‹ Les derniers jours de l'Acadie, 1748-1758 [microforme]Chapitre 44 sur 67 · M, JOUBERT A M. DE SURLA VILLE · texte numérisé non relu

M, JOUBERT A M. DE SURLA VILLE

De Louisbourg, ce 15 octobre 1757.

.. Nous avons appris, avec bien de la joye, l'avantage que votre armée a remporté sur celle du prince de Cumberland (1); je souhaite que le Dieu des Armées vous ayt conservé et qu'il inspire aux distributeurs des grâces de vous accorder toutes celles que vous pouvés désirer...

Pour nous, nous avons attendu inutilement nos dange-

(1) Victoire de Hastenbeck qui amena la convention de Klosterseven,

reux voisins; ils n'ont paru que sur la plaine liquide, la première fois le 19 aoust, avec une escadre de vingt-deux voiles ; ils se sont toujours tenu sous le vent du port, c'està-dire dans la partie du S. O. Le 20 au soir, 1ls ont disparu. Le 10 septembre, ils ont reparu dans la même partie, pendant plusieurs jours.

M. Dubois de La Motte, à qui la conservation de notre pitoyable place estoit plus précieuse que d'acquérir de la gloire, ne devoit sortir pour les combattre qu'au cas que leurs bâtiments de transport fussent avec leur escadre. Il avoit même dessein de laisser engager la descente, à laquelle je crois qu'il auroit échoué. L'on avoit retranché l'anse de la Pointe Plate, celle aux Sables et celle de la Cormorandière, situées sur la côte de la baye de Gabarus, ainsy que le grand Laurembeq, l'anse aux Soldats et l'anse à Gauthier. Toutes ces anses étoient gardées par trois mille hommes et bien flanquées par du canon. J'ay été chargé, ainsy que je me suis fait l'honneur de vous le marquer par ma précédente, de pourvoir à la deffense de l'anse aux Sables et à celle de la Cormorandière, qui ne sont séparés que par une falaise. M. des Bourbes, qui m'a joint à la fin d'aoust, pourra vous dire mes dispositions. J'ay été employé dans cette partie depuis le 6 juin jusques au 15 septembre. Je ne crains point de trop avancer en vous disant que Jay plus fatigué pendant cette campagne, que pendant la plus pénible que j'aye faite dans les troupes légères. J'ay d'abord campé avec trente hommes de ma compagnie et cent Mikmaks des villages de l'Isle Royalle, Antigoniche, Pictout, à la Baye Verte et à la Cormorandière. J'avois laissé vingt hommes et un lieutenant à la Pointe Plate, qui m'ont joint en aoust. Les sauvages sont partis le 15 juillet, pour aller lever des écorces pour faire des canots ; ils ont été remplacés par cent dix Canibas, Malichites ou Abéna-

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kis et cent Mikmaks, que le sieur Boisbert (1) a emmenés de l'Acadie, avec dix-huit soldats et cent cinquante miliciens acadiens. Avant l'arrivée de ce corps de troupes légères, J'estois chargé de la conduite des retranchements de la Pointe Plate; je n'ay pu, à cause du détail de la subsistance de ce corps, continuer à les faire construire, j'ay seulement fait finir ceux de mon poste.

Je ne pourrois jamais vous exprimer la peine que j'ay eu à conduire les Abénakis ; c'étoit tous les jours des conseils qu'il falloit tenir, dont le résultat étoit toujours de demander quelque chose.

Cette campagne n'a pas laissé que de me coûter; l'on m'a accordé comme une grâce une ration du magasin pour moy et mes officiers, que l'on nous a fait payer 13 livres 15 sols par mois. Notre situation devient tous les jours plus triste; la viande vaut 15 sous la livre; l'escadre à consommé trois cents bœufs que l'on a tiré de l'Isle Saint- Jean et de l'Acadie. Il est étonnant que de l'Acadie, toute dévastée qu'elle est, l'on en retire encore des bœufs; rien ne prouve tant la fertilité de ce païs, et combien il seroit nécessaire à la France pour l'accroissement de sa pèche.

