L« SOL
perpendiculaires, espacés de 7 à 8 mètres les uns des autres pour les récoltes annuelles, ou de 20 mètres si l'on veut créer des prairies. Sur les parcelles, ainsi morcelées et assainies, on fait un apport considérable d'amendements et d'engrais, soit, par hectare, 2 à 4000 kilos de chaux, 1 5 à 20 00a kilos de marne qu'on incorpore au sol par un labourage de 20 à 25 centimètres de profondeur. Les amendements étant ainsi mélangés à la tourbe, on applique au terrain 1600 kilos de kaïnite,8oo kilos de scories Thomas et 200 kilos de nitrate de soude. Toutefois, quand on doit semer des légumineuses, on s'abstient d'épandre des éléments azotés (nitrate), mais on inocule le terrain de ferments de légumineuses. Les engrais potassiques sonttoujours les plus indispensables.
Pour gagner à la culture les grandes tourbières du Nord avec la moindre dépense, on met en œuvre un ensemble de voies ferrées, de wagonnets et d'excavateurs mécaniques, de telle sorte qu'aujourd'hui c'est une opération d'un profit assuré dans la plupart des cas. Bien souvent une première récolte de pommes de terre paye tous les frais de mise en valeur. Les agronomes allemands, après de nombreuses expériences comparatives, ont adopté cette dernière méthode, car si elle donne des rendements moindres que le système hollandais, les prix de revient sont moins élevés et finalement la culture est plus rémunératrice.
On est surpris de constater que des tourbières, hier incultes, donnent aujourd'hui 2 000 kilos d'orge, 1600 kilos d'avoine, ou 20000 kilos de pommes de terre à l'hectare.
J'ai signalé, entre autres, cet exemple, non seule*
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e qu'il est tique de l'acharnement de la science allô-
l.i n.Hn
La mise en exploitation des tourbières est une s au troupeau germanique de se développer si nt.
Ainsi le nombre des chevaux dans l'Empire a passé, entre iSS3 et 1912.de 3 millions 5ooooo à 4 millions 5i6ooo ; celui des bovidés, de i5 millions 800000 à 20 millions iôocoo; des porcs, de 9 millions 200000 à 22 millions. Par contre, ainsi qu'il arrive dans tous les pays où l'agriculture est en progrès, le mouton, de 19 millions 200000 têtes, est descendu à 5 millions Sooooo.
Tous les genres de culture en Allemagne ont pris un essor parallèle. Les méthodes, les expériences, les résultats sont consignés dans une multitude d'ouvrages scientifiques ou pratiques, de revues et de journaux. T.out le monde sait que l'empereur est un des pionniers les plus actifs de l'agriculture. Il assiste chaque année à la réunion solennelle des agriculteurs allemands et y prend toujours la parole, pour exposer les résultats qu'il obtient dans ses domaines personnels et encourager vigoureusement la marche en avant de l'agriculture nationale.
Les progrès extraordinaires de la culture allemande sont suivis avec une attention soutenue par les pays voisins : le Danemark, la Suisse, la Hollande, la Belgique, la Scandinavie et surtout par les États-Unis,
Des relations étroites lient les grandes associations agricoles de ces deux pays. Les revues américaines rendent compte régulièrement des travaux de l'agronomie allemande qu'elles considèrent comme le modèle à imiter dans les gigantesques exploitations du Far-West. Si l'Europe est en grande partie tributaire de laRépublique'américaine pour la machinerie rurale, réciproquement les grandes industries agricoles des États-Unis sont pour la plupart outillées par des maisons allemandes.
Nous sommes bien loin en France de suivre ces exemples. Le monde agricole chez nous ignore à peu près complètement'les nouvelles méthodes allemandes de culture.
Les ouvrages les plus fondamentaux ne sont pas traduits, et l'on est surpris de rencontrer à chaque pas de gros agriculteurs qui ignorent même l'existence de procédés nouveaux employés couramment par nos voisins. C'est ainsi que lorsque j'ai dit dans V Allemagne au travail qu'il y avait alors 1 55 sécheries agricoles de pommes de terre (il y en a aujourd'hui plus de 3oo), on m'a écrit de plusieurs côtés pour me demander des éclaircissements sur une opération aussi inconnue.
Cette méconnaissance des voies nouvelles de l'agriculture est profondément regrettable ; car nous ne devons plus nous le dissimuler, nombre de nos industries sont appelées à disparaître devant la concurrence allemande devenue irrésistible. Le midi de la France notamment n'a rien de ce qu'il faut pour soutenir la lutte.
Fort heureusement, nous pouvons retrouver des
(Cl. A. Bleichert, Leipzig.)
L'exploitation des lignites.|
avantages compensateurs dans une agriculture amé . 1 A!i ira jamais ni notre terroir, ni
à moins que noua ne <l<venions assez t.uhles, ou assez peu nombreux, pour qu'elle vienne l'en emparer. °
Si nous échappons à cette solution, — qu'il faut avoir le courage d'envisager afin -d'agir pour nous y soustraire, — nous aurons, dans la masse croissante et enrichie de la population germanique, des acheteurs intarissables; et, pour peu que nous nous donnions la peine d'augmenter le tonnage de nos denrées, notre agriculture serait assurée d'une prospérité qu'elle n'a jamais connue. Voilà pourquoi il importerait à nos cultivateurs d'apprendre les procédés à l'aide desquels les agriculteurs allemands sont devenus les premiers du monde.