PATER
Cette oraison funèbre nous semble trop peu louangeuse, et nous sommes loin, pour la partie de son œuvre qui nous occupe, de ratifier ce jugement sévère. Pater a peint deux séries de compositions dont les sujets sont tirées du Roman comique de Scarron, et des Contes de la Fontaine ; elles ont été gravées et rentrent malgré leur format dans la série des illustrations. Ces compositions sont bien composées, pleines de mouvement, de finesse et souvent de grâce. La suite du Roman comique^ en seize pièces, publiée de 1727 à 1733 chez Surugue, qui en a gravé la plus grande partie, est particulièrement agréable, mais elle est peut-être moins désopilante que celle d'Oudry sur le même sujet. Ces dernières, gravées à l'eau-forte, presque toutes par le maître lui-même, ont tout l'entrain, Finattendu, la verve inhérente à ce procédé manié par l'auteur du dessin. Celles de Pater sont plus froides, plus calmes^ par cela seul qu'elles ont été peintes d'abord et traduites ensuite par le burin d'un graveur ; mais les compositions, si elles sont cherchées, sont aussi très-trouvées, les expressions charmantes et les personnages heureusement groupés. Yi'AiTivée des comédiens dans la ville du Mans, inénarrable déménagement, la Bataille dans le tripot, la Pyramide d'ailes et de cuisses de 'poulet élevée sur V assiette du Destin par madame Bouvillon^ cette charmante représentation d'un dîner d'hôtellerie, sont parmi les meilleures, et dans la description des aventures du nain Ragotin et les mésaventures du poète Roquebrune
Pater ne reste jamais au-dessous de la gaieté et de l'esprit de Scarron ; mais où il a trouvé moyen de placer une pointe de sentiment dans le grotesque, c'est dans la scène oii Madame Boiivillon, pour tenter le Destin, le prie de lui chercher une puce. La plantureuse comédienne attirant sur son sein le jeune le Destin y rappelle une scène fameuse et bien ancienne ; seulement ici, Joseph, au lieu de se défendre, paraît bien près de céder.
Pater peignit ensuite concurremment avec Lancret des sujets tirés des Contes de la Fontaine^ et en exécuta comme lui un certain nombre ; c'est de Larmessin qui les fit graver pour en composer une suite d'estampes ; les huit sujets de Pater ont été gravés par Filhœul, en 4736. En voici la liste : La Matrone d'Èphèse, le Baiser donné, le Baiser rendu, les Aveux indiscrets, le Savetier, le Glouton, la Courtisane amoureuse, le Cocu battu et content. Les Contes de la Fontaine ont pu être illustrés d'une façon plus gracieuse; ils ne l'ont jamais été plus magistralement. Le Glouton et les Aveux indiscrets surtout sont des compositions pleines de mouvement et peuplées de charmantes figures. Lancret seul pouvait, avec ses personnages pimpants, revêtus de si jolis costumes, être comparé avec le peintre de Valenciennes, et l'infériorité des autres pièces de cette illustration, les sujets traités par Wleughels, par exemple, n'en font que mieux ressortir l'agrément et l'esprit.
C'est avec la rue Quincampoix pour horizon, rue