DENRÉES ET COMESTIBLES
drap blanchet, l'aune, 2 1. 8 s. (7 fr. 55); serge noire, l'aune, 1 fr. 05(3fr. 9a).
Tissus de soie. — Taffetas noir, taffetas blanc pour bannerolles de trompettes, l'aune, 1 1. 10 s. (6 fr. 09); taffetas vert, pour l'envers des mêmes bannerolles, 1 1.05 s. (5 fr. 07); velours vert, l'aune, 7 1. (28 fr.); velours pour manteau d'un capitaine de compagnie, l'aune, 10 1. (36 fr. 64) ; taffetas rouge violet, l'aune, 1 1. 10 s. (5 fr. 49); velours incarnat bleu violet, l'aune, 101. (35 fr.); satin de Bruges, blanc, orange, violet, vert, gris, l'aune, 11. 12 s. 5d. (5 fr. 10); taffetas vert, incarnat pour doublures, l'aune, 3 I. 4 s. 4 d. (10 fr. 12); salin violet, cramoisi, l'aune, 9 1. (28 fr. 35).
1560. — Toile d'or, l'aune, 18 l.(73fr. 14); toile d'argent, Paune, 15 1. (60 fr. 95); en 1576, toile d'or et d'argent, l'aune, 5 1. 16 s. 2 d. (18 fr. 28).
Armes (1577). — Nettoyage et blanchissage de 10 cprcelets et brassards, tassettes et gantelets, 14 arm'ets de tête, le tout garni de cuir neuf et de clous, 20 1. (60 fr. 33).
Poudre à canon, la livre, 6 s. (1 fr. 21), poudre de mine, id.(id.).
1563. — Location d'un cheval de selle, par jour 12 s. (2 fr. 27).
Journées douvriers, employés et domestiques. — 1562. Vigneron, 3 s. (0 fr. 56); manœuvres, 4 s. (0 f>. 75); conducteur d'ouvriers maçons, 10 s. (1 fr. 89;; surveillant, 17 s. (3 fr. 21); tailleur de pierres, 10 s. (1 fr. 89) ; maçon, b 1. (1 fr. 13) ; maître-maçon, 10 s. (2 fr. 27); couvreur, 6 s.; charpentier, 10 s. (1 fr. 89) ; maréchal, 4 s. 4 d. (0 fr. 82) ; voiturier avec voiture à 2 chevaux, 1 1. 10 s. (5 fr. 68); valet de louage, 7 s. 6 d. (i fr. 42) ; charretier, par an, 191. (72 fr.); cuisinière par an, 12 1. (45 fr.); servante de cuisine» par an, 5 1. (18 fr. 94).
Du costume des Français sous Charles IX et Henri III
Lipporaano est le seul ambassadeur vénitien qui parle du costume des Français. Après avoir lu ce quil en dit, sous une forme piquante ef. satirique, on serait tenté de se demander quels étaient donc les vêtements que portaient ses compatriotes.
« La noblesse française porte des vêtements « si variés de couleur et de forme, qu'il serait « malaisé d'en donner un modèle. Tantôt les a nobles font usage d'un chapeau à larges ailes « qui déborde de la tête sur les épaules, tantôt « d'un bonnet si petit qu'à peine couvre-t-il le « sommet du crâne. On a des manteaux qui c descendent jusqu'à la cheville, ou bien des « capes qui n'atteignent presque pas les reins. « Les chausses à la Grecque ou à la Savoyarde « sont si larges qu'elles s'étendent jusqu'à « mi-jambes, ou si étroites et si courtes que « l'on dirait des tuyaux. Les hauts de chausses « sont attachés au pourpoint qui est ajusté de « manière à dessiner les formes naturelles. « Quelquefois on a une chausse d'une couleur
« et l'autre d'une couleur différente. Les cols « des chemises avec des dentelles sont si « grands qu'ils ressemblent à des voiles : ils « sont simples ou renversés ou soigneusement « travaillés; les nouveautés dans l'habillement « se succèdent de jour en jour et d'heure en « heure. Si la forme des vêtements varie, la « manière de les porter n'est pas moins « bizarre. Le Français a toujours le manteau <c posé sur une épaule et pendant de l'autre « côté,, une manche de la saie toute ouverte et « l'autre boutonnée. Achevai, on metl'épée à « la main et Ton parcourt les rues de la ville au « galop, comme si Ton poursuivait un ennemi, « à la manière des cavaliers polonais. Les « changements de costume usités parmi les « jeunes gens exigent des dépenses considéra - « blés en drap de laine, de soie ou de velours. « Un courtisan n'est pas estimé riche, s'il n'a « pour le moins vingt-cinq à trente habille- « ments de différentes façons pour en pouvoir « changer tous les jours. Les gens âgés portent « des vêtements plus modestes, en soie ou en « laine très fine ; ils sortent en manteau long « ou en chapeau. Le bonnet n'est de mode qu'à « la Cour : hors de là on trouvera à peine dix « personnes sur mille qui en font usage. »
Ici la distinction entre le gentilhomme de province ou le courtisan est nettement établie; vêtements amples et commodes d'un côté, vêtements étroits et excentriques de l'autre.