Vous devés savoir à présent la prise du fort Guillaume- Henry, sur le lac Saint-Sacrement, lequel, deffendu par deux mille sept cents hommes, n'a tenu que quatre jours de tranchée ouverte.

Cette troupe, réduite après le siège, à deux mille trois cents hommes, a obtenu les honneurs de la guerre et une pièce de canon, sans pouvoir servir de dix-huit mois, et devoit être conduite au fort Lidius, sous l'escorte de cinq cents hommes de nos troupes. Pour n'avoir pas voulu

(1) Boishébert,

224 LES DERNIFRS JOURS DE L ACADII

attendre cette escorte, ils ont été la victime de huit cents sauvages qui les ont tous égorgés (1), à la réserve de sept cents, dont quatre cents ont été donnés à M. de Montcalm en luy disant : - Mon père, rassasie toy de cette vilaine viande que tu aimes tant.

Lorsque cette nouvelle est parvenue à Québec, l'on mandoit en mème temps que l'on travailloit à retirer les autres trois cents. Le bagage de cette troupe, que les sauvages comptoient avoir à la prise de ce fort, a été la cause de ce massacre.

L'on n'a pu attaquer le fort Lidius (le seul qui leur reste entre Orange et nous), à cause de Îa récolte qui ne pouvoit ètre différée.

Nous attendons deux flûtes de Brest, chargées de vivres, et si elles n'arrivent pas, nous serons réduits à demy ration ; il est étonnant que l'on n'ayt pas toujours ycy des vivres au moins pour trois ans,

M. Dubois de la Motte n'a pas trouvé assés de troupes pour la deffense du païs, il estoit déterminé de demander deux bataillons de plus; l'on luy a proposé huit compagnies d'augmentation et une de canonniers, et de porter toutes les compagnies à soixante-dix hommes, comme il en coûteroit moins au Roy...

Par le moyen de différents partis de sauvages, conduits par le s' Gauthier, de l'Isle Saint-Jean, celluy qui a épousé la petite Laforest, nous avons su, par plusieurs prisonniers qu'ils ont emmené d'Halifax, leurs préparatifs. Ils avoient embarqué jusques à des fascines et des gabions; sy nos forces maritimes ne leur en avoient pas

(1) Montcalm et ses officiers firent de vains efforts pour empêcher ce massacre que les Anglais nous ont tant reproché,

sé

cents imposé (1), ils nous auroient attaqué. Suivant les dere sept nières nouvelles, il y a apparence qu'ils sont dans le destcalm sein de faire hiverner beaucoup de troupes à Halifax.

vilaine Gauthier dit avoir vu deux grands corps de casernes,

à moitié construits, où l'on travailloit à force, en dehors

n maAn- de l'enceinte de la ville. Sy nous ne recevons pas de bonne autres heure des secours de toute espèce, nous courons de gros uvages risques...

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Le Canada est dans une grande disette de vivres, tout le monde y est réduit à quatre onces de pain. Nous attendons tous les jours le Bizarre et le Célèbre qui avoit convoyé Berry en Canada. Par ce moyen, M. Dubois de La Motte emmènera dix-huit vaisseaux de ligne, cinq frégates et une flûte armée de trente canons. Avec de pareilles forces, il doit se faire un passage, s'il trouve les Anglais sur la î côte de France. Il a distribué sur son escadre environ six cents prisonniers qui luy tiendront lieu des matelots qu'il

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vivres, my raycy des

troupes a perdus.

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compa- M. des Bourbes a obtenu un congé ; arrivé en Normandie,

» porter il décrit à M. de Surlaville les péripéties de son retour que,

QE par certains détails, on pourrait croire survenu de nos jours. Bayeux, ce 3 décembre 1757.

