CHAPITRE IV
Les Chemins de fer
Leurs allongements annuels. — Les gares récentes. — Une
nouvelle gare au centre de Berlin. — Les aménagements de
e gare de Leipzig. — L'électrincation des voies
es de Leipzig à Berlin. — Le pont de l'île de Rugen.
— Les lignes stratégiques. — Leur effroyable capacité de
transport.
Le réseau de 57000 kilomètres de chemins de fer appartenant aux États confédérés s'accroît normalement d'environ 1 000 kilomètres chaque année et son exploitation donne aux budgets de ces États un appoint sérieux de 6 à 700 millions de marks de bénéfices. Les économistes font remarquer que la propriété des chemins de fer représente en Allemagne une garantie, nullement négligeable, pour les porteurs de titres de la Dette publique, laquelle d'ailleurs va toujours croissant. Cette considération ne semble pourtant pas séduire outre mesure les Allemands, puisqu'ils ne cessent pas de faire grise mine aux emprunts que les États ou les villes multiplient de tous côtés. Chacun préfère porter son argent aux entreprises industrielles.
En dehors des accroissements en longf»l^ur, les
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L'OUTILLAG»
administrations de chemins de fer consacrent des sommes énormes à des réfections, des voies de garage, N des achats de matériel, et surtout des gares nouvelles.
Presque toutes celles du Rheinland ont été reconstruites sur des bases plus largement conçues, au cours de ces dernières années. D'autres encore, les villes de Lubeck, de Metz, de Brunswick, de Stuttgart sorit dotées, depuis peu, de stations monumentales, dont le style présente les exemplaires les plus hardis' — pour ne pas dire les plus téméraires — de la nouvelle architecture allemande.
A Berlin, la principale gare, dite de la Friedrichstrasse, manifestement insuffisante, où, sur une étroite plate-forme, les trains se succèdent à raison de près d'un par minute, est condamnée à disparaître. L'Etat prussien n'a pas hésité à acquérir, au centre le plus recherché de la capitale, plusieurs hectares de terrain, qui représentent je ne sais combien de dizaines de millions, pour créer une gare immense qui réponde aux besoins du service. Tout un quartier en ce moment tombe par morceaux sous la pioche des démolisseurs.
Dans les gares nouvelles qui ne sont pas des terminus, on peut observer la préoccupation assez constante des ingénieurs de rendre indépendants l'un de l'autre le bâtiment proprement dit et la plate-forme qui supporte les voies. De l'édifice placé au niveau du sol de la ville, on se rend à la plate-forme, le plus souvent surélevée, au moyen de tunnels et d'escaliers très larges ou d'ascenseurs débouchant sur les trottoirs qui séparent les voies. Le goût du colossal se donne libre carrière en ces installations.