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Six aquarelles analogues au British Muséum

EXPOSÉS A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

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ses savantes oppositions de lumière et d'ombre, avec ses types plus calmes, d'une exécution plus soignée, est représentée par deux morceaux de premier ordre, à la plume et lavés d'encre de Chine, prêtés par Msr le duc d'Aumale. L'un est le Charlatan, qui, sans parler de sa valeur d'art, est la première pensée d'une planche gravée par Ostade en 1648 (Bartsch, I, 43), la plus belle et la plus rare de tout son œuvre.

VIERGE AVEC L'ENFANT, ÉCOLE FLAMANDE; FIN DU XVe SIÈCLE

(Collection de M. Mitcliell.)

L'autre, d'une époque peut-être un peu antérieure, la Danse au cabaret, a aussi servi au maître pour une de ses meilleures gravures (B., I, 49j, et pour le tableau qui a figuré cà la vente Paturot, en 1857.

La dernière manière d'Ostade, quoique la plus recherchée des acheteurs («les curieux Hollandois, dit Mariette, achettent ces desseins coloriés au poids de l'or »), quoique la plus finie, « la plus comme il faut », n'est pas celle qui nous séduit le plus: aux tons bruns mordorés a succédé une teinte pâle, grise, un peu froide; le feu de la jeunesse a perdu de sa chaleur; on sent que le maître est devenu à la mode, qu'il travaille

pour de riches amateurs, qu'il leur fait des concessions, qu'il se retient pour ainsi dire. Presque tous les morceaux de ce genre, toujours à l'aquarelle, ont été exécutés entre 1670 et 1678, un très grand nombre surtout en 1 673. La série en est longue; on en trouve dans tous les musées, dans toutes les collections : à l'Albertine, qui possède vingt-neuf Ostade (V Estaminet, de 1678; le Violoneux et les merveilleux Joueurs de quilles, de 1673); — chez M. Malcohn, qui a dix Ostade (dont cinq aquarelles), d'autres Joueurs de quilles; — d'autres encore (dont l'étude, au Louvre), de 1677, au Biitish Muséum, qui réunit quatre-vingts pièces (parmi lesquelles un Joueur de flûte, de 1673, et un Violoneux dans un estaminet, de 1675); — au Louvre, dix échantillons, quatre (entre autres l 'Estaminet , de 1673, aquarelle) provenant du legs His de la Salle ; deux petits buveurs; les Musiciens de village, de J673, analogues à une composition de la même année, gravée dans l'ouvrage de Ploos van Amstel; enfin une Ferme hollandaise, inondée de soleil, de la collection Mariette, tout à fait à part dans l'œuvre d'Ostade; — à Harlem (le bel Intérieur de paysans, de 167Z1, et un Estaminet, de 1678); — à l'Institut Staedel, vingt-trois (y compris la belle aquarelle de la collection Schneider, des Paysans dans une chambre); — à Windsor, six; — à Stockholm, dixsept; — sans parler de ceux du musée de Pesth, du musée Fodor, d'Amsterdam, et de ceux du cabinet des Estampes, de Berlin, fournis par les collections- Poccetti, Suermondt et Haussmann

L'Exposition compte quatre des aquarelles de ce temps, dont une est le chef-d'œuvre du genre, comme expression et exécution, et aussi au point, de vue de la conservation : à la porte d'une chaumière toute proprette, festonnée d'un cep de vigne, est une bonne vieille, assise, filant et causant avec un homme vu de dos, appuyé sur un bâton; petite merveille prêtée par Mgr le duc d'Aumale, ainsi qu'Un intérieur de chaumière hollandaise i puis Une compagnie jouant et buvant, gravée par Longueuil, dans le Cabinet Poulain, et par Chataigner, sous le titre Un estaminet, et qui se retrouve dans un beau tableau d'Ostade, conservé au Musée de Cassel, connu par l'eau-forte d'Unger (à M. Dutuit, qui conserve une autre aquarelle des mêmes années, non moins précieuse); enfin Un cabaret de village, appartenant à M. J. d'Ephrussi.

