd e AE th nf NOR Ua AMP UE MOSS fe

t quaat rien

érable IS.

nt les nnants ie. Ils éfugier 1, pour js, qui udreuil s, qu'il \t hors

se Con-

é la dé-

), égattes ages de port de »Jàchés rcepter arriver le nous loyque , de 54 iquante entreans de

LES DERNIERS JOURS DPF L ACADII (ui

vivres pour toute la colonie,,, Il y a eu un combat entre leux vaisseaux, dont voicy un précis,

M. de Drucourt, informé par quelques Accadiens que l'escadre anglaise manquoit d'équipages, écrivit à M. Île CGiouverneur du Canada pour presser le départ de celle de M. Beaussier (1) qui, suivant toutes les apparences, devait toucher icy avant de retourner en France (2). Cette der nière escadre arriva le 28 juillet, par un gros frais de N. E, Elle entra dans notre port en présence de trois vaisseaux anglais qui étoient sous le vent à elle, M, Beaussier voulut donner, dès qu'il les apperçut, mais M. de Montalet luy rappela ses ordres qui portoient d'éviter tout combat avant d'avoir déposé à Louisbourg trois bariques d'argent dont ils étoient chargés, Le 28 se passa à se décharger de tout ce qui pouvoit embarrasser le pont pendant un combat, comme cages à poules , grosses chaloupes , bœutfs et moutons, etc, Ils déposèrent tous leurs malades qu'ils rempla cèrent par environ deux cents volontaires de ce pais, Ils partirent le 29, à six heures du matin, par un vent de N.O,.

M. Drucourt avoit chargé M. Beaussier de dégager la frégatte la Concorde, qui étoit bloquée depuis trois semaines dans le Port Dauphin, s'il ne rencontroit pas les Anglais. I fit route pour ce port jusque sur les huit heures du matin qu'il apperçut les trois vaisseaux ennemis. Il mit flamme d'ordre, fit signal de chasse et arbora le pavillon de combat.

Notre escadre vira de bord et fit vent arrière sur les Anglais.

(J'avois oublié de vous dire la force de notre escadre, la

(1) Beaussier de l'Isle, capitaine de vaisseau, promu chef d'escadre en 1704, (2) Elle venait d'amener Montcalm et son état-major.

voicy : M. Beaussier monte /e Æéros, de 74 canons, mais, au lieu d'avoir trente-deux pièces de 36, il ne porte que du 24 et du 18; M. de Montalet monte /'/{lustre, de 64, et porte du 18 et du 12; M. Brugnon, lieutenant de vaisseau, commande la frégatte la Sirène, de 32 canons, et M. de La Rigaudière, {a Licorne, aussy de 32 pièces. Le vaisseau /e Léopard, qui a été de la mème escadre, est resté à Québec et doit y estre brûlé ; il s'est mis dans ce vaisseau une maladie épidémique qui a fait périr tous ceux qui étoient dedans, le Capitaine et lieutenant y ont péri.)

Les Anglais firent toutes les manœuvres possibles pour éviter notre escadre; nos vaisseaux marchoient mieux qu'eux. La frégatte /a Sirène et le Héros les approchèrent vers midy. M. Beaussier donna ordre à /a Sirène de chasser sur le seneau. Les deux vaisseaux anglais, voyant la manœuvre de /a Sirène, portèrent sur elle pour couvrir leur seneau. Cette frégatte engagea le combat et reçut deux bordées de chaque anglais, dont l'un, qui est /e Nordtingam , est de 70 pièces de canon de 36 et de 24 livres de balles, l'autre est /e Griffon, de 62 pièces. Notre frégatte, qui ne pouvoit supporter le feu des Anglois, n'aiant pu virer de bord au plus près, vira vent arrière et porta sur le Héros qui lui avoit fait signal de raliement.