»5$, cOnN-

J'arrivai hier à Bayeux, et débarquai à Brest le 23 novembre

luy qui dernier, avec l'escadre de M. du Bois de la Motte. Je ne vous lusieurs ai point écrit à mon arrivée en France, par ce que je craiparatifs. gnois que ma lettre n'eût porté avec elle la contagion qui, des ga- sous le nom de fièvre putride, a désolé l'escadre de notre jent pas

(1) Nous avions à ce moment, dans la rade de Louisbourg, seize vaisséaux de Jigne, depuis 80 jusqu'à 64 pièces, quatre frégates, plusieurs pêcher ce corsaires et vaisseaux marchands, (Extrait d'une autre relation par M, de Garsement.)

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vice-amiral, et que l'avertissement de la passer par le vinaigre, dont j'aurois orné votre adresse, n'eût empêché que ma lettre ne vous füt parvenue.

Le cousin de Rouen (1), qui se trouve icy, et qui veut que je joigne un mot à la lettre qu'il vous écrit, me prescrit des bornes trop étroites pour pouvoir vous détailler ce qui s'est passé à Louisbourg, touchant les préparatifs de la deffense du siège qu on a appréhendé tout l'été...

J'ay passé dans la frégate l'A pollon qui servoit d'hôpital à la suite de l'escadre, Je l'ay échappé belle, car, en débarquant à Brest, nous n'avions plus que cinq hommes d'équipage, un pilote, plus de timonniers, tout étoit mort ou malade, jusqu'aux chirurgiens et à l'aumônier qui ont party des premiers; nous avons jeté deux cents hommes à la mer,

L'escadre de M. du Bois de la Motte, composée de seize vaisseaux de ligne et six frégates, commença à appareiller la nuit du 29 au 30 octobre , à neuf heures du soir, par un vent de N.-O., et le 30, à sept heures du soir, il y avoit encore trois vaisseaux dans le port à cause de la lenteur avec laquelle on manœuvra... Le vent avant sauté tout à coup à l'E.-S.-E., ces trois vaisseaux furent contraints de rester dans le port.

Le vent aïant fraichi, le reste de l'escadre qui étoit demeurée en panne devant le port, fut contrainte de faire voile pour s'élever de la côte. Ce 1" novembre, le général aïant fait les signaux de ralliement, se trouva avec onze vaisseaux et la frégate l'A pollon. Le 2, les vaisseaux /e Tonnant et le Superbe rejoignirent l'escadre sur les dix heures du matin, le vent étant S.-O. Le premier de ces deux vaisseaux s'étant trouvé proche l'Isle de Sable et

{1) M, Le Courtois d'Heudreville,

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étant contraint de forcer de voiles pour la doubler, fut démâté de son petit mât de hune... Le 3, le 4 et le 5 se passèrent à croiser pour attendre la réparation du Zonnant et la réunion des autres vaisseaux qui ne parurent point. Le 5, le général fit servir à porter en route, Le 13, à la pointe du jour, on signala quatre vaisseaux au vent à nous qui furent reconnus pour les quatre vaisseaux de ligne qui s'étoient séparés par le coup de vent. Nous eùmes vent arrière jusqu'au 19, mais on n'en profita que foiblement. La nuit du 19 au 20, l'escadre reçut un fort coup de vent de S.-S.-O. qui ne sépara aucun des vaisseaux. Le 20 , à la pointe du jour, l'Apollon fit signal d'un vaisseau au vent à nous, à huit heures du matin, qui, aïant porté vent arrière sur l'escadre, se trouva à la portée de canon de plusieurs de nos vaisseaux ; il étoit démâté de son grand mât de hune. Ïl arbora un petit pavillon non françois. M. du Bois de la Motte y fit répondre par un grand pavillon françois et fit signal aux vaisseaux le Diadème et le Superbe de chasser dessus. Ce vaisseau, qui étoit un Anglois, tint le plus près et, voyant que /e Diadème le gagnoiït, arriva vent arrière.