Maison ne voit pas ces vêtements comme je les ferai voir tout à l'heure. Lippomano s'attache davantage aux femmes : r Pour les fem- « mes, il y a de moins fréquents changements t< dans les vêtements. La femme noble porle « sur la tête un chaperon de velours noir, ou m Fescoffion qui est un réseau de rubans d'or « et de soie, quelquefois orné de joyaux, et elle « a un masque sur le visage. Les bourgeoises « mit un chaperon de drap, car la coiffure en « soie et le masque leur sont défendus. Pour le « reste du vêtement, il n'y a pas de différence. « Toutes portent la cotte, le cotillon et la robe « comme il leur plaît; toutefois les bourgeoi- « ses n'ont jamais de robes qu'en drap, en « armoisin, mais pas en autre qualité de soieci ries. On reconnaît encore les femmes nobles « à la plus grande largeur de leurs manches, « qu'elles font faire de l'étoffe et de la couleur « qui leur convient; tandis que les autres ne « les peuvent avoir que noires. Les veuves sor- « tent voilées avec une robe montante et avec « un simple collet renversé sans dentelles. « Pour le deuil du père, delà mère et du mari, cela femme noble a une robe à manches « ducales bordées de fourrures blanches, de « vairou de cygne. Les hommes ne portent le « deuil que le jour de l'enterrement; le reste « du temps, ils sont habillés de noir, avec le « manteau et le chapeau. Les Françaises ont « des tailles fort minces. Elles se plaisent à
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« enfler leurs robes de la ceinture en bas par « des paniers, des vertugadins et iautres arti- « fices, ce qui rend leur tournure encore plus « élégante. Elles se chaussent bien et font « usage de la pantoufle et de Fescarpin. Le « cotillon, que l'on appelle à Venise la car- « petta, est de très grande valeur et très élé- « gant, parmi les femmes nobles aussi bien que « parmi les bourgeoises. Quant à la robe que « Ton met par dessus, elle est en sergette ou « autre toile ordinaire, car les femmes à l'église « s'agenouillent par terre et s'asseoient même « dessus. Par dessus la chemise, elles ont le <( corset ou camisole qu'elles appellent corps « piqué, qui rend la tournure plus légère et « plus svelte : il est agrafé par derrière, ce qui « rend encore plus belle la forme du sein. La « gorge et les épaules sont couvertes de voiles « très fins et de gaze ; la tête, le cou et les bras « sont ornés de bijoux. La coiffure est très « différente de celle d'Italie : elles ont sur la « tête des perruques et des toupets qui donnent « plus de largeur au front. La couleur des « cheveux est ordinairement noir et fait reste sortir la pâleur des joues. Or la pâleur, si elle « n'est pas maladive, est regardée comme un « agrément. »
Ces relations des ambassadeurs vénitiens étaient lues par eux dans le Sénat, dans les quinze jours qui suivaient leur retour après leur mission terminée. Qu'a dû penser le grave
Sénat de l'intimité des détails donnés par son ambassadeur sur les vêtements, sur les dessous des femmes de France ?
Lippomano voulait prouver qu'il avait tout observé, mais il ne pouvait être que superficiel pour ce qui ne touche pas à la politique. Il laisse donc beaucoup à dire, ce que je vais faire, et toute une étude à composer, d'autant plus attachante que ce sont des documents et des écrits contemporains qui m'en fournissent les éléments,
Sous le règne de Charles IX il n'y avait, pour la forme des pourpoints, aucune différence avec ceux que Ton portait sous François II, sauf que la taille en était peut-être plus allongée et pointue par devant; mais c'était peu sensible. Au lieu d'être demi-ajustées, les manches sont serrées sur toute la longueur du bras; et sur les épaules, pour les hommes comme pour les femmes, ou met des bourrelets ronds, garnis par le dedans de fort boucassin et de coton pour les maintenir bien raides et bouffants. Le petit manteau se porte de la même façon. Il y en a de plusieurs sortes : la cape à l'espagnole, sans collet, se drapant autour du buste, et les capes françaises, à collet droit, à collet rabattu, à capuchon, qui recouvrent à moitié les épaules, en découvrant toute la poitrine; le sayon avec ou sans manches, le collet en étoffe et en cuir; le manteau à la reître et la robe à chevaucher qui lui fait pendant.
Sous les noms de hauts-de-chausses « à l'italienne, à la napolitaine, à la flamande, à la martingale, à la marine, à la matelotte, à l'espagnole, à la prêtre », on en voit qui sont bouffants et ne dépassent pas le milieu de la cuisse, ou qui, du même genre, descendent jusqu'aux genoux en formant comme deux gros ballons sur les cuisses; ceux-là sont rembourrés pour ne pas faire de plis. On en voit qui, bouffants sur les hanches, sont saillants sur la cuisse et se terminent aux genoux; d'autres qui, sans doublure ni apprêt, tomberaient jusqu'aux genoux s'ils n'étaient maintenus par des bandes de velours qui les recouvrent en partie, en laissant voir l'étoffe du dessous, de telle sorte qu'à l'inverse des précédents, ils sont ajustés par en haut et bouffants par en bas. Il y a des bas-de-chausses de deux sortes, des bas longs que Ton nomme bas d'attache, parce qu'ils sont attachés aux hauts-de-chausses par des aiguillettes; des bas courts, indépendants des chausses, maintenus au-dessous du genou par une jarretière et se terminant au-dessus du genou par une manchette semblable à celle des bottes. La coiffure est toujours la même; la toque à plumes, le chapeau français, le chapeau à l'allemande et le chapeau à l'espagnole. (Rec. de fîaignières, t. IX, Bibl. nat. Estampes et autres gravures contemporaines.)
