‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 30 sur 68 · Voir l'A Uemagne au travail · texte numérisé non relu

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II» L'OUTlLtAGB

trottoirs. L'un de ces trottoirs est affecté aux voyageurs, il a 14 mètres de largeur ; l'autre est réservé aux bagages et au service du personnel. Le niveau de ces deux trottoirs est différent, celui des voyageurs est à la hauteur du plancher des wagons, celui des bagages est un peu moins élevé, de telle sorte que la plate-forme des chariots à bagages soit de niveau avec le plancher du fourgon.

Dans cette disposition chaque trottoir de voyageurs ou de bagages dessert deux voies, l'une parla gauche, l'autre par la droite. Tout heurt, tout encombrement est ainsi évité entre les voyageurs et les colrs. Cette organisation est généralement adoptée dans les nouveaux terminus.

On sait qu'en Allemagne la poste et les colis postaux ne sont pas manutentionnés dans les grandes gares à voyageurs. Un bâtiment spécial, plus ou moins éloigné, leur est réservé et les wagons-poste arrivent tout chargés dans les gares, amenés par la locomotive en même temps que les wagons à voyageurs vides. Par là est évitée une des principales causes d'encombrement dans les stations et de retard dans les trains.

En fait de chemins de fer, la dernière innovation de l'Allemagne, sur laquelle tout le monde des techniciens a les yeux tournés, est l'essai d'électrification de quelques grandes lignes.

Déjà certaines exploitations interurbaines de tramways électriques ont adopté des vitesses jusqu'ici inusitées. Les tramways de Cologne à Bonn tiennent tête aux express qui suivent le même parcours. C'est entre Leipzig et Bitterfeid que sont en exécution les

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travaux d'élcctrifiration de la première grande ligne. ii est prochain; il nou rte de

regarder attentivement qBel rn sei.i le résull

» centrale électrique construite à Bitterfeld et alimentée par des lignites à très bas prix produira du courant à haut voltage qui suivra la voie|; des wagons à trolleys, avec transformateurs sur les voitures ellesinême, la parcourront à une vitesse prévue de 200 kilomètres à l'heure. La voie est établie en conséquence et l'effet du réseau de fils qui recouvrent les faisceaux de voies de garage est des plus curieux.

Si l'essai réussit en 1914 sur ce parcours qui n'est que de 2S kilomètres, on étendra ce mode d'exploitation entre Leipzig, Magdebourg et Berlin. On pourra ainsi se rendre en une petite heure de Leipzig à Berlin dont la distance esta peu près celle de Paris à Dieppe.

On parle beaucoup aussi dans les milieux techniques d'un pont qui doit réunir l'île de Rugen à la terre ferme. Cet ouvrage, qui donnera passage à une ligne de chemin de fer, à une chaussée empierrée et à un service de tramways, est en construction; le devis s'élève à 25 millions de marks et ce sera le plus vaste pont de toute l'Europe.

On procède en ce moment au quadruplement de l'une des grandes lignes qui vont de Cologne à Berlin, celle qui passe par Elberfeld. Il est difficile de ne pas voir, dans cette entreprise, une préoccupation stratégique, bien que les moyens de transports de troupes de l'est vers l'ouest soient déjà formidables. Le nombre des lignes, la superficie et la longueur des

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quais d'embarquement dénotent une étude qui se perfectionne d'année en année. Il n'est pas douteux que notre état-major ait pleine connaissance de cette organisation, de même qu'il a dû être informé d'avance de l'augmentation de l'armée allemande par les 233 millions de marks que l'Empire a consacrés à la construction de nouvelles casernes, en 191 1 et 1912 c'est-à-dire avant que le Reichstag ait voté l'accroissement de l'armée.

