LE CLERGÉ
favori du duc d'Anjou. Après sa mort, cette abbaye fut donnée à Fervaques, gentilhomme normand, autre favori du même prince, qui avait déjà l'évêché de Lisieux.
Lippomano s'occupe ensuite des cérémonies du culte, puis des grand actes de la vie humaine, les baptêmes, les mariages et les inhumations, auxquels le clergé préside :
« Les cérémonies religieuses, dit-il, sont les « mêmes qu'en Italie, sauf qu'elles paraissent « célébrées avec une dévotion mieux sentie. Le « peuple se mêle aux prêtres dans les églises « et aux moines dans le chœur des abbayes, « et chante avec eux dnns toutes les paroisses, « ou fait, les jours de fête, une procession « autour de l'église ou dans le cloître. Souvent, « dans la même église, on chante trois grand'- « messes à trois chœurs à la fois. Les prêtres « ordinairement revêtent et dépouillent leurs « ornements sacerdotaux à l'autel même, sauf « dans les messes solennelles. Après les vêpres, « dans toutes les paroisses a lieu une cérémonie, « qu'on appelle salut à Notre Dame, ce qui ne « se fait pas en Italie. Lorsqu'on porte le Saint- « Sacrement dans les rues, on ne le fait pas « avec le respect convenable : personne ne « raccompagne et l'on s'agenouille à peine « quand il passe. A la fête de Noël, on ne chante « pas une grand'messc à minuit, mais on dit « trois messes basses, comme on le fait le matin « même; après lesquelles chacun retourne chez
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« soi, et, sans attendre le jour, mange, s'il veut, « de la viande sans scrupule de conscience, « Tous les jours de fêtes, on fait un grand païn « rond et doré, qui coûte quelquefois douze u « quinze écus; après l'avoir fait bénir, on le k rompt en petits morceaux et on le distribue « aux fidèles. Pour les aumônes en faveur « des pauvres, on a un moyen que je trouvr « admirable. Les grandes dames vont, chacune « à son tour, avec une coupe d'or ou d'argent « quêtant dans l'Eglise. Les cérémonies de la v Semaine Sainte sont comme chez nous. »
Pour les baptêmes, les mariages et les enterrements, ils se font, dit Lippomano, avec une pompe appropriée au rang du personnage.
« Beaucoup de cérémonie s'il s'agit des riches « et des puissants de ce monde, moins que « rien pour les déshérités de la fortune, de la « naissance et du pouvoir. » La constatation n'était même pas à faire ; c'est dans le monde entier l'histoire qui se renouvelle et se perpétue.
La célébration du mariage donne lieu à une triple cérémonie. « Les futurs en présence des « parents se donnent la main : ceci s'appelle les « accordantes. Puis viennent les fiançailles. Les « futurs et les parents vont le soir à leur « paroisse; là, ils notifient leur accord et le « renouvellent, et ils prient le curé de publier « le mariage et de demander, selon la coutume, « si quelqu'un n'y connaît pas quelque empè-