Le général fit signal à son escadre de virer de bord et de régler sa voilure sur la sienne. A midy, /e Diadème se trouva à portée de l'Anglois qui lui envoia sa bordée; toujours sans voile, /e Diadème luy répondit par la sienne et, croiant se battre avec plus d'avantage, passa sous le vent du vaisseau anglois qui se battit toujours en fuïant. La manœuvre du Superbe sauva ce vaisseau, car, en passant sous le vent à luy, il le mit au vent de toute l'escadre et luy donna la facilité de s'éloigner de deux autres vaisseaux qui étoient sous le vent à luy et fort prèts de l'atteindre, car le Superbe aïant eu un canon de la sainte-barbe qui, aïant crevé (dont il eut quinze hommes tués et cinquante de

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blessés et cinq pièces de canon démontées par le même accident), fut contraint d'arriver. La nuit étant preste à tomber, le général fit lever la chasse et perdit, par sa faute, un vaisseau de quatre-vingt pièces.

Nous eüties connoissance de terre, le 23, à midy, et toute l'escadre mouilla, le soir, à neuf heures.

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1758) SIÈGE DE LOUISBOURG. —— TEMPORISATION DE BOISHÉBERT, — CAPI- TULATION, — LES ILES ROYALE ET SAINT-JEAN TOMBENT AU POUVOIR DES ANGLAIS. — PERSÉCUTION DES HABITANTS.

Le siège de Louisbourg, si redouté depuis longtemps, survint enfin (1). Le matin du 1‘ juin 1758, la flotte de l'amiral Boscawen, composée de cent cinquante-neuf vaisseaux, fut signalée. À cette nouvelle, la population tout entière se porta sur les remparts, regardant avec angoisse cette nuée de voiles blanches qui grandissait à l'horizon. Ces navires amenaient avec eux une armée commandée par le général Ambherst et divisée en trois brigades, sous les ordres des brigadiers généraux Whitmore, Lawrence et Wolfe, le futur adversaire de Montcalm, et chacune de ces brigades, à elle seule, était plus importante que toute la garnison de Louisbourg qui se composait à peine de

(1) Sauf la lettre de M. Lartigue qui termine la correspondance (première pièce de l'Appendice), les papiers de M, de Surlaville sont muets sur cette fin dramatique de l'Ile Royale. Il existe heureusement, dans les archives de M. le comte Raiïimond de Nicolaï, plusieurs relations manuscrites du siège, notamment le précieux journal du chevalier de Drucour, qui couvre plus de cent pages in-folin et dont s'est aidé M. l'abbé Casgrain dans son remarquable livre, Montcalm et Lévis. Cet ouvrage, auquel nous renvoyons pour plus de détails, nous a permis de décrire sommairement la chnte de Louishourg.

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trois mille hommes de troupes régulières, outre la milice, les Indiens et onze vaisseaux de guerre qui s'étaient réfugiés dans le port.

Pendant toute une semaine, la brume et les gros temps paralysèrent l'ennemi, mais dans la nuit du 8 juin, il prépara son débarquement et, dès l'aube, la flotte anglaise ouvrit son feu sur les postes français qui bordaient Île rivage, tandis que les chaloupes s'avançaient rapidement vers la terre

C'est sur la grève de la Cormorandière, défendue par un millier d'hommes, sous les ordres du leutenant-colonel de Saint-Jullien, du régiment d'Ar/ofs, que tenta de débarquer la brigade de Wolfe, arrivée la première, mais repoussée, elle se porta vers un escarpement qui n'était pas gardé, parce qu'on l'avait cru inaccessible. Malgré les vagues qui se brisaient à cet endroit sur les rochers et qui lui noya plusieurs hommes, l'ennemi parvint à gravir la falaise avant que M. de Saint-Julien ne se fût aperçu de ce mouvement que lui avait dérobé la fumée du combat. Il essaya vainement de s'y opposer, et fut mème obligé d'abandonner son artillerie et de se replier sous la protection du canon de la Place.

La nuit suivante, M. de Drucour fit incendier toutes les constructions qui se trouvaient hors de l'enceinte et que la faiblesse de sa garnison l'empéchait de défendre. Jusqu'au 18 juin, les Anglais s'occupèrent d'installer leur camp et leurs batteries.

Le 18, ces batteries ouvrirent le feu sur l'escadre française qui riposta, mais cette canonnade eut peu d'eflet de part et d'autre.