Je n'ai aucune prétention à l'art militaire, mais comme ingénieur je me permets d'affirmer que la puissance d'écoulement sur les voies ferrées, que j'ai si souvent parcourues à l'occident de l'Allemagne, est terriblement supérieure à celle des voies françaises vers l'est. Les Allemands préparent la guerre exactement comme une opération industrielle de vaste envergure dont ils calculent froidement toute l'organisation. N'interrogeons pas leurs regards pour y lire de la haine. L'homme d'affaires puissant n'a pas de haine pour le concurrent moins fort qu'il s'apprête à ruiner. Ils resteront pacifiques jusqu'au jour où ils croiront le smccès de la mise en train assuré. Ce jourlà, les pangermanistes gagneront tout le pays à leur insatiable convoitise. L'armée et la flotte sont un outillage dont le mouvement général se déclanchera d un seul coup, comme ces grandes écluses des bassins ce Hambourg qu'un bouton électrique ouvre automatiquement. Le fracas des armes nous apprendra, le premier, que le signal a été donné. Alors un véritable Gulf-Stream d'hommes, de canons et de baïonnettes déferlera sur nos frontières. Malheur à nous si notre organisation n'est pas irréprochable ! Quand donc

les chemins dï. rr.a i r 5

ceux qui, ouvertement ou sourde) nent la force

de notre armée, coiup, ils qu'ils jouent avec l'existen ae de la France!

Leur égarement aura toutes les conséquences d'une trahison. Qu'ils nous ramènent le service militaire de deux ans et, moins de deux ans après, les armées allemandes entreront en France.

Toute la question de la paix ou de la guerre se résume à savoir à quel moment le grand État-major allemand jugera qu'il peut mobiliser ses masses sans rencontrer une résistance inattendue; sa seule crainte est qu'il trouve devant lui un chef qui sache ranimer notre patriotisme et diriger avec habileté la furia française. C'est pourquoi les Allemands ont observé avec une attention soutenue, presque avec anxiété, ce que nous avons accompli en si peu de temps au Maroc. L'œuvre de Lyautey excite leur admiration et ils le répètent bien plus haut que nous. Pour des raisons faciles à comprendre, les Allemands appréhendent, autant que les politiciens de chez nous, qu'un chef militaire vraiment digne de ce nom se dresse sur la France.

De cette mentalité, nous devons tirer deux conclusions. Quelle que soit la perfection de l'outillage, il faut un chef pour le conduire, et quel que soit ce chef, si l'outillage est mauvais, la défaite ne peut être évitée.

CHAF1TRE V

Le Deutsches Muséum

Une vaste conception. — L'histoire en action du travail humain. — Le logis provisoire du Deutsches Muséum. — Le palais définitif. — L'empereur l'inaugure. — Les libéralités abondent. — Apothéose des savants allemands. — Le Français invente. — L'Allemand en profite. — Conférences et voyages d'instruction. — Le Werkbund. — La bière à Munich.

En igo3, une personnalité en vue de Munich eut la pensée d'y fonder un musée des sciences naturelles et techniques qui serait une histoire vivante de l'esprit de recherche et d'invention de l'homme dans tous les temps et dans tous les lieux, et au milieu duquel s'élèverait un hall d'honneur consacré à ceux qui ont illustré la culture moderne. Source de connaissances nouvelles pour l'érudit, d'idées fécondes pour les techniciens, d'enseignement pratique pour le peuple.

Une telle conception, qui eût passé ailleurs pour une chimère irréalisable, séduisit les cerveaux allemands. L'association des ingénieurs lui donna son patronage, les autorités les plus hautes de l'industrie y apportèrent un concours effectif ; on forma aussitôt an comité composé de plusieurs centaines de noms

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conm our collaborateurs à cette œuvre

des spé toutes les branches et,

! 1 tin de la môme année, on commença à réunir

dans des locaux provisoires les premiers éléments de

la future collection.

Une ancienne caserne désaffectée et un vieux musée abandonné furent peu à peu remplis d'une quantité innombrable d'objets et l'inauguration officielle eut lieu le 2 janvier 1906.

