‹ Les dessins de maîtres anciensChapitre 3 sur 31 · LES · texte numérisé non relu

LES

ANCIENS

claves. J'entre dans tous ces petits détails pour faire connaître les soins que se donnoit Michel-Ange pour arriver au point de la perfection dans ses ouvrages et pour donner une idée de celui-ci, qui ne subsiste point, car, de toutes les figures qu'il avoit ébauchées ou achevées, il ne reste que le Moyse, une des Victoires et deux esclaves... » — Le dessin du grand ange debout portant un globe, pour le couronnement du tombeau de Jules II, est celui qui se voit à notre exposition, sous le n° 72 du catalogue, et il a été donné par M. de La Salle à l'École des Beaux-Arts. — On peut reconnaître également pour l'étude de l'un des esclaves projetés du tombeau la belle* sanguine d'homme nu, dans une attitude tourmentée, qui appartient aujourd'hui à M. Armand, après avoir été acquise par M. Jul. Boilly de M. Lechevalier-Chevignard, lequel l'avait trouvée, si j'ai bonne mémoire, sur les quais, dans des défets d'images, parmi des paperasses à cinq sous.

De Mariette provenait encore le jeune homme nu, vu de face, que l'on suppose une étude pour un David. Au verso de la même feuille, appartenant à M. Gatteaux, une figure nue rejetée en arrière et le pied droit levé, plus un bras de cette même figure et une tête de vieillard à longue barbe. On pense reconnaître dans ce verso des études pour la Conversion de saint Paul, à la chapelle Pauline. — Tous les dessins de Michel-Ange que l'on voit là sont vraiment dignes de ce grand nom, aussi bien la figure d'Aman pour la Sixtine, que le croquis léger de la Flagellation du Christ pour le tableau peint par Sébastien del Piombo, et l'étude de figure couchée, à larges hachures, où Michel-Ange a tracé de sa belle grande écriture une recette de fresque pour le Vasari ; ces trois dernières feuilles appartenant à M. Malcolm.

Fra Bartolommeo est représenté par une série de dessins exquis, parmi lesquels je citerai particulièrement ceux appartenant à M. le duc d'Aumale et celui donné par M. de la Salle à l'École des Beaux-Arts. Bien de délicieux comme la fine plume de ce grand peintre en ses groupes d'anges et de saintes familles. — Les deux André del Sarte qui me charment le plus sont, je l'avouerai, les portraits de femme à la sanguine : celle assise un livre à la main, et que l'on croit être la Lucrezia Fede ; et la tête, aux yeux baissés, dessinée de grandeur presque naturelle, d'après la même beauté diabolique. De la vente du roi de Hollande est venu au Louvre un autre dessin d'André del Sarte1, celui-ci à la pierre noire, reproduisant la même tête de la Lucrèce, dans un mouvement tout à fait analogue; une troisième tête entièrement semblable de

\. Gravé dans la Gazelle, t. XV, 2e période, p. 277.

EXPOSÉS A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

la Lucrezia est aux Offices. Il semble que le peintre se soit également servi de ces trois éludes pour la sainte Catherine de la Déposition de

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