Ce qui distingue encore l'époque de Charles IX dans le costume des hommes, c'est que, l'es-
carcelle ayant disparu de la ceinture, on la remplace par des poches aux pourpoints et aux hauts-de-chausses ; que Ton recommence ii attacher au côté droit la dague assortie à Vèpée : que les hommes et les femmes prennent l'habitude de porter des <* montres d'horloge », c'est-à-dire des montres, suspendues au cou par un ruban ou une chaîne; et qu'enfin le collet de la chemise, rabattu à l'italienne, a décidément fait place à une petite fraise bien tuyautée etgodronnée. (Gravures, nt sitprà.)
Parlons des femmes; elles ont, pour sortir et pour monter à cheval, la robe montante, avec la petite fraise autour du cou, avec les manches plates et ajustées, sauf aux épaules, où elles sont bouffantes ou munies de deux gros bourrelets. On les porte ouvertes par-devant ou relevées sur les côtés, pour montrer la cotte qui est toujours d'une étoffe très riche, tandis que la robe, ou la berne comme on l'appelle quelquefois, est au contraire d'une étoffe très simple. Les vertugales qui, malgré les édits fixant leur largeur à une aune de tour, sont redevenues aussi amples que sous François Ier, ne se portent qu'avec la robe de cérémonie, pour les fêtes et pour le bal. Le corsage de ces robes ne tient aux épaules que par les bourrelets, tant il est décolleté en carré par devant et par derrière; mais on couvre les épaules avec une collerette qui se termine par la fraise. Les manches ne tiennent pas alors après la robe, mais après le
devant de la cotte, et elles sont bouillonnées ou en étoffe légère, ou en étoffe pareille à celle de la cotte. La jupe, tombant jusqu'à terre par devant, est ouverte sur la cotte, et par derrière elle est munie d'une queue plus ou moins longue, qu'on laisse ordinairement traîner» mais qu'on relève avec un crochet ou un bouton, pour danser.
Les dames ont pris le goût des tailles très fines, et elles arrivent à se les procurer en emprisonnant le buste et la ceinture dans un corps piqué garni par devant d'une lame de fer, ou dans un corps entièrement en fer, comme une cuirasse, découpé à jour et garni -d'étoffe en dedans et en dehors. Les femmes mettent,, comme les hommes, des hauts de chausses qu'elles appellent quelquefois caleçons. Pour la coiffure, elles relèvent leurs cheveux au-dessus des tempes avec des arcelets ou petits cercles en fer. Quand elles sortent, elles se couvrent la tête d'un chaperon de velours noir avec la queue plissée tombant le long du dos, et elles y ajoutent parfois et par-dessus un léger chaperon de la même forme que celui des hommes. Avec la robe habillée, ellçs mettent Vescoffion, petite toque posée sur une coiffe à réseau, en rubans d'or et de soie. Pour monter à cheval et pour voyager, elles s'appliquent sur le visage un loup ou demi-masque en velours noir. C'est à cela que l'on reconnaît les dames nobles, car les bourgeoises n'en peuvent porter.
Telle est la théorie, voici maintenant la pratique. A côié du précepte, mettons l'exemple. Dans l'inventaire du mobilier de François de < îaing, seigneur d'Qradour-sur-GIanne, garnissant le manoir d'Oradour et dressé le 21 juillet 1505, un trouve le délai! des vêtements d'un gentilhomme de province, sous Charles ÏX: un pourpoint de satin noir découpé ■; une robe de damas bandée de trois bandes de velours, fourrée, avec des parements de martres ; une robe de damas bandée de trois bandes de velours et ornée de 33 aiguillettes d'or émaillé ; une robe de taffetas à trois bandes de velours; une robe de serge de Florence garni de « passements surjetez » ; une cotte de velours passe m entée de soie ; une paire de chausses, le haut de velours, garnies de taffetas à l'intérieur ; « un reistre » (manteau à la reître) de drap noir ; deux collets, l'un de velours découpé, avec douze aiguillettes d'or, l'autre de maroquin, avec dix boutons d'or; deux bonnets de velours ; un chapeau d'Allemagne, à poil ras, piqué de laine ; un chapeau doublé de velours, entouré d'un cordon et d'un passement d'or. (Rev. des Soc. savantes, décembre 1869.) — Un autre exemple : Il s'agit ici des vêtements de François de Belleval, seigneur de Rouvroy, enseigne de cinquante hommes d'armes des ordonnances sous le commandement de M. de Bourbon-Rubempré. Ce personnage avait été tué à la bataille de Saint- Denis, le 10 novembre 1567, et l'inventaire après
décès du mobilier garnissant son manoir de Rouvroy, avait été dressé le 25 février 1568 : une cape de drap noir bordée tout autour d'un galon de velours noir, les parements doublésde taffetas noir ; une cape de drap noir bordée « d'ung bord de satin par dedans et deux « bandes de passement dessus * ; un manteau de taffetas noir bordé d'un « jet de velours » ; un manteau de taffetas noir avec des bandes de velours sur les manches ; un manteau à la rettre en drap noir, doublé de grosse serge, pour monter à cheval; une robe de velours noir; une robe en serge de Florence, fourrée d'agneau blanc et noir ; une robe de nuit de droguet ; un collet de velours noir doublé de taffetas noir ; un pourpoint de satin noir « esgrafyné »; un pourpoint de satin rouge cramoisi, avec les chausses de velours pareil ; un pourpoint de satin cramoisi violet avec les chausses de velours pareil ; un pourpoint de satin noir « découppé » ; un pourpoint de satin gris ; une paire de chausses noires; une paire de chausses orange, le haut de chausses en velours pareil ; un haut de chausses en velours noir doublé en satin noir, avec le bas de chausses en serge de Florence; -un haut de chausses en velours gris doublé de satin noir, avec le bas de chausses noir. Pour la garderobe de Madame de Rouvroy, sa femme : Un devant de cotte de velours noir ; une robe de damas gris à grandes manches, bordée d'un
bord de velours ; deux robes de satin, à grande queue et h grandes manches, bordées Unit autour de velours, (Orig. Arch. de l'auteur.)
