‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 32 sur 68 · II · texte numérisé non relu

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(Ci du D. M.)

Le nouveau Palais du Deutsches Muséum.

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l'industrie et les particuliers apporteront tous les subsides nécessaires à son achèvement.

jà la grande industrie a tenu à honneur de meubler les salles d'innombrables appareils sortis de ses ateliers; certaines firmes du pays et même beaucoup de maisons allemandes installées à l'étranger ontenvoyé des éléments de matériel d'une précieuse valeur et l'on peut dire que tout ce qui est d'actualité est fourni gratuitement au musée.

Car tout ne sera pas terminé quand on aura mis la dernière main à l'établissement. Le Deutsches Muséum devra être non seulement administré, classé, enrichi, entretenu, surveillé, mais exploité ; c'est le mot dont se sert le rapport, c'est-à-dire que tous les appareils, anciens ou modernes, devront pouvoir, s'ils en sont susceptibles, être mis en marche. On prévoit pour ces divers objets un budget de 400000 marks, dans lequel ne sont pas compris l'eau, le gaz, le chauffage et l'électricité que la ville de Munich fournira gratuitement, à toute heure du jour et jusqu'à une heure avancée de la nuit. Poiyr couvrir ces dépenses futures, de nouvelles listes de souscription circulent perpétuellement.

Le comité d'administration, présidé par le prince régent de Bavière qui tient à honneur d'ouvrir en personne les assemblées annuelles, comprend, en même temps qu'un petit nombre de fonctionnaires, la plupart des grands noms de l'industrie, de la science ou de la technique allemandes : Les Duisberg, d'Elberfeld; les Blohm, les rmann, de Hambourg; les

Krause, les Teu; id. Wolle, les Sack, de

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Leipzig; les Lanz, de Mannheim ; les Herzberg, les Berliner, lesBorsig, de Berlin; les Goldsmid, d'Essen; les Wolff, de Magdebourg; les Bruning, d'Hôchst ; les Diesel, de Munich; les Zeppelin, etc., etc.

Il n'entre pas dans leur pensée de faire d'une telle institution un simple objet de curiosité pour des touristes ou d'admiration pour des dilettantes; ils veulent que ce soit une œuvre utile, une matière à documentation et à enseignement.

Des professeurs d'universités ou des techniciens, des ingénieurs, des spécialistes de tous .ordres sont désignés pour y faire des conférences suivies et régulières, les unes à l'usage des personnes instruites, les autres à la portée des intelligences populaires.

Pour en faciliter la fréquentation aussi bien que la visite des collections et le travail dans la bibliothèque des réductions de prix sont demandées aux administrations de chemins de fer.

Déjà y sont accourus des groupes d'étudiants de tous les pays, puis des associations d'ouvriers suisses, autrichiens, russes.

On a décidé de fonder une caisse spéciale, pour défrayer de ces coûteux voyages, les visiteurs pauvres. Guillaume II s'est inscrit le premier pour 4 000 marks et naturellement toutes les grandes sociétés industrielles l'ont suivi ; les Krupp ont donné io5oo marks; les établissements Bayer, io5oo; Blohmet Woss, 3 000: Meister, Lucius etBruning, 4 5oo; laBadische Anilin, 6000; l'Association des ingénieurs allemands, 6000, etc., etc. Nombre de villes ont également souscrit de fortes subventions. Bref le capital de cette fondation s'est ; bien vite élevé à 280000 marks.

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OÙ sera le Deutsches

Muséum ; se pas 10 millions de mark

son i; é, c'est que tous ceux qui y ont colla-

boré : architectes, entrepreneurs et fournisseurs de matériaux se sont engagés à travailler sans aucun bénéfice. Les chemins de fer ont exécuté tous les transports gratuitement; chacun a fait assaut de zèle en faveur de l'œuvre patriotique.

Au cours de la construction, le comité administratif a envoyé aux États-Unis une commission chargée d'étudier ce qui avait été créé de semblable dans les grandes villes américaines et de s'inspirer au besoin de leur expérience. Cette démarche confirme la remarque, bien souvent faite, que les Allemands n'apprécient plus dans le monde, au point de vue industriel, que deux peuples, eux et les Américains du Nord. Vis-à-vis de ces derniers, leur estime se hausse jusqu'à la crainte et jusqu'à l'envie. J'ai lu tout dernièrement, dans une revue allemande, un -article d'un professeur de Leipzig qui déplorait l'accaparement par les États- Unis de tous les objets rares ou utiles aux collections. Il terminait en déclarant que, si ce mouvement continue, tout ce qu'il y a d'intéressant en Europe aura dans quelques années traversé l'Atlantique.

Un tel cri d'alarme s'explique très naturellement de la part de gens résolus à ce que rien ne manque au Deutsches Muséum de ce qui est jamais sorti de la main des hommes.

Si l'on compare le Deutsches Muséum à l'établissement similaire que nous avons en France, le Conserz :vatoirc des Arts et Métiers^ on reconnaîtra que nos

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collections sont plus riches et plus soignées jusque vers la fin du dix-neuvième siècle ; puis, à partir de cette époque, il y a chez nous une éclipse, comme si un génie malfaisant avait subitement mis la technique industrielle au cran d'arrêt, au moment même où les inventions industrielles étaient plus abondantes que jamais ; ce génie malfaisant, c'est le manque de place. Le Conservatoire est bondé. Dès lors, ou bien nous nous laisserons définitivement distancer par les Allemands, ou bien il faudra continuer en un autre local le classement des objets nouveaux qui gisent dans les greniers.

