JUSQU'A L'ÉDIT DE R0M0RANT1N
« conjuration, sédition et autres crimes, desquels] « le ciel et la terre les congnoist eux-mêmes, estre infects et coupables. » On voit à quel diapason les massacres d'Arnboise avaient monté les esprits. Ce pamphlet, répandu à Paris et à Rouen par dts matas inconnues, fut apporté à la Cour par un huissier du Parlement de Paris et par des conseillers au Parlement de Normandie qui en avaient reçu des copies. Mais les Guises « craignant, dtldeThou, qu*une « telle députation ne donnât delà réputation et, « du cours au libelle et ne les rendit plus « odieux, empêchèrent ces magistrats de voir « le roi et les renvoyèrent. »
Presqu en même temps qu'il signait sa lettre, circulaire aux Parlements, te 23 mars, François II signait des lettres patentes confirmant, les privilèges et prérogatives des comédiens, « maistres et gouverneurs de la confrairie de « la Passion et résurrection de N.-S. Jésus-, « Christ en l'église de la Trinité à Paris », et d'autres lettres patentes qui permettaient aux Suédois de faire le commerce en France aux mêmes conditions, charges et avantages que les Français.
Avant d'adresser aux Parlements sa relation officielle, François II avait ordonné au connétable d'aller rendre compte verbalement au Parlement de Paris de la conjuration d'Apis: boise. Montmorency avait obéi et avait fait 1$ 28 mars au Parlement, toutes chambres assem*
blées, un discours qui, dans l'intention sinon dans la forme, était injurieux pour les Guises. Affectant de ne pas les nommer, le connétable prenait à tache d'annuler leur influence et leur vigilance, en racontant que depuis plusieurs mois la connaissance des projets des rebelles avait été transmise au roi par le roi d'Espagne, par Tévêque d'Arras, Granvelle, par le duc de Savoie et par quelques princes d'Allemagne. 11 avait insisté sur l'appui que le roi avait trouvé dans « un certain nombre de bons et loyaux et a affectionnés serviteurs » qu'il avait auprès de sa personne, désignant aussi clairement que possible sans les nommer les Ghàtillons, ses neveux, et le prince de Gondé. Réduisant cette entreprise aux plus mesquines proportions, il avait dit : « Chose merveilleusement étrange « que des gens de bas étage, sous prétexte qu'ils « voulaient parler au roi sans mauvais des- « sein soient venus l'investir au cœur de son « royaume, se soient présentés en armes aux « portes d'Amboise, et aient iiré cent cinquante « coups de pistolet ou d arquebuse. » Il terminait enfin cette harangue perfide en félicitant le Parlement des dispositions qu'il avait prises pous assurer la tranquillité de Paris, et en s'écriant : « Que si la Gour voit qu'il reste quelif que chose à faire, je n'y épargnerai pas ma « vie ; quand j'aurois les deux pieds et une <* main dans la fosse, je les en retirerois pour « acquitter une partie de ma dette envers le