Il serait oiseux de continuer à citer* car les inventaires de vêtements d'une même époque ont l'inconvénient de se répéter. Ceci n'étant pas d'ailleurs une histoire du costume, je suis forcé de me restreindre. Dans les comptes des argentiers du roi GharlesIX on trouve de curieux détails sur ses vêtements : Une robe de satin vert gaufré, pour porter dans sa chambre, bordée tout autour de ruban d'argent, le collet, les manches et le haut des manches chamarrées de passement d'argent, la robe doublée de tafîelas vert, garnie de boutons et de boutonnières d'argent Un pourpoint de toile d'argent, ch rima rré en long de bandes de satin orange, ces bandes * barbillonnées de chaque côté », le pourpoint doublé de boucassin et de taffetas par-dessus, bordé tout autour de boutonnières d'argent. Une paire de chausses de toile découpées à bandes en long, couvertes de satin orange, blanc et « coulombin » en long et en travers sur ces bandes de toile d'argent, et sur le satin toutes garnies de chaînettes d'argent et « barbillonnées » deux fois, un côté de satin coulombin et l'autre de satin orangé et, << par « dessoulz ledict satin qui est barbillonné et « descouppé, doublé d'une bouillonnerie de « thulle d'argent à ramage » ; des chausses « à la garguesse », en velours noir, bordées de
même; une robe de serge verte de Florence pour monter à cheval ; deux paires de grands gants de chèvre, larges, allant jusqu'au coude; « pour servir au Roi pour aller à l'assemblée » ; « trois paires de grosses bottes de vaches gras- « ses, fermant à blouques et à genoulx », garnies de fortes semelles ; dix paires de souliers de maroquin blanc et six paires de souliers de couleur, gris, rouge, noir, vert et blanc ; une paire de bas de soie, cotée 12 livres, soit 50 francs 40 de nos jours ; une garniture de bonnet de six plumes blanches et incarnat avec six aigrettes ; un grand feutre fin, à grands rebords, bordé de passement de soie et garni d'un large crêpe enrichi d'argent ; un chapeau de taffetas de Florence « haut et plissé à l'espagnole. »
Le roi faisait des présents de vêtements à ses courtisans et à ses officiers. A l'aide de ces cos* lumes complets, nous avons un aperçu de la manière dont on s'habillait à la cour. Il* donne à son premier écuyer une casaque de velours rouge doublée de taffetas cramoisi ; un pourpoint de satin blanc, doublé de taffetas blanc: des chausses en velours blanc, bouillonnées de satin blanc et doublées de taffetas blanc; des bas de chausses en serge blanche de Florence, doublées de toile blanche, et un chapeau de velours rouge doublé de taffetas cramoisi. Le Sénéchal d'Agenais, qui était en même temps capitaine des gardes, reçoit une robe de velours
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noir, doublée de taffetas noir ; un pourpoint en toile de soie et de coton rayée d'or fin et de soie bleue turquin ; un haut de chausses de velours noir bouillonné de toile d'argent fin, avec les bas de chausses en serge noire de Florence. Pour le baron de Cadeville, c'est une cape de serge noire de Florence bandée de velours, doublée de satin noir; un collet « découpé » en velours noir, doublé de satin noir : des chausses en velours noir bouillonnées de satin noir ; un pourpoint de satin noir ; un bonnet, une ceinture et des escarpins en velours noir. Charles IX gratifie M. de Heilly d'une casaque de velours cramoisi enrichie de trois bandes de velours blanc rayé d'argent, de boutons et de boutonnières d'argent; d'un pour- . point de satin blanc rayé d'or et de soie cramoisie « tout descoupé entre les rayures », garni de trois douzaines de boutons d'or et doublé de canevas. M. de Saint-Remy, frère bâtard du Roi (1), doit à sa munificence une
(1) Henry, fils de Henri II et de Nicolle de Savigny, dame et baronne de Saint-Remy, femme de Jean de Ville, seigneur de Saint-Nérac et de Saint-Remy, chevalier de l'ordre du Roi. De son mari elle avait eu deux enfants : André de Ville, baron de Saint-Remy, seigneur de Fontette et de Noyers, et Elisabeth, demoiselle de la Fossc-aux-Loups. André de Ville ne paraît pas avoir goûté Y honneur que le Roi avait l'ait à sa maison, car s'il est constant que le 28 juillet 1576, il avait souscrit au profit de sa mère une obligation de 25.000 livres, il n'est pas moins certain qu'il la chassa de son château de Fontette. Il mourut avant 1590, sans laisser de postérité, et tous ses biens passèrent à sa mère qui, par son testament du 12 janvier 1590, légua tout au fils qu'elle
longue robe en velours noir, à collet carré, avec le parement et la doublure du collet en toile d'argent fin, et des bandes de toile d'argent sur la robe ; un pourpoint en satin rouge cramoisi avec deux aunes de taffetas rouge de Florence pour servir à « faire gonfler » le pourpoint et doublé en boucassin ; un haut de chausses en velours rouge cramoisi bouillonné de toile d'argent fin, avec trois aunes de frise pour les
