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Et ces bassins sont de plusieurs sortes : les ons, dits
■■ic, sont affectés au service des luircli.m-
.mtres, î et 'industrie ,ont
crei: : i des terrains values, afin de provoquer
lent d'usines jouissant des avantages éco-
■s et de l'outillage qu'assure la riveraincté
d'une voie navigable. Une troisième catégorie de
; sont ceux que s'aménagent, pour leur service
exclusif, à la façon d'un embranchement de voie
ferrée privée, telles ou telles grandes sociétés
On trouve des ports de trafic et des ports d'industrie dans un grand nombre de villes de la vallée du Rhin : à Strasbourg, aKehl,àCarlsruhe, àRheinau.àMannheim, à Ludwigshafen, à Worms, à Mayence, à Francfortsur-le-Mein, à Coblence, à Cologne, à Mulheim, à Dusseldorf, àCrefeld, à Ruhrort, à Wesel, etc.
Les plus récents sont naturellement ceux de Kehl et de Strasbourg. Les bassins de Strasbourg, à peine terminés, ont été creusés dans la plaine inhabitée qui s'étend entre la ville et le Rhin. Tête de ligne des canaux qui se dirigent vers la France, le port de Strasbourg a rapidement acquis une sérieuse importance; son trafic a passé de î million 90 mille tonnes en 191 1, à 1 669 mille tonnes en 1912. Sur le port d'industrie, qui lui est parallèle, de nombreux entrepôts et plusieurs usines sont en construction.
Le port de Kehl représente un effort rival de la part du grand-duché de Bade pour attirer sur la rive droite une partie de ce commerce, afin surtout que les chemins de fer badoisne soient pas handicapés par les voies ferrées d'Alsace-Lorramc. Aussi-a-t-il été établi,
8o l'outillage
à frais communs, par l'Administration des chemins de fer badois et celle des voies navigables.
On y a dépensé une douzaine de millions. Les deux bassins dont il se compose ont l'un 2 200 metr.es, l'autre 3 200 mètres de longueur, avec 100 mètres de largeur entre les quais. Autour de ces bassins s'étendent des espaces vides de i3o à 180 mètres de profondeur, pour entrepôts ou industries. Le développement total des quais est de 1 1 kilomètres. Un outillage complet d'appareils de manutention, l'énergie et la lumière électrique, un réseau de voies ferrées et de nombreuses voies charretières les desservent.
Il est à signaler que l'administration des chemins de fer de l'État, en 1910, a vendu l'exploitation du port et des terrains industriels à une compagnie privée qu'elle a jugée plus capable de provoquer le trafic et la venue d'usines et d'entrepôts. En réalité, ce sont principalement des maisons de Mannheim qui ont constitué cette société et qui viennent établir là des filiales de leurs entreprises. Le trafic s'accroît rapidement, 233 000 tonnes en 191 1, 4ï6oooen 1912.
Il en est de même de Carlsruhe qui n'est pas exactement sur le Rhin, mais lui est relié par un canal d'un kilomètre et qui vient d'inaugurer (août I9i3) son quatrième bassin.
Mais le grand port du Rhin moyen, celui où les ingénieurs de tous pays viennent chercher des modèles, est Mannheim.
Mannheim est une des villes allemandes dont le développement a été le plus rapide : elle avait 40000 habitants en 1870, elle en compte 220000 en
igi3. L'absorption de plusieox cor. à cet accroissement . C'est une :
belle cité, largement connue e ic de damier, au
confluent du Neckar et du Rhin.
n de tête de ligne de la navigation du Rhin en avait fait un entrepôt obligé de charbons, de pétrole, de grains, et le siège de puissantes industries, minoteries, fabriques de machines, de caoutchouc, de celluloïd, de moteurs à gaz et à pétrole,
utomobiles (Benz).
De toutes parts on aperçoit des immeubles ou des monuments en construction; le dépôt des tramways municipaux, récemment achevé, ressemble à un palais d'exposition universelle. Dans la banlieue, au travers d'une forêt appartenant à la ville, un hôpital à pavillons isolés est en construction.
