‹ Les derniers ValoisChapitre 29 sur 47 · LB CLERGÉ · texte numérisé non relu

LB CLERGÉ

« chement. La troisième cérémonie, qu'on « appelle les épousailles, se fait tout comme en <( Italie, seulement l'époux ne peut pas entrer à « l'église sans donner une aumône. Les gens « du peuple pratiquent une autre cérémonie « qui est fort commode. Après le mariage, ils « donnent un diner auquel ils invitent parents « et amis, mais principalement ceux qui peu- « vent donner le plus. Avant de se mettre à « table, en offrant l'eau aux convives, on leur « présente un bassin, ou deux au plus, selon leur « nombre, dans lesquels chacun dépose de l'arec gent, ou tout autre présent destiné aux époux. « Ceci se renouvelle quand le diner est fini, au « moment de se lever de table. Les fiancées « portent les cheveux flottants sur les épaules, « attachés sur le front avec une couronne de « perles ; la robe est de drap ; les bourgeoises « la portent avec des bandes de velours noir, « les manches ouvertes et pendantes jusqu'à « terre et doublées de velours noir; les femmes « nobles et les princesses s'habillent comme « elles veulent. Le compère de Charmeur ne « donne aucun présent à la commère et n'en « reçoit pas d'elle. » Il s'agit ici certainement du garçon et de la demoiselle d'honneur.

Pour les enterrements, les femmes n'y assistent presque jamais, ou du moins, elles ne suivent pas le corps. « Si le mort appartient à une « grande famille, ou bien si c'est une personne « marquante, on en donne avis au curé de la

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« paroisse. Alors six, huit et même douze « membres des confréries religieuses, vêtus de « longs habits noirs, avec un capuchon sur les « épaules, parcourent les rues en agitant une « clochette et en criant le nom du défunt, afin « que les fidèles se rassemblent pour accompa- « gner le corps à l'église. Le matin, on chante « la messe et les offices des morts. Au moment « de l'offrande, à la grand'mease» trois de ces « confrères apportent h l'autel, le premier un « flambeau, l'autre, deux ou trois pains de fro- « ment, le troisième, un vase rempli de vin. « Puis les parents viennent un iï un offrir on « petit cierge. »

Denrées et Comestibles,

Ceci pourrait être intitulé : Comment les français se nourrissent. A en croire Lippomano, nos aïeux du xvie siècle auraient été de véritables Gargantuas, « très désordonnés dans leur ma- « nière de manger » et faisant quatre ou cinq repas par jour. Peu de pain et de fruits, mais beaucoup de viande, d'ailleurs « bien rôtie et « assaisonnée». Ce qu'on préfère, c'est la pâtisserie « c'est-à-dire la viande cuite dans la pâte», autrement dit les pâtés et les fritures. Aussi Lippomano afïirmc-t-il que Ton trouve non seulement dans les villes, mais dans les villages, des rôtisseurs et des pâtissiers, autrement dit des gens qui vendent des viandes cuites dans la pâte. Ce qui lui semble incroyable, c'est que « un chapon, une perdrix, un lièvre, coûtent « moins, tout apprêtés, lardés et rôtis, qu'en les « achetant au marché ou dans les environs de « Paris. » Il se l'explique par le prix inférieur que rôtisseurs et pâtissiers doivent payer en achetant en gros ce qu'ils revendent en détail.

L'ambassadeur passe ensuite en revue tous les comestibles, commençant par les viandes,

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