avait eu de Henri II. Le testament de la dame de Saint* Rémi fait connaître à peu près l'époque de la naissance de celui que sa mèie ne désigna jamais, dans tous les actes authentiques et jusqu'à sa mort arrivée avant le 15 février 1590, que sous le nom singulier d'Henri Monsieur, affecté à cette époque aux fils de France, comme on le voit pour le 61s de Henri IV et de Gabrielle dlSstrées, appelé « César Monsieur » pendant toute sa jeunesse, jusqu'au jour où le Roi lui donna le duché de Vendôme. Ce testament constate qu'Henri H avait remis à sa maîtresse, le 13 février 15SS, trente mille écus destinés à l'entretien et à l'éducation de son fils. En rapprochant ce fait et cette date de celle du mariage d'Henri de Saint-Remy en 1991, il faut admettre qu'il n'avait dû naître qu'en 1557, peu de temps avant le présent du roi à sa mère. Si l'on ajoute qu'il mourut en 1621, en tenant compte de la durée moyenne de la vie humaine, j'estime que je ne serai pas à côté de la vérité en affirmant que le dernier des enfants naturels de Henri II naquit en 1557, une année seulement avant la mort de son père. — Voici la succession de cette branche bâtarde de la maison de France, qui s'éteignit à la fin du siècle dernier, après avoir traversé de terribles vicissitudes que je raconte en détail dans le travail que je lui ai consacré sous ce titre : tes derniers Valais (je néglige tous les autres enfants à chaque degré, sauf l'aîné). — I. Henri de Saint-Rem y,, baron de Fontette, de Noyers» de Bazolles et de Beauvoir, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, lieutenant de 50 hommes d'armes des ordonnances, colonel d'un régiment de cavalerie et de gens de pied, gouverneur de Ghâteauvillain , fils de Henri II et Nicollede Savigny, baronne de Saint-Remy, mort
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« faire gonfler », et des bas de chausses en serge rouge de Florence. M, Lave mot, chirurgien du Roi, reçoit, de son coté, un costume d'une nuance sévère comme il convient aux gens de sa profession : une robe de damas noir bandée de velours noir ; un collet et des chausses de velours noir ; un pourpoint en satin noir bouillonna de même ; un bonnet et une ceinture en velours noir.
Si Ton veut savoir maintenant comment les
a Paris le 14 février Î62I H inhumé dans l'église de Saint- Salpioe, Allié le 91 octobre 1592 à Chrétienne de Lu* dont: II. Hem1 de Saint-Rem y, baron de Fontette, seigneur de Noyers, Bazolles et Beauvoir, chevalier de Tordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre, mort le 30 mars 1665 et inhumé à Fontette. De Jacquette Bréreau, sa femme, il tût : III. Pierre-Jean de Saint-Remy seigneur de Noyers et de Fontette en partie, major d'infanterie, allié le 26 janvier 1673 a Marie de Mulot dont : IV. Nicolas-René de Saint- Remy, chevalier, seigneur de Luz, lieutenant au régiment de Béthencourt, mort le 30 octobre 1759 et inhumé dans le cimetière de Fontette. Allié le 4 mars 1714 à Marie-Elisabeth de Vienne dont : V. Jacques de Saint Remy, allié à Marie .Tossel, sa maîtresse, fille d'un fermier de son père. Mort à niôtel-Dieu de Paris, le 14 février 176?. Son acte mortuaire le qualifie : Henri de Valois, baron de Saint-Remy. Il avait eu trois enfants : 1° un fils, Jacques, qui suit; 2° Jeanne, l'héroïne de l'affaire du Collier, née à Fontette, le 22 juillet 1756, morte à Londres le 22 août 1791. Elle avait épousé M. de Lamotte, jçarde du corps du comte d'Artois, et fut connue sous le nom • le comtesse deLamotte-Valois; 3° Marie-Anne, chanoinesse en Allemagne, après avoir été servante d'auberge. VI. Jacques de Saint-Remy, baron de Valois (nom et titre sous lequel il fut présenté à Louis XVI né le 25 février 1755, lieutenant des vais-faux du Roi et chevalier de Saint-Louis, à Tàge de 29 ans quand il mourut en 1785 sans alliance, pendant l'instruction du procès de sa sœur. Il fut le dernier de son nom. Cette bninche portait pour armes : d'argent à ta famée d'azur chargée de trois peurs de lys d'or. »
laquais de Charles IX étaient uniformément vêtus, voici, d'après les mêmes comptes, le détail de leur livrée : bonnet de velours bleu turquin doublé de taffetas, mandil et manteau à l'anglaise en drap bleu à bandes et chamarrures de velours blanc et incarnat, avec des boutons à longue queue en soie incarnat, blanche et bleue, doublés en frise rouge ; pourpoint en bombazine de Milan noire, doublé de futaine blanche ; haut de chausses d'estamet gris, coupés au genou, à l'espagnole, fait à bandes et chamarré sur chaque bande de deux bouillons de taffetas à six fils jaunes et verts, et piquées de soie, avec canons et pochettes; jarretières en taffetas incarnat ; la ceinture et le pendant d'épéeen cuir du Levant, et Tépée. On remarquera que c'est la livrée de France, tricolore, que la République inconsciente a pris à la domesticité royale pour en faire le drapeau de la France (1).