M. Beaussier (1), étant arrivé à la portée du canon des

(1) Extrait d'une relation analogue par M. du Fresne du Motel :

M. de Boissier, voiant que sa frégatte n'étoit pas de mise vis à vis d'un mastin tel que l'Anglais, #’avança au plus vite sur les deux gros vaisseaux ... et leur envoia toute sa bordée. Les Anglais, comme vous pensés, ne demeurèrent pas en reste, car ils lui ripostèrent aussi virement, de sorte que M. de Boissier se trou“a seul engagé entre les deux vaisseaux anglais contre lesquels il a soutenu en héros un combat de sept heures, n’aiant pu estre secouru par son second vaisseau, ni les deux frégattes, un calme tout

plat étant malheureusement survenu, qui les fit demeurer dans la cruelle et

s, mais, »e que du et porte iu, COM- A. de La isseau le | Québec ne mala- \ étoient

les pour nt mieux ochèrent e chasser nt la mawrir leur çut deux le Nord- 24 livres frégatte, ‘aiant pu porta sur

anon des

à vis d'un gros vaisous pensés, nt, de sorte aux anglais | n’aiant pu calme tout a cruelle et

ennemis, mit en travers pour les empécher de fuir et dans l'espérance que M. de Montalet ne tarderoit pas à arriver ; mais ce Capitaine, dont le vaisseau marchoit moins bien que le Héros, et qui, à l'aproche des Angiais, «voit cargué ses basses voiles et amené ses perroquets (ce qui se pratique avant le combat), ne put aprocher.à la portée du canon des Anglais, aiant été pris par le calme qui dura pendant tout le combat. La position que M. Beaussier avoit prise, croiant être secouru, n'étoit point favorable ; un des vaisseaux anglais le battoit par son derrière, pendant que l'autre l'attaquoit par le côté. Il resta dans cette position pendant une heure et demie, qu'il s'en dégagea, aiant fait virer son vaisseau par le moien d'une rame qu'on passa au travers des sabords de la sainte-barbe. Il recommença le combat sur nouveaux frais, qui dura jusqu'à sept heures et demye du soir, heure à laquelle les Anglais s'étant

désespérante position de ne pouvoir estre d'aucune utilité à leur commandant, Ce calme est arrivé d'autant plus mal à propos, qu'il a empesché la jonction des deux frégates et du vaisseau de 64, que si, au contraire, elle eût pu se faire, le succès de la prise des deux vaisseaux anglais étoit indubitable, par la raison que M. de Boissier avoit résolu de leur donner l'abordage, aiant un équipage supérieur en nombre eten valeur à celui des Anglais qui préfèrent toujours la manière de se battre au canon à celle de l'abordage qui leur réussit rarement vis-à-vis de la nation française .. ,

Le vent étant venu à freschir ... les Anglais abandonnèrent le champ de bataille au commandant français, avec son vaisseau criblé de coups de canon ; apparemment que la crainte qu'ils avoient de la jonction des autres vaisscaux français, a prévalu au désir qu'ils devoient avoir naturellement de prendre le vaisseau, leur étant très possible, quoique au moment qu'ils l'abandonnèrent, il étoit encore en état de soutenir trois heures de combat.

Le lendemain de cette affaire... M. de Boissier rentra dans le port de Louisbourg avec sa petite escadre, pour réparer et ragréer les dommages considérables que son vaisseau avoit reçus.., quatre-vingt-dix hommes, dont trente-six de tués raides, et cinquante-quatre de blessés, et un enseigne de vaisseau blessé à la cuisse, dont il mourut quelques jours après,

TT ee ee |

Her PAT | AT y WE SOA à PROS EUR OR PNA ACCUEIL LA ARS MAN re RE Re

aperçu qu'il commençoit à fraichir, amurèrent leurs basses voilles et se retirèrent hors la portée de canon du Héros qui, ne pouvant les suivre, alant toutes ses manœuvres coupées et étant démâté de son grand hunier, deffendit à M. de Montalet, qui s'étoit aproché sur la fin du combat, de tirer d'avantage et de les poursuivre.

Le Héros a eu soixante-quinze hommes, tant tués que blessés, et cent quatre-vingt-deux coups de canon dans son bois, dont dix dans son grand mât. L'on croit que la jalousie qui règne entre MM. Beaussier et Montalet , les a empèchés d'être victorieux. Le second qui, à ce qu'on dit, n'a pas voulu servir de marchepied à Ja fortune de M. Beaussier, a fait uue faute d'avoir trop tôt cargué ses basses voilles. Il auroit pu, dit-on, arriver aussitôt que M. Beaussier, mais il n'a pas voulu. L'autre a fait une autre faute , aussi par Jalousie, de n'avoir pas voulu que M. de Montalet donnât avec les deux frégattes qui étoient en aussy mauvais état que luy. Nos créoles se sont battus en vrais soldats.

