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d'écrire en tournant la main. Nous sommes à l’âge de deux ans, et les dessins, intermittents, resteront à peu près pareils jusqu’à trois ans. Mais à ce moment, et de semaine en semaine, il va 4 avoir des transformations remarquables. Précisément au trentesixièmé mois, Dory ayant refait une spirale d’un trait suivi, parfaitement net, se met à déclarer que c’est une vache, que c'est un chien, une vache, un chien ; la vague forme ovalaire du dessin peut en effet rappeler le corps d’un animal. Deux mois plus tard, la spirale se complète d’un jambage, puis de
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6, 7, 8, 9, W. Evolution des graphismes de Dory, du 25e au 39m mois (demi-grandeu:.)
deux ou trois traits rectilignes. Est-ce fortuit, est-ce un dessin d’aniv al, l'enfant pense-t-il à faire un bonhomme, ces tracés sont-ils faits consciemment ? Il n’en parle pas, nous n’en savons rien. Toujours est-il que quinze jours après, nous apercevons des bonshommes tout à fait certains, mélange de spirale, d’ovale, de traits maladroits, de points, approximativement assemblés, mais d’une coordination et d’une conscience telles que dorénavant c'est sans à-coup et d’un premier jet que notre petite fille répétera le graphisme et l’appellera bébé, maman, ou monsieur. En vingt mois, l’enfant a été de l’athétosique au précis, du fruste vers le différencié, des manifestations motrices aux manifestations mentales, de l’inconscient vers le conscient, par une motilité d'occasion, la réussite de hasard, la répétition, avec des vacillements, en marche brisée plus que continue.
Par ailleurs, il est peut-être intéressant de noter que le gribouillage le plus précoce que j’aie vu est celui d’un petit Italien de quatorze mois et que l’image de bonhomme la plus jeune que je connaisse est celle d’une fillette de trente mois. L'enfant voyant sa mère écrire à grand-papa et à grand’maman se mit, après des gribouillages sans but, faits en spirales, à tracer deux petits ovales
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barrés de deux traits maladroiïits, chaque figure ayant un grand
diamètre d’un centimètre environ. C’étaient grand-papa et grand’
maman. Evénement tout à fait émouvant que celui d’un bébé
décrivant sa parenté! Ce n’est
pas faute d’habileté qu’il nous
sort un dessin aussi simplifié,
car le fameux ovale ou rond,
complété de deux bâtons, va
se retrouver chez les enfants
jusqu’à quatre, cinq ans au
moins, sans oublier que les
enfants arriérés, mais adroits
des mains, font des bons- 10. W. Grand-papa et grand’maman,
hommes de même complexion. par fillette de 30 mois.
Véritablement, on peut l’af-
firmer, la vision du bébé est fruste au possible. On y
découvre deux éléments : la tête très probablement (com-
plétée bientôt des deux yeux, organes vivants par excellence), et le reste du corps, ou plutôt les jambes (qui bougent); — c’est l’essentiel de ce que lui révèlent ces géants bienveillants qui l'entourent. Humanité un peu cauchemardante pour nous, qui avons des connaissances multiples, difficilement réductibles à quelques traits. Mais indications nécessaires et suffisantes pour l’apprenti dessinateur.
Qu'on ait à faire à la petite Suissesse de trois ans six mois, à la Française de trois ans huit mois, au paysan anglais de trois à quatre ans, à l’enfant belge de
LS Une oeoine quatre ans, on retrouve chez tous le corps
par Madeleine, 3 ans humain représenté par une composition
et demi. formée d’un cercle et de deux lignes parallèles qui en descendent.
Certains marmots, vers quatre ans surtout, mettent dans le cercle deux points, deux taches noires ou deux petits ronds, peu importe, et cela représente évidemment les yeux. Mais avant cinq ans, on ne s’avise guère de noter l’existence du tronc ou des bras. Les graphiques relatent une perception de masse, à
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caractère mythique si l’on veut, de nature globale certainement, et ultra sommaire.
À cinq ans le document que nous apporte l’enfant se complète, on y aperçoit le tronc, d’abord petit et sans importance, indiqué