‹ Les derniers ValoisChapitre 27 sur 47 · G LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

G LE CLERGÉ

jusqu'au 29 mars 1577, que fut nommé Geoffroy de La Marthonie. On peut écrire l'histoire et se tromper.

Busbec, ambassadeur de l'empereur, écrivait dans une de ses lettres, en 1583 : « les rois de « France s'attribuent le droit de conférer les « bénéfices, et Ton voit des soldats, des enfants, « même des femmes jouir des revenus des « évôchés et des abbayes; sur quoi on a mis en « délibération s'il ne serait pas mieux de réta- « blir les choses à leur première institution et de « laisser la liberté des élections; mais il a été « conclu que cette liberté des élections a tou- « jours été sujette à tant de dépravations qu'il « n'y a point de raison que le Roi se dépouille « d'un droit injustement acquis, mais que, « laissant les choses dans le même état, le Roi « devait donner son attention à ne conférer « les bénéfices qu'à des personnes de probité, « capables de les remplir ». Le projet reçut son exécution par le règlement du 1er janvier 1585. « Sa Majesté déclare sa volonté estre « que dorénavant et vaccations advenant des « archevêchés et évêchés, elle ne veut y estre « pourveu que des personnes de Testât ecclé-

« siaslique, dignes et capables auxquelles

« la provision ne sera point expédiée, qu'aupaa ravant il n'ait esté informé par le grand « aumônier ou autre prélat que S. M. voudra « députer, de leur bonne vie, mœurs et religion « catholique, apostolique, et romaine, et de leur

« suffisance et capacité, et qu'ils aient atteint « Tâge de vingt sept ans ».

dérègle ment justifie l'existence des abus dont se plaignent, les contemporains cités; mais Henri III, pour les avoir laissés subsister pendant presque tout son règne, pouvait invoquer l'excuse que ses prédécesseurs n'avaient rien lente pour les faire disparaître. Cela remontait loin puisque Hugues le Grand, père de Hugues- CapeL est souvent désigné sous le nom de Hugues l'abbé, parcequ'il avait l'administration des riches abbayes de Saint-Denis, de Saint- Martin de Tours, de Saint-Germain-des-Prés et de Saiiit-Iliquier. Les seigneurs laïques, qui touchaient les revenus des monastères et en exerçaient les droits seigneuriaux, laissaient l'administration a un moine appelé doyen ou prieur. Quand les rois voulurent s'emparer des riches bénéfices dépendant des abbayes, ils en mirent un grand nombre en commande, c'est à dire en garde, en administration provisoire, jusqu'à la nomination d'un titulaire. Le laïque que le Roi gratifiait, prenait le nom d'abbé commendataire et ne résidait pas. Il était suppléé par le Prieur que l'on appelait aussi Custodinos. Bussy d'Amboiseavaitdeux abbayesen commande. Le poëte Ronsard était abbé de Bellozanne,et Philippe Desportes abbé de Bonport. En mai 1582, Jean Bailly, président descomptes à Paris, meurt dans son abbaye de Bourgueil, qu'il avait achetée 18,000 écus à M. de Cimier,

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