‹ Les dessins d'enfants et leur significationChapitre 3 sur 18 · L. Graphique de hasard, 4. L. Interprétations succes · texte numérisé non relu

L. Graphique de hasard, 4. L. Interprétations succes

par fillette de 3 ans 6 mois sives : une table, puis un

qui déclare, après coup, que aéroplane, par garçon de3 ans c’est une main. et 8 mois.

Un moment arrive, vers trois ans, trois ans et demi, où l’enfant ayant tracé diverses lignes, on lui demande : « Qu'est-ce que tu as fait là ? » — Et l’autre de répondre : une main, un fouet, un papillon, un moulin — d’après la ressemblance vague que peut avoir son graphisme d'occasion avec l’une des choses qu'il connaît. C’est l’«interprétation après coup », où le mot associé à un objet se transporte sur ce qui rappelle l’objet. Luquet relate, à ce propos, l’histoire d’un garçon de trois ans huit mois qui devant une espèce de rectangle flanqué de quatre petits traits en désordre, déclare à ceux qui l’interrogent qu’il a voulu

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faire une table, puis, se ravisant, un aéroplane. L'interprétation après coup est ici flagrante. N’empêche que si le hasard de la ressemblance est seul déterminant d’une participation mentale, l'événement laisse de celle-ci des traces dans le système nerveux; et les jours suivants l’enfant se mettra à faire des essais de rectangles qui seront dorénavant des aéroplanes. C’est le processus suivi par À. R., qui à deux ans trois mois déjà, ayant fait toute une série de ronds biscornus, finalement baptisés pommes, s’est mis délibérément ensuite à réclamer papier et crayon pour faire des pommes. Le dessin est devenu conscient, intentionnel. Dans tout cela, 5. W. Pommes, interprétation après le passage de la manifestation coup, par André, 27 mois. motrice à la manifestation mentale a été le résultat d’un concours de circonstances heureuses. C’est une réussite au milieu de beaucoup de ratés passés inaperçus, mais qui se répétera après des ratés moins nombreux, et qui deviendra-aisée au point de se transformer en habitude, en une convention: les ronds seront des pommes. De semblables cercles, plus ou moins réguliers, ont été l’occasion pour une fillette de trois ans trois mois de parler, non pas de pommes, mais de « feuilles », et de dessiner à profusion des feuilles dans le jardin. Il est certain que ces premières expériences de l’enfant, de nature purement physiologique, si l’on peut dire, sont fort bien enregistrées et utilisées. Il ne sera nullement nécessaire, semble-t-il, de toujours passer par l'interprétation après coup pour se mettre à dessiner ceci ou cela, et par analogie d’excitants, par association, par extension, on saura exprimer d'emblée ce qui frappe.

Pour ce qui concerne la représentation de l'être humain, nous avons eu l’occasion de suivre les productions d’une fillette, au jour le jour. Or, si je classe par ordre chronologique les graphismes laissés, j'obtiens une série extrêmement suggestive. Voici, entre autres, des gribouillages de toutes espèces, non différenciés, simples projections sur un plan de réactions sensorimotrices, en apparence incohérentes, parfois plus ou moins rythmées. L'enfant arrive aïnsi au stade où il fait essentiellement des sortes de spirales, pour le plaisir, à première vue,

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