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CHAPITRE II

Le Rhin

La plus belle voie navigable d'Europe. — Son extension jusqu'à Strasbourg, puis jusqu'à Bâle. — Les ports du Rhin. — Strasbourg et Kehl. — Mannheim. — Ruhrort premier port du monde. — Les bassins de trafic et lés bassins industriels. — La Bourse de la Batellerie à Ruhrort. — Le bon marché des frets fluviaux.

Ceux des voyageurs, en promenade sur le Rhin de Mayence à Cologne, que n'attirent pas uniquement la beauté, un peu surfafte, du panorama, et les vieilles pierres féodales, ou simplement le luxueux confortable des bateaux, sont frappés de la prodigieuse intensité de navigation marchande étalée tout le long du fleuve. Ce défilé ininterrompu de puissants remorqueurs, traînant deux, trois ou quatre grands chalands espacés entre leurs câbles tendus à se rompre, donne l'impression que l'on passe en revue toute la flotte intérieure de l'Allemagne. Et il en est ainsi sur toute la distance qui sépare Mannheim de Rotterdam.

On peut suivre l'Elbe, le Danube, la Volga ou la Seine, aucun de ces fleuves ne présente un spectacle qui se puisse comparer au trafic du Rhin.

Ce mouvement s'accroît à mesure que l'on avance et

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vantes qui y ont été enfouies, principalement dans les passages difficiles comme celui de Bmgcn, mais je voudrais signaler les ouvrages récents, ou encore en voie d'exécution, en amont de Mannheim jusqu'à Strasbourg et bientôt jusqu'à Bâle, puis les larges installations et les accroissements incessants des grands ports de Strasbourg, de Kehl.de Mannheim, de Francfort, de Ruhrort.

Jusqu'à ces dernières années, la navigation régulière sur le Rhin ne s'étendait pas en amont du port de Mannheim. Le lit du fleuve encombré de bancs de graviers, son cours capricieux, ses courbes et ses rapides étaient des obstacles qui le rendaient dangereux ou impraticable pendant la moitié des jours de l'année.

Les travaux entrepris sont de deux sortes : travaux de correction, c'est-à-dire création d'un chenal navigable; travaux de régularisation consistant à assurera ce chenal une profondeur minima d'un peu plus de deux mettes, suffisants pour les chalands de î 5oo tonnes.

La première partie de cette vaste entreprise est aujourd'hui achevée; elle s'étend de Mannheim à Strasbourg; la seconde, encore à l'état de projet, remontera «jusqu'à Bâle, et plus tard jusqu'à Cons-

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tance. Dès lors la Suisse presque entière sera desservie par le Rhin.

Il y a beaucoup d'analogie entre les travaux exécutés sur le Rhin et ceux dont notre Rhône a été l'objet entre Lyon et Arles. La correction du fleuve, à l'aide de digues et d'épis, donne lieu à un colmatage progressif de ses rives. Ce sont là des terrains, gagnés sur les divagations de son lit, qui appartiendront aux communes riveraines.

Le seul établissement du chenal de Strasbourg à Mannheim a coûté 14 millions de marks qui ont été supportés, partie par le grand-duché de Bade, partie par le gouvernement d'Alsace-Lorraine.

Mais les sommes jetées dans le lit du fleuve sont peu de chose à côté de celles qu'a coûtées l'établissement des ports que chaque ville s'est efforcée de créer sur ses bords. La conception grandiose que les Allemands se sont faite des ports fluviaux mérite de retenir l'attention, car, unique en Europe, elle est une des causes efficaces de leur développement industriel.

En présence du trafic intensif fourni par les houilles, les fers, les marchandises lourdes qui montent et descendent le Rhin, on ne pouvait se contenter, dans les grandes villes, de quais d'accostage le long des rives du fleuve : il eût fallu les prolonger à des distances inacceptables en amont ou en aval des cités. D'autre part, des ports en eau vive sur un cours d'eau rapide ne sont pas sans inconvénients. C'est pourquoi on a creusé partout des bassins dans l'hinterland immédiat d<»s rivières, avec ou sans écluses de communication.

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