‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 24 sur 68 · CHAPITRE Ul · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ul

Les Canaux

Insuffisance des voies ferrées. — La discussion du canal Rhcin-Herne. — Audace extraordinaire de cette conception. — Son mode d'exécution. — Conséquences économiques. — Le barrage d'alimentation du Rheinland. — Les agrandissements du canal de Kiel. — L'utilisation pratique de la force des marées près de Hamnourg,

Parallèlement au Rhin, les autres fleuves allemands, l'Ems, la Weser, l'Elbe, l'Oder, la Vistule apportent un contingent, moins élevé sans doute, mais toujour croissant à la navigation fluviale '.

Plusieurs canaux déjà anciens complètent le réseau navigable; ainsi Berlin est relié à la fois à l'Elbe par la Sprée et à l'Oder par un canal.

La plus importante de ces artères est le canal de Dortmund à Emden qui, reliant directement le bassin houiller et métallurgique rhénan-westphalien à la mer du Nord, détourne déjà à cette heure 14 millions de tonnes de la direction- de Rotterdam et d'Anvers.

Mais tous les calculs, antérieurement établis pour

». Voir l'Allemagne au travail.

g6 l'outillage

l'écoulement des produits de cette région, ont été déjoués par le fantastique accroissement des exploitations. Tout a été envahi, débordé, submergé par la houille, les minerais et le fer. Vainement on a multiplié les voies ferrées, qui forment là-bas un réseau inextricable, démoli des gares presque neuves pour en construire d'immenses, quadruplé, sextuplé même certaines lignes; rien n'a pu triompher de l'encombrement; le trafic qui était dé 90 millions de tonnes en 1902 est monté à 142 millions de tonnes en 1912, ce qui représente une augmentation de cinq cents trains de cinquante wagons de marchandises par jour, et il continue à s'accroître. On a dû reconnaître que la manutention d'un pareil tonnage, qui n'a son égal dans aucun pays du monde sur un espace aussi limité, dépasse ce qu'on peut atteindre d'une exploitation de chemins de fer, à moins d'y' engouffrer une nouvelle dépense de 700 millions de marks.

C'est alors qu'a été imaginé le projet étrangement hardi de couper tout le bassin de l'ouest à l'est dans sa partie la plus surchargée de puits et d'usines, par un canal partant du Rhin à Ruhrort et aboutissant à Herne, par où il communiquera avec le canal de Dortmund à Emden.

L'historique de cette entreprise montre que les obstacles naturels ne furent pas les seuls qu'elle rencontra.

Une opposition très vive se manifesta au Parlement prussien de la part des provinces de l'Est, à qui cependant on offrait simultanément le canal de Berlin à Stettin et celui de l'Oder à la Warthe, à titre de compensation. Les députés rhénans les acceptèrent

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