Comme le temps passait et que l'ennemi n'avait pas encore ouvert sa tranchée, M. de Drucour espérait toujours que M. de Vaudreuil lui enverrait du renfort; en

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outre, on savait que Boishesert venait de débarquer à Port Toulouse avec un corps franc considérable composé de Canadiens, d'Acadiens et de sauvages, Mais ce partisan, qui, cependant, avait, jusque-là, rendu de réels services après la chute de Beauséjour, en se maintenant en Acadie et en profégeant la retraite des habitants, mit dans sa marche une lenteur et une hésitation qui furent fatales à Louisbourg,

« Cinq jours après l'ouverture du siège, nous dit M. « Casgrain (1), le chevalier de Drucour avait envoyé un « exprès à l'abbé Maillard, avec une lettre dans laquelle « il le conjurait de presser la marche de M, de Boishébert, « ajoutant qu'a son entrée à Louisbourg, il recevrait la croix de Saint-Louis que le Roï avait envoyée par les « derniers vaisseaux pour l'en décorer. — Quand je lui “ eus fait lecture de cette lettre, écrivit l'abbé Maillard # trois semaines après la capitulation, j'ajoutai, en présence de tous ses officiers (a): — Monsieur, vous voyez quelle confiance a en vous M, notre Gouverneur, votre foible « détachement se trouve ici tout à coup accru du triple; tous les sauvages qui vous attendent depuis longtemps vous suivent, et tous les jeunes gens, jusques aux pères « de famille du Port Toulouse, etc., vous suivent aussi. “ Nous avons eu idée que vous ne voudrez pas autrement

Ga) Montcalm et Lévis, T. 1, p. 483 et suiv.

(2) MM, de Catalogne, de Boucherville, de Léry et Simon; cadets: de Montarville, Damours de Piaine, Drouet de Carqueville, Couillard, Morel de la Durantais, (Extrait dn Journal de ma campagne de Louishourg, par Boishébert, cité par M. Rameau de Saint-Père, Une colonie féodale, T, H. p. 378). — Boishébert fut le dernier officier français qui se maintint en Acadie, entre Shediac et Miramichy, faisant aux Anglais une guerre de partisans. Il ne mit bas les armés qu'en 1359. (CF. ouvrage cilé, p. 181.)

Le jugement de l'abbé Maillard, sur son compte, parait donc sévère

« avoir la croix qui vous attend à Louisbourg, que comme « David eut Michol...

« La réponse qu'il me fit n'est pas digne de vous étre écrite, »

Prétextant le manque de provisions, Boishébert congédia une partie de ses volontaires, malgré leurs mugmures :

« Nous vivrons des bestiaux que nous saurons bien trou- « ver et qui t'ont échappé, lui dirent les Micmacs. — Mu « nis-nous de fusils, de plomb et de poudre, et laisse-nous

faire la petite guerre.

« 1ls concertèrent.., de revenir à la Mission qui n'est

“ qu'à huit lieues de là, mais, auparavant, d'envoyer ceux

d'entre eux qui étoient armés, à la découverte du côté de

Gsabarus, de Laurembec, et dans le grand chemin de « Miré (1), »

L'une des bandes, composée de cinquante-sept hommes, Acadiens et sauvages, surprit et mit en fuite un détachement de six cents Anglais. Ces derniers # qui appréhen- # doient les sauvages plus que la foudre, remarque l'abbé « Maillard, s'étoient crus traqués par une armée de ces « barbares et avoient été saisis d'une panique irrépressible. »

“ Ce coup de main, conclut M. Casgrain, servit du « moins à démontrer ce que Boishébert aurait pu faire, “ “ait voulu profiter du courage et de la bonne volonté s troupes. »

Ha même temps qu'à Boishébert, M. de Drucour avait envoyé un message pressant à M. de Vaudreuil, par la frégate l'Echo, qui avait réussi à sortir du port à la faveur de la brume, mais elle ne tarda pas à être capturée.

Les Anglais commencèrent enfin à ouvrir leurs tran-

(1) Lettre de l'abbé Maillard (Archives du Séminaire de Québec), citée par M, l'abbé Casgrain,

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