Les salles ouvertes depuis lors au public occupent i3 000 mètres carrés. Une rapide énumération ne saurait en donner qu'une bien faible idée, mais elle peut faire comprendre le principe qui y a présidé.

La première partie est consacrée à la connaissance souterraine de la planète sur laquelle l'humanité s'agite, la géologie. Mais ici, contrairement à l'ordre suivi dans la plupart des collections, pn n'a pas représenté l'histoire de la terre, mais la connaissance progressive de cette histoire; on montre, par exemple, en images ou en relief , les théories successives sur les éruptions volcaniques et leurs causes, sur la formation des montagnes, le rôle des agents atmosphériques, l'eau, l'air, les glaces; puis on dépeint, toujours par les mêmes procédés, les transformations des opinions reçues, suivant le cours des siècles, pour arriver au développement et aux certitudes de la science moderne.

Et, comme suite à ces découvertes, nous voyons exposés tous les instruments que l'ingéniosité et la technique ont imaginés pour étudier les phénomènes, les appareils de mesure des tremblements de terre, les progrès successifs des cartes géologiques et minières, la repré-

xi8 l'outillage

sentation de l'histoire des exploitations souterraines, les localisations des minerais et des combustibles, ces minerais eux-mêmes, le forage des puits et le percement des galeries et les extractions dans tous les temps, puis les procédés perfectionnés, l'aération, les machines d'exhaure pour l'eau, un modèle en miniature de l'installation d'une mine, qui sera installée ultérieurement, en grandeur naturelle, dans les sous-sols du monument définitif.

Plus loin voici les fonderies, les forges, la sidérurgie de tous les métaux, depuis les origines jusqu'à nos jours, et tous les procédés par lesquels ces opérations ont abouti à la technique d'aujourd'hui. Tout est figuré par des plans en relief, des dessins, des modèles et des échantillons.

Viennent ensuite les divers moyens de discipliner les forces naturelles, les roues hydrauliques et les turbines, les moulins à vent, la marmite de Papin, les plus vieilles machines à vapeur, dont on s'est procuré maints exemplaires originaux, les hémisphères d'Otto de Gericke, le célèbre bourgmestre de Magdebourg,enfin les innombrables machines et moteurs modernes.

Les moyens de transport occupent une place considérable et sont divisés en trois groupes: i* les appareils à force vivante, brouette, chaise à porteur, vcutures, traîneaux, diligences ; 2'leschemins de fer et les automobiles avec tous les instruments que leur service met en œuvre, depuis la locomotive de Stephenson (authentique) jusqu'aux signaux et aux aiguillages, sans oublier les premiers véhicules automoteurs de Serpollet, de Daimler et de Benz ; 3° la traction électrique.

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Les col] jue et d'astronomie renfer-

dont ces sciences font usage; >>n voit là le télescope d'ilcrschell, les appareils origitlié, la copie des instruments imaginas par Galilée. Des cartes astronomiques de toutes les époques; un observatoire complet muni de tous ses instruments optiques et mécaniques ; la géodésie et son matériel de précision.

Les mathématiques donnent carrière à une riche exposition de tableaux, de dessins, de photographies et de représentations graphiques et géométriques.

Dans la linématique, nous voyons, côte à côte, un modèle des balances usitées chez les anciens Egyptiens, les romaines et les plus récents trébuchets de précision.

L'optique, avec les instruments à l'aide desquels furent découvertes les lois de la lumière. Des lunettes, des microscopes, l'analyse spectrale, la structure de l'oeil, de ses défauts, de ses maladies.

Les mêmes développements sont donnés à la météorologie, à la chaleur, à la théorie des ondes lumineuses, calorifiques, sonores.

L'acoustique présente une collection particulièrement intéressante d'appareils de démonstration, de mesure et d'instruments de musique de tous pays, jusqu'aux phonographes et aux gramophones.

Trois des salles les plus spacieuses sont consacrées à l'électricité et au magnétisme.