Charles IX s'occupait de chasse, d'exercices violents, de forger des gardes d'épées, mais guère de la toilette. Henri III fut tout différent; il changea les modes qui avaient à peine varié
(1) Ce fut seulement à partir d'Henri IV, et lui compris, que la livrée de France fut, sans interruption, bleu, blanc et rouge Avant Henri IV on ne trouve que Charles IX et le «lue de Berry, dauphin du Viennois, régent du Royaume en 1410, qui aient porté ces couleurs. Charles VI avait blanc, vermeil, vert et noir; Charles , VII, rouge, blanc et vert; Louis XI également, de môme que Charles VIII; Louis XII» rougo et jaune; François lor, violet, jaune et incarnat; Henri II, jaune, rouge et vert.
depuis son père, et parut s'occuper plus des habits que des affaires de l'Etat. Il composa luimême, avec de la farine de riz, un empois excellent, paraît-il, pour empeser les grandes fraises qu'il s'efforça de substituer aux collets rabattus à l'Italienne, que l'on portait quand il revint de Pologne. L'Es toile, dans son journal, s'est montré impitoyable pour ces ajustements du Roi et de ses courtisans, que les écoliers raillaient en se promenant à travers la foire riainl- Germain, avec de grandes fraises en papier autour du cou et en criant : « A la fraise, on connaît le veau ! » « Ces beaux mignons, dit-ïK « portant leurs cheveux onguets, frisés et refri- « ses par artifice, remontant par-dessus leurs « bonnets de velours, comme font les putains, « et leurs fraises de chemines de toile d'atour « empezées et longues de demi pied, de façon « qu a voir leur teste dessus leur fraise, il « semble que ce soit le chef saint Jean dans un « plat. » D'Aubigné se moque de Henri III en prose et en vers, mais c'était un huguenot et de plus l'ami de Henri de Navarre.
Biaise de Vigenère(l) ne raille pas le Roi, mais les modes, car il était secrétaire d ambassade à Rome, et les fonctionnaires d'alors n'avaient pas plus le droit que ceux daujour-
(l) Erudit, ne le 5 avril 1523 àSaint-Pourçain, dans l'Allier, mort à Paris le 19 février 1596. Il avait commencé par être le secrétaire de François de Glêves, duc de Nevers. Secrétaire d'ambassade à Rome de 15G6 à 1569.
d'hui, de se moquer du gouvernement qui les faisait vivre. Dans les notes et les commentaires qui accompagnent sa traduction de Tite-Live, il fait un- portrait fort gai et fort ressemblant dans son allure gouailleuse des deux costumes qui se partageaient la laveur de la noblesse. Le premier est certainement celui de la noblesse de cour, et le second celui de la noblesse qui vivait en province, dans ses terres. Voici le courtisan : « Un pourpoint fort juste et comme « collé sur le corps, court de buste et estroit de « manches, avec un panseron à la poulaine, « garny, cotonné, callefeutré, embouty, re- « bondy, estoiîé comme un bast de mullet à « cofres, à l'épreuve presque des mousquete- « ries, et allant de bien près recognoistre le « bort des genouils ; avec un chapeau fait en « pain de sucre ou en obélisque, à la hauteur « d'une bonne coudée, n'ayant pas à grand « peine deux doigts de rebras (bords) ; avec un « petit bourlet au lieu de haut de chausses, « froncé, recueilly, bouillonné à coupeau de « carpe, mais le bas allongé en flûte d'Alle- « mand et juste à la cuisse, ainsi que d'une « autruche mâle ou d'une poulastre de Lom- <( bardie, avec un gentil petit, frisque, gay, « troussé mantelin qui allait escarmoucher la « ceinture, avec la teste passée comme à traie vers une meule de moulin, goderonnée à « tuyaux d'orgues de vingt-cinq à trente lez, « douz et menuz, fraizés en choux crespés. »
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Voilà maintenant l'autre mode, l'autre système: <* Un pourpoint très plantureux et ample, àô- « coupé à grandes balafres, plus qu'à la Suisse, i<: un paftseron à la puulaine — comme j*at dit « pour l'autre — les manches larges et pen- « dantes à l'endroit des couldcs comme une « chemise à ypocras (filtre à passer les bois- « sonsj ; uu large sombrero (chapeau espagnol) <* tout aplaty en cul d'assiette, avec un rabat « de plus d'un pied et demy : de longues ana- « xyrides (culottes) marinesques traînantes « jusqu'aux talon?: un grand, long et plantu- « reux tabarre, plein-foncé, balliant la terre t* tout à Kentour; un simple bord plutùt qun « renvers (col) de chemise large peu pins « moins que l'espaisseur d'une jocondal le (monn naie des Pays-Bas) mais crénelée à barba- « canes. » 11 n'y a qu'à regarder les monuments figurés du temps pour s'assurer que Vigenère a fait des portraits et non des caricatures. On y voit également que les huguenots, jeunes ou vieux, ne sacrifiaient pas à ces modes excentriques. Ils ont des pourpoints de couleur sombre et sans panseron, le pourpoint des règnes de François 11 et de Charles IX ; des cols plats et rabattus à l'italienne, le chapeau à l'espagnole* à larges bords, et le haut de chausses bouffant jusqu'aux genoux.