Le port de Mannheim, est — bien loin, il est vrai, derrière Ruhrort — le second du Rhin pour les dimensions et le trafic. Son tonnage, de 5ooooo tonnes en 1871, est dix-huit fois plus élevé aujourd'hui. La première idée en a été conçue en 1891. En iSgS, la ville et le gouvernement badeis tombèrent d'accord sur le plan d'installation et les travaux commencèrent en 1897 pour aboutir en 1900 à une inauguration qui consacra en même temps sa liaison avec les voies des chemins de fer badois. Le port d'industrie fut terminé en 1907.
L'ensemble se compose de plusieurs bassins de dimensions inégales : le Miihlauhafen, le plus ancien, qui a 2 kilomètres de long et 120 mètres de largeur, pourvu de trente-huit grues et de six élévateurs à grains, le Bassin de communication entre le Neckar et
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le Miihlauhafen (longueur i 200 mètres), le Binnenhafen, environné d'entrepôts de charbon, de bois et de matières inflammables; une écluse de très faible hauteur le fait communiquer avec le Rhin, le Kaiser- Wilhelmshafen, enfin, le Port d'industrie, creusé dans l'ancien lit du Neckar, autour duquel se dressent de grands bâtiments industriels, les uns en marche, d'autres en construction. L'eau de ce bassin, le plus vaste de tous, est constamment neriouvelée par une dérivation prise au Neckar.
Un pont tournant, lourd de 400 tonnes, mû par une machine de 200 chevaux, s'ouvre à chaque instant, interrompant la circulation sur la rive du Neckar, pour laisser entrer et sortir les trains de bateaux.
Plusieurs fois par jour, un petit steamer de plaisance, partant d'un pont sur le Neckar, promène les touristes à travers la succession compliquée de ces divers bassins. Cet intéressant parcours, sans aucun arrêt, mais fréquemment interrompu par la rencontre de chalands en marche, dure deux heures; après quoi, le vapeur vous dépose sur les bords du Rhin, juste en face de Ludwigshafen qui, dans le palatinat bavarois, fait vis-à-vis à Mannheim, deuxième capitale du grand-duché de Bade.
De là, on voit fumer les cinquante cheminées de la célèbre fabrique de matières colorantes, Badische Anilin und Soda Fabrik,dont je reparlerai. Ludwigshafen possède aussi deux bassins intérieurs, l'un pour la ville, l'autre, réservé au service de la grande usine. Il se manutentionne, à l'heure actuelle dans les ports de Mannheim de 9 à 10 millions de tonnes de marchandises, 2 millions de plus que dans les ports de Marseille.
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Pendant que la ville et l'État creusaient ce port, il as, une société privée allait en établir un autre à S kilomètres en amont, sur un bras secondaire ciu Rhin, qui fut, partie approfondi, partie remblayé, pour attirer des industries; telle est l'origine du port de Rheinau qui se compose actuellement de trois bassins, représentant, avec les bords du Rhin, 10 kilomètres de quais, et a donné naissance à une ville, fondée en 1903. La Compagnie concessionnaire n'hésita pas, à peine le port achevé, alors que sa réussite paraissait encore incertaine, à créer une centrale électrique de 3 600 chevaux pour fournir de la force à des usines à venir. Lorsque le gouvernement badois y relia ses voies ferrées, le port de Rheinau devint propriété de l'État; mais un nouveau consortium privé le racheta en 1906 et, depuis lors, il n'a cessé d'accroître son trafic. Port d'industrie et de commerce, son importance est actuellement de 1 552 000 tonnes.
L'opulente ville de Francfort-sur-le-Mein contemplait, non sans envie, l'envolée de Mannheim. L'émulation qui est de règle entre toutes les places allemandes l'agitait, d'autant plus que ces deux villes, distantes de 40 kilomètres seulement, appartiennent à deux États différents1.
D'ailleurs, son vieux port, le long des rives du Mein était devenu tout à fait insuffisant pour les 1 5ooooo tonnes de trafic de 1906. Des installations plus vastes et plus modernes s'imposaient. Après de