JUSQU'A L'ÉDIT DE ROMORANTIN 5(K
répondre au sujet des bruits répandus en Espagne que « le capitaine muet » des huguenots d'Amboise' aurait été et était le roi de Navarre. François II n'en croit rien, il n'en a jamais . rien cru : «r cela vous doibt, à mon « advis, estre une grande consolation et repos « d'esprit». En Espagne, et ailleurs, n'a-ton pas répandu sur lui-même, sur la reine, sa mèrot cent calomnies plus malveillantes les unes que les autres ? Ici le roi entre, pour ainsi dire., dans le vif du sujet. II voudrait bien connaître les auteurs de ces bruits calomnieux... u lesquelz « ne se contentant de semer ces bruits par cedit « royaulme, vont chercher , rechercher la royne « d'Angletefre qui les y soutient et favorise pour « le mauvais vouloir quelle m« porte, accom- « pagné d'un extrême regret qu'elle a de Calais. « Et sur les mémoires qui véritablement luy « ont esté envoyez de par deçà, elle a fait « imprimer une belle proclamation contenant « son intention pour l'entretenement de la « paix, laquelle, mon oncle, je vous envoyé, « afin que vous voyez par icelle de quel esprit « de fureur et vengeance elle est agitée, et quel « tort elle fait aux princes de mon sang, faignant « néantmoins prendre leur protection et des « Etats démon royaume, comme s'ilz Tavoient
«appelée à leur ayde et secours Estant le
« plus proche parent que j 'aye.de mon sang, tf;j et celluy que en touttes occurences j'ay voullu «, toujours le plus favoriser et approcher plus
« près de ma personne, il me semble que vous « debvez bien vivement faire entendre à la dite « dame, par son ambassadeur qui est près de « raoy, qu'elle vous a faict ung très grand tort « et ausdits princes de parler d'eulx de
« la façons La pryant que cy après elle
« ne vous mec te, ny lesdits princes, en ses « escriyts en quelque sorte que ce soit, n'ayant « à lui rendre compte de vos actions qui ne « tendent total lement que à me servir et assister « en toutes choses, sans aulcun malanteù- « tement, comme elle veut prétendre par sa «c ditte lettre, qui n'est fondée que sur sa colère « et passion et non en aucune raison, de < laquelle je vous prie au demeurant m'aider à
« en rire »
La proclamation de la reine d'Angleterre « pour l'entretenement de la paix » était en réalité une déclaration de guerre, et si elle avait tenu un langage aussi hardi, c'est parce que Goligny lui avait fait savoir que François H avait assez d'affaires sur les bras dans son royaume pour ne pouvoir envoyer une armée en Ecosse. 'Ecartant d'une manière injurieuse le roi du débat comme un enfant irresponsableJ elle rejetait sur les Guises toute la faute de l'état aigu qu'avaient atteint les rapports entre les deux couronnes, et semblait faire un véritable plaidoyer en faveur des princes du sang. François II n'avait pas attendu à s'assurer du sentitfcent du roi de Navarre pour faire connaître le sien à la