Ce qui caractérise le costume masculin du règne de Henri II], et ne permet pas de le confondre avec celui d'aucun autre règne, c'est
le panser on à la poulaine ou à la Polonaise, longue pointe qui termine le devant du pourpoint en descendant jusqu'à l'extrémité du bas ventre, fortement rembourrée en coton et bourrée entre l'étoffe et la doublure, tant et si bien que la pointe d'une épée ou d'une dague avait de la peine à la traverser. Henri III rapporta, dit-on, cette mode de Pologne, où il l'imagina en guise de cuirasse, parce qu'il n'y croyait pas sa vie en sûreté. Tout le monde se hâta de l'adopter, jusqu'aux soldats des régiments d'infanterie. Naturellement les cuirasses des armures prirent la même forme, mais quelques gentilshommes mettaient de légères cuirasses, ainsi façonnées, sous leurs pourpoints, pour donner encore une plus belle prestance à leurs panserons, tout en étant mieux garantis contre la pointe de l'épée, qui n'était alors que trop souvent hors du fourreau. Pour les hauts de chausses, il y en avait une infinité, à la Provençale, à la Polonaise, à la Savoyarde, à la Picarde, à la Garguesque, à la Hongroise, à la Gigotte, et de bien d'autres façons encore. On voyait aussi beaucoup de bas de chausses qui différaient de couleur avec les hauts de chausses.
La toilette des femmes suit l'impulsion générale, qui. est l'excentricité. Elles ont des robes fermées sur le devant, plus courtes que la cotte dont on n'aperçoit plus que le bas, au lieu d'en voir toute la devanture : elles ont des vertugales si larges et si bouffantes sur les hanches
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«t autour du corps qu'on ne peut les approcher qu'à la longueur du bras ; des corsages finissant en pointe au milieu du ventre, et étranglés à la taille, parce qu'ils sont en fer, recouverts d'étoffe, des manches tellement bouffantes aux épaules, qu'elles atteignent la hauteur des oreilles, bouffantes tout le long du bras et tout à fait étroites et serrées aux poignets ; leur tète, coiffée de cheveux en raquette, relevés aux tempes et sur le front, est encadrée dans une immense fraise qui, par derrière, dépasse le sommet des cheveux et par devant s'échancre sur la poitrine. Elles ont des pendants d'oreilles très longs, comme on n'en a jamais vus ; des gants jour et nuit, gants parfumés, frangés, ohiquetés, gants coupés ou mitaines ; des chaînes d'or partout : dans les cheveux, au cou, sur la poitrine, aux entournures de Ja robe, des deux côtés de la ceinture à laquelle elles suspendent d'un coté un miroir et de l'autre un éventail pliant, invention nouvelle. Elles ont des chaussures à l'italienne, des mules de Venise, des bas de soie, et des petits hauts de chausses ou caleçons en velours, étroits, collants et froncés.
