BARON JÉRÔME PICHON
ScARRON. Le Roman comique. — Deux dessins in-4o. Vente Neyman (1776). — 123 livres.
La Fontaine {Fables de). — Edit. par de Montenault.— Paris, 1755-59, 4 vol. in-fol. — Les 276 dessins originaux, au crayon noir, rehaussés de blanc, sur papier bleu, reliés en 2 vol. in-fol. , mar. vert, dent. tr. d. (Ane. rel.)
Vente de Bure. — 1,800 fr. — M. Adolphe Thibaudeau les a cédés peu de temps avant sa mort à M. Solar. — Vente Solar. — 6,100 fr. — Ces dessins ont été vendus récemment 30,000 fr. — Chez M. Louis RŒDERER, à Reims.
J.-B. OuDRY. — Fables manuscrites , composées par lui. — In-4", maroq. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet.)
Ce manuscrit contient 30 dessins environ , à la plume , lavés d'encre de Chine, signés, datés de 1745 à 1747. — Chez M. de VILLENEUVE.
PASQUIER (jEAN-JACQUEs)
Pasquier , dessinateur et graveur, est Parisien. Nous trouvons mentionné, dans l'acte de naissance d'une de ses filles, que Laurent Cars, graveur du Roi, est son parrain, et dans l'Almanach historique des artistes de 1776 : « M. Pasquier^ rue Saint-Jacques, élève de feu M. Cars, grave l'histoire en grand. On doit estimer son estampe des Grâces d'après M. Yanloo. » Son œuvre consiste surtout en estampes gravées par lui et d'après ses dessins, comme la jolie pièce représentant Louis XV tenant le sceau en personne pour la première fois, le 4 mars 1757, et des pièces allégoriques comme le Triomphe de la Religion et celle A la mémoire du duc d'Orléans (1752). Il a gravé, en outre, un grand nombre de pièces d'après Gravelot [Boccace, 1757), d'après Eisen [Eloge de la Folié), et les séries des Éléments d'orfèvrerie, d'après Pierre Germain (1748).
Dans ses dessins pour les livres, citons les titres et les fleurons à'Jbdeker, ou lArt de conserver la
PASQUIER. m
beauté (1748); les plus connus sont ceux qu'il a faits pour la jolie édition de Manon Lescaut de 1753, et qu'il a gravés lui-même. Ils sont un peu secs peutêtre, mais précis et naïfs, et valent largement les deux compositions de Gravelot qui les accompagnent. Nous avons aussi de lui, en collaboration avec Gravelot, une Clarisse Harlowe, dans le même esprit et le même faire; quant aux figures de Y Académie des Colporteurs, du comte de Caylus (1758), qu'on lui attribue, elles nous semblent avoir peu de parenté avec son genre de talent. Dans le Plan topo- (jraphique et raisoriné de Paris, par les sieurs Pasquier et Denis, graveurs, on trouve de jolies vignettes et des culs-de-lampe, représentant des monuments^, des personnages microscopiques très-finement dessinés et gravés ; enfin il a résumé dans son Traité des Principes de dessin appliqués à la pratique, Paris , 1773, in-4, où se trouvent de nombreuses planches gravées, les résultats d'une expérience dont il avait donné des preuves.
Est-ce le même Pasquier qui aurait été en même temps peintre en miniature, et au sujet duquel on trouve ces réflexions, dans la lettre sur le Salon de 1771, publiée dans les Mémoires secrets de Bachaumont : « En visitant les gravures, je suis « fort aise de trouver sur mon chemin M. Pasquier, « dont le genre se confond aisément avec l'autre. « J'avais oublié de vous rendre compte du portrait « de M. de Voltaire par cet artiste. Celui-ci nous « annonce qu'il a peint son héros à son château, au
(( mois d'avril 1771. Il aurait été miraculeux que le « pointillé de la miniature nous eût rendu le feu, le « génie, ]a causticité d'un visage presque octogé- « naire. iVussi est-il absolument manqué. » Pasquier est mort à Paris le 10 janvier 1785.
PATER (jean-baptiste)
Pater, très-prise dans son temps, est, après un complet discrédit, redevenu fort à la mode avec toute la pléiade gracieuse du xvm^ siècle. C'était le fils d'un modeste sculpteur sur bois de Yalenciennes, et c'est dans cette ville qu'il est né, le 29 décembre 1695. Son père, qui connaissait la famille de Watteau, originaire de la même ville, envoya son fils, qui manifestait des dispositions pour la peinture, dans Fatelier de cet artiste ; mais l'humeur difficile, le caractère impatient et ombrageux du maître, obligea le jeune Pater à le quitter bientôt. Plus tard, Watteau se repentit d'avoir éloigné Pater ; il le rappela auprès de lui à Nogent-sur-Marne, désirant lui confier des travaux qu'il ne pouvait plus exécuter; mais il se mourait, et le jeune artiste ne put encore une fois profiter que peu de temps des leçons du « peintre des fêtes galantes ».
L'expert Gersaint a été fort lié avec Pater, et voici le portrait qu'il a tracé de son ami : « Pater « était né avec ce coloris qui est si naturel aux Fla- « mands; il avait en lui tout ce qu'il fallait pour
(( faire un excellent maître ; mais l'intérêt et le désir « d'amasser lui firent négliger la partie la plus es- (( sentielle, qui est le dessin, et que les peintres « qui travaillent plus par intérêt que par honneur « regardent quelquefois comme du temps perdu, « parce qu'il n'est d'aucun rapport. C'est ce qui fait « que la plupart de ses tableaux se ressentent de cette « négligence, que les groupes de ses compositions (( sont mal ordonnés, et qu'ils manquent de ce beau « naturel, que l'on reconnaît facilement dans ceux t( dont les figures sont faites d'après nature. Pater '( avait trop de faible pour l'argent. Il me témoigna « plusieurs fois que son unique appréhension était « de devenir infirme, et de n'avoir pas de quoi vivre « aisément dans un âge avancé ; cette crainte l'a « toujours nourri dans une prévoyance mal ente tendue, et elle a beaucoup influé sur ses ouvrages. « Il ne cherchait qu'un prompt débit sans s'embar- (( rasser d'une exacte correction qui lui aurait coûté « trop de temps. Jamais peintre ne fut plus travailce leur. Dès la pointe du jour il entrait dans son ate- (( lier, qu'il ne quittait presque plus ; nul moment (( ne tombait en perte chez lui. Cette occupation con- (( tinuelle et sans relâche lui échauffa si fort le tem- « pérament, que cela lui occasionna une maladie qui « l'emporta en peu de temps, à la fleur de son âge, (( sans avoir pu jouir d'une fortune assez honnête (( pour laquelle il avait travaillé toute sa vie * . »
' Catalogue Quentin de Lorangère, par Gersaint. Paris, 1744.