Une remarque identique pourrait s'adresser à nos autres établissements scientifiques : Sorbonne, Ecole Centrale, Muséum, etc. ; nous avons le tort de les construire inextensibles, comme si la science ne devait ni évoluer ni s'accroître.

Une dernière observation. Tandis que toutes les pièces du Conservatoire reposent immobiles et silencieuses sous des vitrines, le Dsutsches Muséum s'est dor aé pour tâche de les présenter en action. Chaque appareil est appelé à fonctionner.

A tout visiteur qui passe, une notice très apparente indique quelle manœuvre il doit faire pour mettre en mouvement l'appareil. Au besoin, il appelle un gardien pour l'y aider. Dans le musée définitif, un grand nombre de machines seront perpétuellement en marche.

Ainsi guidée, la visite du Deutsches Muséum est une leçon de choses qui ne saurait manquer d'être comprise et c'est ce qu'ont voulu ses fondateurs.

On sait que Munich est le centre artistique de l'Aile-

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ie ; ses musées, bien qu'inférieurs à ceux de Dresde et de] isés parmi les plus remar-

quables de L'Europe. Les artistes de tous genres se donnent volontiers rendez-vous d.uis [a capitale de la

ère.

C'est elle qui, en 1907, a pris l'initiative de foncier une association qui peut exercer une action salutaire sur l'art industriel de l'Allemagne. Depuis lors, la Prusse a réussi à transporter à Berlin le siège du Dentsches Werkbund.

On désigne sous ce nom une réunion d'hommes qui se sont donné pour but de hausser le niveau du travail national en assurant la collaboration plus intime de l'industrie, de l'art et du travail manuel, au moyen d'une instructionsupér'^ure, de conférences fréquentes et de publications appropriées.

La cotisation, comme dans beaucoup d'associations similaires, est variable, avec un minimum de 10 marks par an. Le nombre des membres était de 1 35o en 191 3. Leur admission est soumise à une présentation officielle par des parrains. Ils font imprimer un bulletin annuel et des publications artistiques très soignées, et, par tous les moyens, multiplient les contacts entre les personnalités appartenant à l'art et à la technique.

Le Werkbund a décidé, en 1912, d'organiser pour 1914 à Cologne une exposition qui montrera ce que le travail, associé à l'art allemand, estcapable d'exécuter. Le gouvernement impérial et les États confédérés apportent à cette œuvre de précieux encouragements. L'exposition s'ouvrira sur la rive droite du Rhin où elle couvrira 20 hectares. Les sommités industrielles

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et artistiques de l'Allemagne lui ont promis leur concours et leur collaboration.

Il est opportun de signaler à nos compatriotes cette occasion d'étudier les manifestations de l'art allemand, dont les résultats ne sont certes pas toujours heureux, mais qui ne cesse de rechercher des voies et des" solutions nouvelles, au lieu de s'immobiliser dans la répétition du passé.

On ne saurait quitter Munich sans s'attarder à la Brasserie à qui elle doit sa célébrité dans le monde.

Les fabriques de bière y sont à la fois nombreuses et importantes. On attribue volontiers la supériorité incontestable de leurs produits à la pureté de l'eau dont elles font usage. Il faut y ajouter la sévérité des lois et règlements à l'aide desquels l'État bavarois prévient ou punit toute adultération. Un brasseur munichois qui serait convaincu d'avoir mis dans la bière autre chose que de l'orge et du houblon se trouverait à peu près sûrement ruiné par les pénalités qu'il encourrait.

La plus considérable des brasseries de Munich est la Lœvenbrœu, qui fabrique au jour le jour 4500 à 5 000 hectolitres. Pour cette énorme production, il lui faut 12 machines à vapeur représentant 2000 chevaux, 3ooooo kilogrammes de glace, 1000 ouvriers; elle possède i5o wagons frigorifiés et i3oooo fûts. L'eau dont elle se sert pour le brassage provient d'un puits de 201 mètres de profondeur qui lui en fournit 1600000 litres par jour; en plus de cette quantité, il lui faut encore 5 000 mètres cubes d'eau ordinaire.

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Son capii ! i j millions et demi (valant en

bourse 45 millions); elle paye à l'État plus de 2 millions et demi d'impô

met avec 3ooooo hectolitres p. Jiorr , VA

•bwz.'i, la Salvador, la Tkomasbrcru, VHackerbtaut YUnionsbrauerei, VEàetlbrau, la Kochelbrceu, etc., etc.

Puis, par-dessus toutes, se dresse la Hofbrœu (la Brasserie royale), fondée, il y a trois cents, ans, par un électeur de Bavière et qui a conservé jusqu'à nos jours sa supériorité.

C'est dans l'un des trois immenses établissements où elle la débite à Munich, qu'il faut aller la savourer et contempler en même temps ce type qu'on ne rencontre que là : l'homme dont une partie de l'existence se passe à boire de la bière.

Naguère la production de la Brasserie royale était limitée à 70000 hectolitres (1900) et comme, pour l'avoir meilleure, on la consomme au fur et à mesure, tel jour arrivait où la bière manquait! Pour les habitués, c'était le désespoir ; aussi fallait-il voir les regards mauvais dont ils accueillaient les étrangers de passage qui venaient boire leur bière. Aujourd'hui, la production a été portée à 140000 hectolitres (191 1) et les buveurs sont rassurés.

Ces beuveries de bière sont un sujet inépuisable de lazzis et de caricatures qui ne sont pas toutes d'un goût académique. La bière de Munich vaut mieux que les plaisanterie." qu'elle inspire.

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