‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 23 sur 68 · LE «HIN QI · texte numérisé non relu

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>ù se fait l'exportation des houilles, fers, machines, produits chimiques et l'importation des denrées alimentaires, du bois et des matières premii -ssaires à ['industrie, soit vers l'hinterland et l'Allemagne du Sud que le bassin rhénan alimente de charbon, de métal et de machi::

La batellerie rhénane se composait en 191 1 de 1 .S14 remorqueurs à aubes ou à hélices et en 1912, de 1 671. Les chalands en bois sont au nombre de 2 547, dont un quart de hollandais et un quart de belges, avec une portée moyenne de i5o tonnes. Les bateaux en fer étaient, en 191 1, au nombre de 7671, et en 1912.de S410, d'un tonnage moyen de 85o tonnes; les plus gros porteurs récemment construits atteignent 3 000 tonnes; on a lancé également des bateaux à voyageurs pouvant contenir 1 000 passagers.

Cette imposante flotte appartient à un grand nombre de firmes dont quelques-unes très importantes, et, pour partie, aux exploitations houillères et aux usines métallurgiques du bassin rhénan westphalien.

La concurrence acharnée que se faisaient entre ellesces diverses entreprises a toujours fait le bonheur du commerce et de l'industrie, mais assez rarement la prospérité des armateurs.

Lancer à jet continu sur le fleuve des chalands de plus en plus vastes, aux formes de mieux en mieux étudiées, puis des vapeurs de plus en plus parfaits, pour lutter contre des concurrents nationaux, belges et hollandais qui en faisaient autant, et voir les frets baisser sans cesse, c'était faire du Rhin la voie la mieux outillée et la plus économique de l'Europe,

mais aussi la moins rémunératrice pour ceux qui l'exploitaient.

L'esprit pratique, discipliné et enclin aux ententes des Allemands y trouva un remède, et c'est de là qu'est née cette institution originale et unique, je crois bien, qu'on appelle la Bourse de la batellerie de Duisbourg.

Le premier projet date de i8ç»5. Les commerçants et industriels ne s'y montrèrent pas hostiles, car tout en profitant des bas prix des transports, ils n'étaient pas sans éprouver dans leurs affaires des perturbations anormales, du fait des fluctuations imprévues que leur occasionnaient des tarifs de combat entre les armateurs.

Seuls les courtiers de transports, alors tout-puissants, s'y montraient réfractaires. On passa outre, car l'État reconnaissait la nécessité de mettre de l'ordre dans cette branche du travail national.

Le ministère des Travaux publics décréta, en 1898, la création de la Bourse de la batellerie rhénane que devait organiser l'administration des ports de Ruhrort, sous la condition que la ville en fournirait l'emplacement.

Le but était de supprimer les courtiers libres, de faciliter les rapports entre les bateliers et les négociants, ou de faire conclure les contrats par des commissionnaires assermentés, d'arriver par là à une diminution des commissions ; enfin d'établir une cotation journalière, officielle et publique, du prix des frets, devant aboutii à des tarifs raisonnables.

L'édifice élégant, qui a été construit à cet effet, s'élève sur le quai d'un bassin au centre de Ruhrort;

I le terrain donné

.'•-.s. 11 se ; cinq cents a . k particuliers, fie trois èces pour l'administration et le secret e de conseil. Les murs sont revêtus de I

lutecture en est fort soignée ; il a été é en 1901.

once d'une fondation aussi nouvelle, on n'a édicté, au début, qu'un règlement provisoire, quitte à le modifier, si l'expérience en montrait la nécessité et le règlement définitif a été promulgué en 1905.

L'exploitation fonctionne sous la surveillance de la Chambre de commerce, qui y délègue une commission spéciale, laquelle constitue en même temps un tribunal d'honneur.

Les divers organes de l'établissement sont : l'assemblée débourse, le conseil débourse, le tribunal d'honneur, le tribunal d'arbitrage, la chambre des commissionnaires.

L'assemblée se compose des maisons de commerce qui donnent du fret et des armateurs de bateaux ; elle élit 24 membres du conseil ; les commerçants en nomment 16 et les bateliers 8 ; tous doivent être Allemands, sauf trois. Le conseil élit un président et deux suppléants. Le contrôle des opérations est assuré par la délégation de la Chambre de commerce.

Pour pénétrer dans la Bourse, tout visiteur doit payer une entrée modique, ou être abonné à raison de 3 marks par an.

On considère que la Bourse de la batellerie rend de très grands services; sa réussite a été complète et

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elle a ajouté à son exploitation un bureau de renseignements commerciaux et économiques que les intéressés mettent assidûment à profit. Les cours du fret pour tout le parcours du Rhin sont publiés chaque jour dans un bulletin et télégraphiés à tous les ports comme des cotes de valeurs.

Ces cours, à l'heure actuelle, ne varient pas suivant les fantaisies d'une concurrence effrénée, mais d'après l'importance du traûc et surtout l'état de navigabilité du Rhin ; ainsi avaient-ils' triplé pendant la période de basses eaux de 191 1.

Voici, à titre d'indication, des prix de transport par grosses quantités, ou chalands complets : entre Ruhrort et Mannheim, 280 kilomètres environ, o mk. 93 par tonne ; entre Ruhrort et Rotterdam, 1 mk. 20 (1 fr. 5o). Je relève le fret d'un chargement complet de bateau de Rotterdam à Mannheim dont la distance est d'environ 600 kilomètres : 1 florin 70 (3 fr. 90) par tonne.

On voit que si la Bourse de Ruhrort a régularisé les prix, ces prix ne permettent pas cependant aux armateurs du Rhin de s'endormir sur le velours.

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