Pour les couleurs et les étoffes, nous allons demander des détails à des inventaires contemporains. Voici la garde-robe d'un gentilhomme et de sa femme, qui vécurent à la cour. François de Belleval, baron de Longvilliers, lieutenant des gardes du corps de Henri III, capitaine des gardes que leducd'Epernon entretenaitcom-
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me colonel-général de l'infanterie française, puis gentilhomme ordinaire de la Chambre et chevalier de l'Ordre du Roi, après le décès de Henri III. Sa femme était Diane de Sourhouette du Halde, fille de M. du Halde, premier valet de chambre de Henri III, et veuve de Robert de Hallwin, fils puîné du duc d'Hallwin. Henri III lui avait fait de riches présents et avait dansé à sa noce. Voici d'abord les vêtements du mari : un costume de cour tout complet, le pourpoint de toile d'argent, décoré de bandes, en longueur, de satin incarnat; sur chaque bande, une natte d'argent dentelée de chaque côté; le haut-de-chausses pareil ; le bonnet de velours noir garni de six plumes blanches et incarnat; les souliers de maroquin blanc : Tépée à la lame espagnole, à gardes enrichies de ciselures d'argent représentant des personnages et des masques humains, la dague pareille ; le ceinturon, le pendant d'épée et les fourreaux en velours noir. Puis les costumes moins riches : un pourpoint de satin jaune et un de taffetas piqué de soie ; un petit manteau de taffetas gaufré ; un haut de chausses à bandes de velours blanc « rayé d'or, pleines de satin de soie rayé d'or et d'argent » ; deux manteaux de drap noir, à parements de taffetas bandés de velours large de quatre doigts; deux manteaux de taffetas noir, garnis l'un de trois bandes de velours tout autour, et l'autre de deux bandes de passements de soie, tous deux fourrés de
martre ; un manteau à manches, en serge de Florence, noire, à parements de velours noir, garni tout autour de deux bandes de velours et de canetille de soie; une casaque de velours noir bordée de passements d'or et fermant avec douze gros boutons d'or ; deux chapeaux de velours noir avec des plumets blancs ; un chapeau de taffetas de Florence, haut et plissé a l'Espagnole ; une paire de grands gants <h* chien, larges, montant jusqu'aux coudes, « pour aller à rassemblée » ; une paire de souliers verts, une autre grise, une autre noire; une paire de grosses bottes de vache grasse « fer* « mantàblouqueetà'genouils.garniesde fortes « semelles, avecqles éperons dorés ».
La garde-robe de la baronne de Longvîlli^rs est encore plus nombreuse et mieux montée, si c'est possible : une robe de velours noir et une autre de taffetas à fond gris; une robe de crêpe de soie et autre de damas noir bandé de velours noir, avec la jupe en velours noir; « deux corps de robe » sans manches, en taffetas et en satin de soie ; un corps de robe de velours noir, avec les manches découpées; un autre de taffetas orange ; un autre en satin blanc ; un autre « en étamine à fond de satin « gris garny de ject par dessus à manches ou- « vertes, deschiquetées » ; le devant d'un corps de robe en velours noir; huit « devantures de cottes » en satin de soie broché cramoisi, en velours tanné avec les « mancherons »
pareils, en drap d'or, en velours jaune brodé d'argent avec les mancherons pareils, eu toile d'argent « en broderie d'or et de canetille »» en satin broché, cramoisi, en satin blanc brodé d'argent ; un « bas de cotte » en velours noir ; un autre en toile d'argent incarnat piquée d'or; « un des côtés de la queue d'une robe » en satin noir broché d'or; quatre jupes, une en « toile d'or violette », une en toile d'argent, une en toile d'or incarnat brochée d'or, une en velours vert « à la Reître » ; un « cotillon » de camelot de soie jaune pâle, brodé de passements d'argent, et un autre en satin « couleur de pain bis » ; deux corsets en soie tannée et en velours noir ; une paire de manches en velours cramoisi ; deux autres paires en satin cramoisi; deux autres paires en satin de soie et en velours noir ; une paire de grandes manches en toile d'or, quatre « grandes manches à bombarde, de fourrure » ; une paire de doublures de grandes manches en toile d'argent; six paires de «mancherons» et une paire de manches en toile d'argent; un « collet de velours noir broché d'or; un autre « ouvraigé d'or et de soie faict à Tesguille » ; une cape ronde de velours noir « à haut collet, à doubles manches, l'une de velours, l'autre de satin de soye » ; un manteau de taffetas « couleur de feuille » ; un manteau de taffetas velouté fourré d'agneau noir, un manteau dedrap tanné « pour aller achevai »; des colleta
« de crêpes » ; des crespes à coiffure » ; une toque de velours, un chapeau de feutre, un chapeau garni de taffetas, enfin, un petit hault de chausses de velours rouge àusaige de femme ». (Orig. Arch. de l'auteur.)
Ceci n'étant pas une histoire du costume, que j ai faite ailleurs et que d'autres ont faite avant moi, que d'autres feront encore après, car il est des sujets inépuisables en raison de la découverte de documents nouveaux et inexplorés, je n'en dirai pas davantage, convaincu d'avoir donné une idée suffisante de la manière dont on s'habillait au temps des fils de Henri IL
Les Armes de Charles IX et de Henri III Du Costume militaire
On conservait d abord dans le garde-meuble de la couronne, puis au musée des souverains, enfin on conserve aujourd'hui au Musée d'artillerie, les trois armures, absolument authentiques, de François II, de Charles IX et de Henri III. J'ai parlé de celle de François II, au chapitre VI ; il me reste a parler de celles de ses deux frères, qui offrent avec la première une singulière analogie, à ce point qu'elles ont dû, sauf quelques détails de gravure et quelques détails très insignifiants dans la forme,, avoir été copiées les unes sur les autres, et que les mêmes armuriers ont dû les fabriquer toutes trois.
Ce sont des armes de parade, qui n'auraient pas même supporté l'épreuve de la balle de pistolet, dont elles ne portent d'ailleurs aucune traces, contrairement à ce que Ton remarque, même dans les armures les plus riches de ce temps. Il n'est donc pas douteux que c'était des armures destinées à être endossées dans des occasions solennelles, comme pour des
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