Les Anglais de Chibouctou, qui avoient su le combat par une de leurs frégattes qui s'étoit détachée avant le combat, ontenvoié un pacquebot pour scavoir ce qu'étoient devenus leurs vaisseaux qui n'ont point rentré à Chibouctou, et qui sont, suivant les aparences, à Plaisance...

Tous les sauvages sont aujourd'huy pour nous. Ceux des cinq nations 'qui, anciennement, étoient pour les Anglais, ont déjà fait coup sur eux. Il nous est venu plusieurs nations que nous ne connoissions pas , entre autres une que l'on nomme les Crist, qu'on dit étre une nation valeureuse et d'une grande stature, et qui se bat en bataille rangée.

basses | Héros œuvres fendit à ombat,

1és que ans son a jaloues 4 EMcon dit, e de M.

‘gué ses itôt que fait une ulu que i étoient at battus

combat avant le r'étoient hibouc-

is. Ceux our les enu plue autres

nation bataille

M, PORTAL (1) À M. DE SURLAVILLE A Louisbourg, 11 aoust 1756.

.. Hier, 10 du mois, le nommé Simonin, capitaine de goélette , est entré dans la Baye des Espagnols avec une goëlette anglaise qu'il a été prendre à Terre-Neuve. Elle ‘toit armée de huit canons de quatre et de huit pierriers, beaucoup de sabres, haches d'armes, poudre, etc. Il a mis quelques habitants à contribution pour environ mille écus etila chargé sa prise de neuf cents cinquante quintaux de morue. Nos fortifications vont bon train... plusieurs hauteurs |:sônt) rasées,,.. le Cap Noir presque eflacé et beaucoup d'autres ouvrages commencés. Du monde, des vivres, de l'argent, de la bonne volonté, voilà notre position. Les Canadiens font des merveilles,

M. JOUBERT À M. DE SURLAVILLE De Louisbourg, ce 12 aoust 1756.

La confirmation de l'affaire de M. de Villiers, que nous apprenons la veille du départ de notre escadre, fait le motif de cette épiître, vous l'ayant écrit au commencement du présent mois par la voye de Bayonne, quoique je n'aye reçu aucune de vos lettres. Vous voyés que je suis persuadé que je ne dois men prendre qu'à nos adversaires qui nous interceptent tout ce qui nous vient. Depuis les premiers jours de may, ils croisent devant notre port ; nous sommes heureux d'être pourvus de vivres avec de tels surveillants.

Une goëlette, qui vient de nous arriver, nous apprend que M. de Villiers, avec sept cents hommes, tant soldats que miliciens et sauvages, postés sur la rivière de Choagin,

(1) Ingénieur à Louisbourg.

ont attaqué environ cinq cents bateaux qui remontoient cette rivière, venant de porter des vivres à Choagin. Chaque bateau étoit armé de quatre hommes. Trop de précipitation de la part de nos Canadiens et sauvages, a empéché l'entière défaite de ce convoy. Quatre cents ont été tués, soixante faits prisonniers, et le reste mis en fuite. Plus de trois cents bateaux ont été brûlés. Tous ces dits bateaux alloient charger à l'entrepôt que le s' Léry avoit brûlé en mars ; ils ont rebâti le fort.

L'on mande à M. de Franquet que M. de Rigaud, frère au s' de Vaudreuil, estoit parti pour se joindre, avec treize cents hommes, à M. de Villiers, pour investir les deux forts de Choagin, que M. de Montcalm (1) estoit parti de la Pointe à la Chevelure, où il avoit laissé M. de Lévis (2), avec deux bataillons et deux mille hommes composés des troupes de la color .e, des milices et sauvages, pour couvrir le fort Saint-Frédérick et observer les Anglais. Ce général, après avoir pourvu à cette partie, a marché à Niagara, pour se mettre à la tête des quatre autres bataillons et milice, pour faire le siège des forts que M. Rigaud a ordre d'investir. Nous en apprendrons la réussite à la fin du mois. Si elle a le succès que l’on en attend, l'on se propose de réunir toutes nos forces pour marcher à Orange.

Il s'est passé, sur le lac Ontario, un combat ravai très vif entre trois frégates anglaises et deux françaises. Après trois heures de combat, l'admiral anglais a pris chasse avec

(1) Le marquis de Montcalm, promu maréchal de camp et désigné par la Cour pour remplacer le baron de Dieskau dans le commandement des troupes du Canada, avait débarqué le 10 mai 1956. Il avait été amené par la Licorne, qui participa au combat soutenu par M. de Beaussier,

(2) Le chevalier de Lévis, plus tard duc et maréchal de France, secondait M. de Montcalm ea qualité de brigadier.