La chimie et l'industrie chimique offrent un assemblage imposant d'appareils et de modèles d'usines, parmi lesquels les matières colorantes sont les plus largement représentées.

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Les grandes découvertes de Lavoisier, de Leblanc

et de Solvay montrent ce qu'est devenue la chimie moderne, après la période empirique de l'alchimie. Et à cet égard l'une des curiosités caractéristiques du musée est la reconstitution complète avec ses réactifs, ses cornues et ses fourneaux, du laboratoire d'un alchimiste au seizième siècle ; sur des étagères sonf disposés des bocaux renfermant toutes les drogues connues à cette époque.

Tout de suite après, voici le laboratoire de Liebig (1839) qui a servi de modèle ou de type à tous les laboratoires modernes.

L'électrochimie, cette science actuellement si fertile en découvertes, nous est présentée au grand complet.

Dans la salle de l'écriture, nous apparaissent d'abord les signes sur les silex ou les os taillés, les inscriptions cunéiformes, les hiéroglyphes, les tablettes en pierre, en plomb, en cire et les stylets, aux différents âges, jusqu'à la découverte de Gutenberg, les premières presses et finalement la machine à écrire, à la suite de laquelle se succèdent toutes les phases de l'art, inauguré par Daguerre, de la photographie.

Et la mesure du temps, les cadrans solaires, la clepsydre, le sablier, les fabriques d'horlogerie de la Forêt-Noire.

En poursuivant la visite, on parvient dans l'immense domaine des industries textiles, filature, tissage, et des matières premières diverses.

Dans la section de l'agriculture et des produits agricoles, chacun s'arrête devant un champ labouré (en réduction) dans lequel travaillent tous les instru-

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ments aratoires dont l'homme s'est servi, depuis la pièce de bois épointé poussée par un ménage préhistorique, jusqu'à la charrue à traction électrique. Puis se profilent les modèles des diverses industries agricoles.

On n'a eu garde d'oublier à Munich la miniature fidèlement reconstituée de la brasserie de Spatenbràu en 1812.

Une journée entière ne suffirait pas à regarder un à un- les modèles qui représentent la navigation : les galères carthaginoises et les bateaux des Wikings, les gondoles de Venise et la nef de Christophe- Colomb, les grands voiliers de la Hanse et les géants actuels qui sillonnent les océans, sans compter la marine de guerre ancienne et moderne, qui a été installée directement par les soins du ministre de la Marine de l'Empire. Rien de ce qui la concerne n'a été oublié, ni les phares, ni les instruments de sondages, ni les mesureurs de vitesse, ni les installations de ports, de docks, de chantiers. On y voit le modèle en relief des ateliers Blohm et Voss, offert par eux.

Tel est le schéma de la collection qui encombre l'ancien musée ; ce qui suit a trouvé place dans la caserne ; ce sont plus spécialement les applications industrielles des sciences, matériaux de construction, travail des métaux, organisation des services publics, ponts, routes, canaux, tunnels, aménagements des villes, usines à gaz, à eau, à électricité. L'industrie de l'éclairage public et privé a un développement extraordinaire.

La section de l'habitation réunit les modèles de tout

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ce dont l'homme s'est servi pour s'abriter, depuis la caverne des primitifs jusqu'aux palais et aux palaces modernes. Cette partie, peut-être la plus féconde en enseignements pratiques, s'étend longuement sur les conditions nécessaires des demeures actuelles que la science prescrit.

Tout ce qui concerne le chauffage, l'éclairage, l'aération, l'aménagement des eaux pures ou souillées, l'hygiène, y est minutieusement présenté. Dans une des salles, on a construit côte à côte deux immeubles, l'un chargé de toutes les tares d'insalubrité qu'on a pu imaginer, l'autre répondant aux conditions de l'hygiène et du confort le plus raffinés^. Ah ! combien de bâtiments actuels trouveraient là plutôt leur condamnation que leur apothéose !