Ajoutons de suite au nom d'Ostade celui de J. Steen, dont le Charlatan traversant un village, prêté par Wr le duc d'Aumale, est vraiment digne de ce grand peintre comique, en un genre où avaient excellé

1. Voir, dans die Graphischen K'ànste, %r livraison, l'intéressante étude sur Ostade du Dr Bode.

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Brauwer et Téniers. — Pins tard, à la fin du siècle, G. Dusart viendra dessiner des Joueurs de quilles devant une auberge (n° /|12 du Catalogue),

LES ŒUVRES DE MISÉRICORDE, Par RUBEïjS.

(Collection de M. A. Armand.

ou des Fêles de saint Nicolas (n° 413); mais, malgré la jolie coloration des dessins prêtés par MM. Dutuit et J. d'Jtphrussi, ce ne sera jamais

que des Ostade de seconde catégorie. J. Steen aura emporté le secret de ces expressives scènes comiques. — Corn. Visscher a, sous les numéros 348 et 349, deux bons portraits prêtés par M. Dutuit (l'un représente une vieille femme assise à son rouet; l'autre, un homme assis, le bras droit appuyé sur le dossier de la chaise), œuvres brillantes et vivantes, où se peuvent apprécier la couleur argentine de son crayon et sa conscience d'études d'après nature, qui a beaucoup appris à notre Boissieu.

Quel que soit l'éclat de cette pléiade de petits maîtres, que l'on reconnaît aujourd'hui avec justice être de très grands maîtres, les peintres de l'école hollandaise, de tous ceux-là qui nous ont appris à nous et à nos excellents paysagistes contemporains l'amour vrai de la nature, tout se fond, tout disparaît devant la puissance étrange, devant la profondeur magique de ce Rembrandt, l'un des grands poètes de l'art universel. Il est difficile de voir, d'ailleurs, un artiste représenté plus complètement par toutes les faces et les nuances de son génie, que Rembrandt ne l'est ici au moyen du choix merveilleux auquel se sont prêtées toutes nos collections privées. M. Armand, à lui seul, a fourni quatre dessins d'une beauté supérieure : Jésus assis à l'entrée d'une grotte et conversant avec ses disciples groupés autour de lui, œuvre d'une finesse et d'une délicatesse d'exécution et d'une expression étonnantes; — de celte môme profonde justesse d'expression qui fait le génie même du maître et empêche de le confondre avec ses copistes ou ses imitateurs, et que l'on retrouve dans la figure du Jacob endormi que regarde un ange (groupe deux fois répété au Brilish Muséum); — comme dans la jeune femme coiffée à l'orientale et qui donne le sein à un enfant, femme et enfant qui reparaissent, en plus petite dimension, dans une rustique Sainte Famille de Ferdinand Bol, au Brilish Muséum; — vient encore de M. Armand ce paysage du Moulin, l'un des plus beaux qu'on puisse voir pour la chaleur du ton des terrains bitumés et l'étendue savamment dégradée des inondations lointaines. — A Mgr le duc d'Aumale nous devons cette supeibe figure d'homme nu, les mains liées derrière le dos, étude pour un Christ à la colonne; une autre étude un peu différente fait partie du cabinet du comte de Warwick à Londres, une troisième, au Brilish Muséum; — un Lion accroupi, dans l'altitude du sphinx, le plus superbe et le plus royal des lions que Rembrandt ait dessinés dans la ménagerie d'Amsterdam (le même lion au Brilish Muséum qui possède d'ailleurs une si merveilleuse suite de Rembrandt); l'autre lion, que nous voyons ici et qui appartient à M. Risler-Kestner, tout beau qu'il soit, est inférieur au premier ; sa construction est moins simple et moins forte, son attitude moins grande. Cette série des lions

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est l'une de celles où apparaît le plus puissamment la souplesse merveilleuse du génie de Rembrandt. Au Louvre seulement, parmi les quatre

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