SARNIA EEE

reg le contre-admiral, qui ont été s'échouer sous le fort de ) dù Choagin. La troisième a été prise. Comme vous voyés, la 5, 4 guerre se fait, dans ce païs là, par mer et par terre. ont Copie non signée d'une lettre écrite à M. Franquet (1) et uite. envoyée par M. Joubert à M. de Surlaville | ou Je vous envoye le précis de notre expédition sur Chouarois guen, que nous venons de prendre, je l'ay copié sur le Mémoire de M. de Montcalm.

Frère L'avant-garde de notre armée, commandée par M. Rigaut Fes de Vaudreüil, prit poste, la nuit du g au 10 aoust, à la petite deux anse, à trois lieu du fort Ontariot. M. de Montcalm y ardi de riva le 10, à minuit, et fit aussitôt débarquer 4 pièces de % (3), canon qu'il avoit avec luy ; nos troupes ont pris terre à la +8 des Baye de Niioure, à 18 lieues de Chouaguen et ont suivi la NT côte jusques à la petite anse dont nous sommes partis en y 7 ordre de bataille. Le 11, deux barques anglaises montées s Na de 14 et de 12 canons, nous vinrent reconnaître et firent Hlons feu sur nous, nous leur ripostämes par nos quatre pièces au qui leur en imposèrent ; nous avions, en outre, 12 pièces Ja. fn de canons de 12 et 4 de huit qui x'estoient point en bat- FRET D terie. Be: Cette expédition a soufert quelque difficulté de la part sus des troupes de terres qui n'estoient point d'avis qu'avec Léck environ 4,300 hommes et 80 sauvages, à quoy montoit Lits notre armée, que l'on entreprit le siège des dits forts où l'on savoit qu'il y avoit 1800 hommes pour les deffendre avec beaucoup de canon et de munition de toute espèce, heudei reusement leurs avis n'a point prévalu. Le rapport de né par l'ingénieur, joint aux raisons que les Canadiens ont donné à M. de Montcalm, ont engagé ce général à cette entreprise. ‘ondait

G) Brigadier du génie.

nt MN d: L # : Li (4 2 ANUS $ + AUA 47 TRAD PEN UNIS FPE RE LD EE TE VERRE RP SEE

Le 11, 300 hommes furent ocupés à faire un chemin à notre artillerie, qui ne put arriver que le 12 au matin; le soir, la tranchée fut ouverte devant le fort Ontariot par 300 travailleurs fantassins soutenus par pareil nombre. Le 10, notre artillerie devoit tirer sur ce fort; à 4 heures du soir, l'on s'aperçut qu'il estoit abandonné. M. de Bourlamarc (,) qui estoit de tranchée, s'en empara aussitôt, l'on y trouva « pièces de canon enclouées et quelques munitions, on désencloua aussitôt les canons que l'on pointa sur l'ancien fort, en attendant que notre artillerie fût en état de les seconder.

M. de Rigaut et M. de Villiers, qui commandoit les Canadiens et sauvages au nombres de 2,300, furent, le mème jour 13, prendre poste de l'autre côté de la rivière pour couper toute retraite et secours à l'ennemi, l'on avait construit un pont pour la traverser, mais l'ardeur des commandants et Canadiens ne leur permit pas de s'en servir. [ls passèrent à un gué à la vue des ennemis qui ne firent aucun mouvement pour s'y oposer; ce passage n'a pas peu contribué à faire capituler l'ennemy plus tôt, les Anglais ont avoué que ccite boutade les avoit intimidé.

Notre artillerie fut conduite à bras aux batteries, sans que l'ennemy s’y soit oposé.

