‹ Les derniers jours de l'Acadie, 1748-1758 [microforme]Chapitre 39 sur 67 · RATE · texte numérisé non relu

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L'article concernant les marchands n'a point été observé par les sauvages qui ont donné après et les ont dépouliés tout nud, heureux de ce qu'ils n'en ont point tué. Un ingénieur anglais a dit à M. de Vaudreuil que l'on luy avoit, par les dernières lettres qu'il avoit reçu, mandé la mort du colonel Janson blessé à l'afaire de M. Dieskaut, que ce dernier alloit mieux. Lorsque M. de Vaudreüil aprit la prise de Chouaguen, quatre envoyés des cinq nations iroquoises estoient à Montréal, ils ne purent s'empècher de témoigner quelque sensibilité de l'échec que leurs amis les Anglais avoient reçu. Dans l'audience que leur donna M. le Général, sur ce qu'il leur |dit! qu'il estoit surpris qu'ils ne fussent pas venu le voir lorsqu'il les avoit mande, ils luy répondirent que nous avions embarassé les chemins par nos guerriers, qu'ils avoient été obligés de s'en pratiquer un nouveau. Il leur répondit: — Mes enfants, je viens de les débarasser, vous aviés vendu vos terres aux Anglais, ils y avoient bâti des forts qui vous tenoient dans l'esclavage, je les ay abattus, ces forts, et je vous rends vos terres, je vous délivre de l'esclavage, mais à condition que vous ne soufrirés pas que personne s'y établisse, pas même des traiteurs, et qu'au moindre mouvement que les Anglais feront, ou entreprises sur vos terres, vous m'en donnés advis, sinon c'est à vous que je m'en prendray et sur qui je fraperay les premiers.

Is présentèrent un colier à Madame la Générale et luy dirent (1):-— Tiens, mon père, prends un bout de ce colier et nous tiendrons l’autre, afin que nous ne nous séparions jamais, nous reconnaisons que tu est bon père, et tu peux compter que tu auras toujours de bons enfants; l'Anglais nous a toujours trompés, nous le voyons aujourdhuy,

(1) Au général.

nous serons toujours attentifs à tes ordres et nous tiendrons notre parole...

Nos affaires vont bien à la Belle-Rivière; M. Dumas y maintient les sauvages dans les meilleurs dispositions pour nous, ils ont ravagé dans les contrées de la Caroline, Mariland, Virginie et Philadelphie, environ 60 lieues de face sur 100 lieues de profondeur, ils n'ont laissé que les villes qu'ils menacent. À la fin d'aoust, le colonel Warrenton, à la tête de trois cents cavaliers, a attaqué un village sauvage sur la Belle-Rivière; un cadet et cinq Canadiens , qui avoient été chanter la guerre dans ce village de la nation des Loups, ayant été avertis de grand matin avec quelques sauvages, arrétèrent cette cavalerie , pendant que le plus grand nombre des sauvages passoit de l'autre côté de la Belle-Rivière, leurs vieillards, femmes et enfants : ensuitte sont venus au secours des Canadiens. Is chargèrent cette cavalerie qui prit la fuitte, laissant 22 morts. L'on attend M. Dumas, qui est relevé, pour savoir le sort des autres que les sauvages ont poursuivi.

Du 5 novembre, de Québec

Depuis la prise des forts de Chouaguen, il ne s'est rien passé d'intéressant, l'on fait monter la perte de Chouaguen à quinze millions; l'on leur a pris 121 bouches à feu, tant dans les forts que sur les bâtiments.

Le général lord Loudun ne s'est point cru assés fort, avec 1,400 hommes, pour nous attaquer à la Pointe de Carillon, sur les bords du lac Saint-Sacrement. 11 a passé sa campagne dans le mème camp que M. Dieskaut attaqua l'année dernière; nos différents partis, envoyés à la découverte, ont fait plusieurs prisonniers et levé beaucoup de chevelures, L'on assure que cette campagne ne nous a pas coûté plus de cinquante hommes; un capitaine et un

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