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à sa résidence était le même qu'au temps de Louis- Phi i-ippe. Voilà qui est regrettable sans doute pour le bien-être des ces honorables serviteurs du pays, mais plus encore pour la dignité du pays qu'ils servent.
Sur divers points de l'empire, quelques Français ont créé des industries ou dos maisons de commerce importantes. J'ai cité les houillères Frédéric-Henri, le comptoir Sylvain à Hambourg; je pourrais nommer encore la Compagnie de Saint-Gobain avec ses usines de Mannheim-Waldhoff et de Stolberg, l'importante firme Lorilleux à Leipzig. Une des plus puissantes maisons lyonnaises de soieries, la firme Montessuy, a fondé à Berlin une vaste fabrique de tulle et de crêpe. Quelques ingénieurs se sont fait de belles situations.
De plus, un certain nombre de maisons françaises ont en Allemagne des représentants attitrés, trop souvent allemands eux-mêmes. Quelques journaux de Paris entretiennent des correspondants en Allemagne.
En dehors de ces situations, presque toutes prospères, on recherche les Français pour des emplois moins déceratifs, mais rémunérateurs, de cuisiniers, de tailleurs, de coiffeurs, etc. Malgré tout, nos nationaux forment un chiffre bien modeste. A Berlin, qui ea compte le pkis, il ne dépasse pas 5go personnes.
Vient ensjaite un nombre plus élevé de jeunes gens, étudiants, volontaires dans les maisons de commerce, ou dilettantes venus pour se perfectionner dans la connaissance delà langue. La plupart se cantonnent dans les villes de la vallée du Rhin, mal à propos d'ailleurs,, v'sur la langue française y est si répandue
LES FRANÇAIS IN ALLEMAGNE- a(vî
que l'étude de l'allemand en pâtit. D'autres vont Munick, à Hambourg, à Berlin ou à Leipzig.
Enfin la classe, intéressante, mail limitée, des touristes, dont la majorité se contentent de traverser l'Alsace et la Forêt-Noire, ou de descendre le Rhin fie Mayence à Cologne; après quoi ils rentrent avec fierté, racontant qu'ils ont visité, quelques-ans même, découvert l'Allemagne. Si peu qu'ils en aie«t vu, lewrs impressions sont toujours curieuses à noter. Depuis bien longtemps, je n'en ai rencontré aucun dont les idées préconçues n'aient pas été bouleversées.
Ces voyages, il serait plus exact d'écrire, ces simples tournées, leur sont plus instructives que tous las livres qui peuvent leur tomber sous la main. Chose vue et chose lue sont d'un relief bien différent. Nos touristes sont malheureusement trop clairsemés pour exercer une favorable influence autour d'eux, et leur déplacement trop court ne leur laisse pas une impression assez durable.
Le Journal d' Allemagne , que j'ai cité dans ma préface, rédigé par des Alsacien* amis de notre patrie, dont le but est, sinon de réconcilier les deux nations, du moins de multiplier entre elles les contacts courtois, a pris l'heureuse initiative d'organiser pendant la belle saison des voyages collectifs à bon marché entre la France et l'Allemagne et réciproquement. Son idée a réussi. La randonnée, d'une semaine, comporte tantôt Paris-Berlin-Hambourg, tantôt Paris-Leipzig- Berlin et retour. Un des rédacteurs du journal se met au service des touristes à leur entrée en Allemagne, les débarrasse du souci des contingences matérielles et