Enfin la surprise à laquelle on n'aurait pu s'attendre : un étage entier réservé à la conquête de l'air.

Dans cette section se trouve une riche collection des divers animaux organisés pour voler, qui ont servi naguère de modèles aux premiers pionniers de l'aviation. Plus loin, l'invention des ballons libres et captifs et leur adaptation ancienne aux reconnaissances militaires.

On a exposé là un curieux appareil de démonstration. Dans une vaste hotte vitrée est une montgolfière en papier, maintenue verticale par des boucles, fixées à ses flancs, lesquelles coulissent le long de quatre tringles verticales. Sous la sphère ouverte par le bas, est un réchaud allumé qui chauffe l'air emmagasiné dans le ballon ; celui-ci ne tarde pas à monter jusqu'au sommet de la hotte. En cette position, l'air qu'il con-

LE DEUT.8CHES MUSEUM liS

tient, étant leur, se refroidit,

lion redescend: de nouveau l'air se réchauffe et i ireil remonte, et ainsi de suite tant que le réchaud allumé. On ne saurait mieux démontrer à des •.nts la théorie de ration.

Le groupe des différents dirigeables est largement représenté : dirigeables rigides et dirigeables souples.

Puis les aéroplanes, et tout d'abord l'appareil du précurseur Lilienthal, la série des inventions de l'explorateur australien Hargraves; les cerfs-volants; enfin les aéroplanes actuels de Farman, Wright, Blériot, etc.

Tout autour de ces grands oiseaux artificiels, sont exposés leurs moteurs, leurs ailes, leurs hélices et leurs engins de manœuvre. Comme bien l'on pense, cette section s'enrichit chaque jour de pièces nouvelles.

Pour un Français qui passe à travers ce prodigieux amoncellement de reliques ou de nouveautés, un sentiment d'orgueil se mêle à beaucoup de regrets. A l'origine de la majorité des découvertes brille un inventeur français ; puis, le plus souvent, son application ou son développement ont pris le chemin de l'étranger, et encore les Allemands n'ont-ils pas au sujet des inventeurs authentiques rendu à César, ce qui est à César.

Il est visible qu'ils ont voulu avant tout accumuler les trophées de la science et de la technique germaniques, et c'est ce sentiment d'orgueil national qui a engendré la fameuse salle d'honneur où sont réunies,

comme, en d'autres musées, les gloires militaires, les statues ou portraits de tous les hommes — pourvu qu'ils fussent Allemands — qui ont illustré l'art, la science ou la technique. Derrière chaque figure, sur la muraille, leur biographie et leur œuvre est gravée en une longue page de marbre, et l'on n'aura point écrit une phrase creuse si l'on affirme que là se révèle aux plus aveugles le véritable caractère de la mentalité allemande de nos jours

Il ne serait pas hors de propos de lui rappeler que dans la genèse des inventions, le labeur acharné apparut rarement comme le facteur initial ; le hasard fut maintes fois un maître, et l'intuition du génie un plus grand maître encore.

La tradition nous rapporte que la pourpre a été découverte par le chien d'un pêcheur tyrien. Quelque trois mille ans plus tard, Verguin, ayant laissé un samedi, dans son laboratoire, un flacon rempli d'une mixture quelconque, fut tout surpris, le lundi matin, de la voir teintée d'un rouge magnifique: il avait fortuitement obtenu la fuchsine, la pourpre moderne.

Mais à côté du hasard, que de découvertes sont dues à un éclair génial ! C'est Galilée regardant osciller les lampadaires de ]a cathédrale de Pise et en déduisant que la terre tourne ; c'est Newton que la chute d'une pomme conduit à découvrir la gravitation universelle; c'est Papin qui, considérant le couvercle de sa marmite soulevé par l'ébullition de l'eau, est amené à imaginer la machine à vapeur.

Un jour, Claude Bernard, à l'amphithéâtre de mé» decine, passant à côté de débris de viscères humains,

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