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DE TROY

y fut agréé et reçu le même jour, et y obtint successivement les différents titres honorifiques.

De Troy eut à Paris beaucoup de succès, dû à ses qualités d'homme du monde, autant qu'à une grande facilité d'invention et d'exécution. Il peignit de grandes décorations pour des édifices publics et pour les hôtels des particuliers. On cite surtout celles exécutées pour Samuel Bernard et de La Live de Jully comme les plus importantes. C'est à la même époque (1728) que parut l'édition de la Henriade àa Voltaire, pour laquelle il a exécuté, avec Lemoine, quelques belles figures. On sent, par la gravure, combien ces compositions étaient largement faites et sans mièvrerie. En 1738, il fut nommé directeur de l'Académie de France à Rome, en remplacement de Wleughels, qui venait de mourir. Yoici le portrait qu'en traçait alors Mariette : « C'est « un homme du monde qui en connoist parfai- « tement les usages et qui sçaura faire honneur à (( la nation dans le poste qu'il occupe. Un mariage « avantageux qu'il a fait avec la fille du commisce saire Deslandes, femme d'esprit, le met en estât « de figurer, chosç qui est fort de son goût, car il « a toujours aimé à frayer avec les gens de finance « et ce qu'on appelle les gros riches. Quant à ses « talens, peu de peintres en ont autant receu que « luy de naturels. »

A Rome, de Troy continua ses grands travaux : VHistoire cVEsther, qu'il avait proposé de faire au rabais, afin de se faire préférer à Lemoine, dont il

était jaloux, et celle de Jason, tableaux qui étaient destinés à servir de modèles aux tapisseries fabriquées aux Gobelins.

En 1742, de Troy, qui venait de perdre sa femme, alla passer quelques mois à Naples. Il n'en conserva pas moins la fortune qu'elle lui avait apportée et dont le directeur de l'Académie avait grand besoin, car, aimant à recevoir, à dépenser, il n'avait rien mis de côté. Jamais il ne se donna autant de fêtes au Palais de France, à la société romaine, aux étrangers et aux Français de distinction que sous son directorat, et les élèves qui s'y sont trouvés de son temps se louaient fort de son hospitalité somptueuse et des agréments qu'ils trouvaient chez lui; aussi, quand M. de Yandières, envoyé par sa sœur M""^ de Pompadour, pour se frotter un peu aux chefs-d'œuvre et se mettre en état d'être directeur des bâtiments royaux, arriva à Rome avec Soufflot et Cochin, descendit-il chez l'hospitalier directeur. Il n'y eut pas de fêtes qu'on ne donnât en son honneur, pas de parties qu'on n'organisât; mais le pauvre de Troy ne se doutait guère que cette visite serait la cause indirecte de sa mort. Yoici comment Mariette S si bien informé de tout ce qui se passait dans le monde artistique de son temps, raconte cet épisode : « Tout « se passa bien dans les commencemens, à la satis- « faction de l'un et de l'autre. Les pensionnaires

1 Abecedario, de Mariette , publié dans les Archives de l'art français.

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