Le 14, au point du jour, notre artillerie commença à faire feu sur le vieux Chouaguen ; à dix heures du matin, elle avoit fait une brèche à passer dix hommes de front. M. de Mervier, leur commandant, ayant été tué d'un coup de canon, le commandant en second , conjointement avec

(1) Le comte de Bourlamaque, second lieutenant du marquis de Montcalm, avec rang de colonel; brigadier en 1759, commandeur de Saint-

Louis en 1761, maréchal de camp en 1362, gouverneur de la Guadeloupe ua 1763.

min à in : le 1\r 300 Le 10, 1 Soir, arc (1) (rouva 15, on ancien

de les

oit les méme @ pour n avait ur des de sen qui ne age n'a tôt, les idé.

ans que

\ença à matin, e front, in COUP nt avec

de Montde Saint-

uadeloupe

ses officiers, demandèrent à capituler. M, de Montcalm leur accorda les articles cy après. M. de vourlamarc prit possession du fort avec nos grenadiers, nos piquets et 100 hommes des troupes de la colonie. Les bataillons qui estoient à cette expédition, sont: Aoval Roussillon, Guienne et Béarn ; nous n'avons perdu que deux hommes, un Canadien et un grenadier de Béarn ; M. Descombes (1), ingénieur, y a aussy perdu la vie, par un sauvage qui le prit pour un Anglais. Lorsque ce sauvage l'a tiré, il estoit au bord de la rivière à reconnaitre Chouaguen: ce sauvage l'ayant vu tomber,courut alors pour luy lever la chevelure, l'ayant recognu pour Français, il le porta au camp.

M. de Bourlamarc a été légèrement blessé, ainsy que huit Canadiens. Nos ennemis ont perdu leurs commandants, vingt hommes tués et soixante-deux blessés. La garnison estoit composés des rég" de Shierley, Peperel et Suiter, compozant dix-huit cents hommes, quatre-vingt officiers, quatre lieutenants de vaisseaux, deux compagnies d'artillerie et plusieurs ingénieurs, un commissaire des guerres, un médecin, un chirurgien, deux ministres, deux dames d'officiers, une demoiselle de Boston et environ vingt couzines. Nous avons trouvé dans la place des vivres en bon état pour quatre mille hommes pendant quatre mois, cent vingt et une bouches à feu, cent milliers de poudre, des bombes, boulets et grenades proportionnées à leur artillerie destinée pour le siege de Catarakouy ou Frontenac et Niagara, qu'ils se proposoient de faire, suivant la déposition des différents prisonniers que l'on avoir fait avant cette expédition.

(1) Des Combles, capitaine du génie, premier ingénieur de l'Armée. Son uniforme bleu, à revers rouges, tandis que tous les autres officiers français étaient en blanc, fut cause de sa perte.

Eu eme en a ARS

ir:

hotes PRE

L'on y a pris aussy cinq drapeaux, deux ont été envoyés à Montréal et deux à Québec, qui ont été déposés par Mg' l'Evêque avec les cérémonies de coutume. Le cinquième a été donné aux sauvages

Les batiments qui ont été pris sont, un du pot de 2} canons, lancé à l'eau depuis dix-huit jours, un portant 14 pièces et un autre qui en portoit 12, Dix barques du port de 25 à 30 tonneaux, 200 berges ou grands canots destinés pour le transport de leurs troupes, vivres et munitions à Niagara et Catarakouy ou Frontenac,

L'on a rasé aussitôt Chouaguen et ses dépendances , transporté les vivres et canons aux,forts de Niagara et Frontenac.

Capitulation du 14 aoust 1756

# Article 1°. La garnison se rendra prisonnière de guerre « et sera conduite à Montréal où elle sera traitée avec huma- « nité et chacun y recevra le traitement convenable à son « rang respectif, suivant les uzages de la guerre.

« 2° Les officiers et soldats sortiront avec leurs bagages et « habits seulement, qu'il leur sera permis d'emporter.

« 3° Ils resteront prisonniers de guerre jusques à ce qu'ils « soient échangés. — Signé : John Littlehales, L'-colonel.

« J'accepte les articles cy dessus conformément à la tra- « duction française et a ce que j'y ay ajouté. La dite capi- « tulation ne regardant que le militaire, les particuliers, « marchands, employés, seront libres de se retirer où bon « leur semblera. Il ne leur sera fait aucun tort. Je garde les « deux officiers pour otages, ayant envoyé le major géné- « ral régler la capitulation. J'envoye aussy un chirurgien « pour les malades, — Fait au camp de Chouaguen, le 14 « au matin du mois d'aoust. Signé: Montcalm, maréchal « des camps et armées du Roy. »

nvoves var Mg' ième à

t de 2} ‘tant 14 Ju port lestinés

tions à

lances ,

gara et

: guerre : huma-

e à son

gages et er.

ce qu'ils »lonel.

à la trate Capiculiers, où bon arde les )r généirurgien n,le 14 aréchal

Page 1