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ÉTUDE POUR LA MISE AU TOMBEAU DU PALAIS BORGHÈSE, PAR RAPHAËL

(Collection de M. Malcolm.)

croix du palais Pitti. — Et, après avoir noté la Vénus au bain, pour dire que je n'y reconnais point la manière très spéciale de Luca Penni, — et

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le Persée, attribué à Cellini, pour n'en pas parler, — et un beau dessin très curieux de la fin du xve siècle, attribué à l'école florentine (n° 56 du catalogue), Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux et portée suides nuages par des anges, dessin que je croirais bien plutôt d'un orfèvre de l'école de Mantègne ou de celle de Padoue, pour une plaque en bronze ou pour une Paix, et qu'ainsi je renverrais aux écoles du nord de l'Italie, — nous abordons l'école ombrienne et romaine.

M. Malcolm ouvre la série par un dessin de la plus haute curiosité, attribué avec la plus grande vraisemblance au père même de Raphaël, à Giovanni Santi. C'est une Résurrection qui rappelle le même sujet peint à fresque, par le même artiste, dans l'église San-Domenico, à Cagli. Il n'y faut point chercher d'art supérieur; mais, à voir la grâce douce et jeune des gardes du tombeau couchés au premier plan et la bonhomie d'attitude des deux autres vieux soldats, il est intéressant de reconnaître l'influence, parallèle à celle du Pérugin, que Santi a exercée sur les premiers ouvrages de son divin fils. — Quant au Pérugin lui-même, il est admirablement représenté par une dizaine d'importants dessins. On remarque particulièrement : les deux figures d'archers, pour le martyre de saint Sébastien de Panicale; les trois enfants, h la plume et gouachés; 'le saint, debout, dont le corps est drapé et les jambes nues (tous trois de la collection Reiset). Un autre dessin du Pérugin nous intéresse fort: c'est le groupe du grand prêtre, de la Vierge et de saint Joseph, formant le centre du tableau célèbre du Mariage de la Vierge, qui fait l'orgueil de notre Musée de Caen. Il y a bien des rehauts de blanc qui ne me semblent pas tout à fait contemporains du Pérugin, et le catalogue signale, d'après une note du docteur Wellesley, possesseur du dessin avant M. Malcolm, une autre étude àla sanguine, pour le même groupe, à l'Albertine de Vienne, et qu'il faudrait bien voir à côté de celui-ci, car une œuvre aussi renommée que le fut en son temps le Sposalizio du Pérugin doit avoir suscité bien des études, soit du peintre pour la préparer, soit dans son atelier d'après les dessins du maître; celui-ci n'en est pas moins très curieux pour nous, d'autant que nous pouvons voir tout près de lui une superbe étude de la tête de saint Joseph, et que le Louvre possède une autre étude de la tête de la Vierge. — Citons encore, du même Pérugin, trois études diverses pour le Pythagore du Cambio de Pérouse, appartenant à M. Mitchell, à M. Malcolm et au duc d'Aumale, et une autre très belle tête, enturbanée, de vieillard à longue barbe, appartenant à M. Alb. Goupil, qui, si elle n'est pas du Pérugin, est certainement d'un mai ire au moins son égal ; un joli fragment de composition, du Pinturicchio, pour une fresque de la Bibliothèque de

Sienne; une scène singulière d'ouverture de tombeau, dans un paysage semé de ruines antiques, attribuée au Bramante par le Vasari, et nous voilà à Raphaël.

Dans cette trinité des dieux de l'art qui s'appelle Léonard, Michel- Ange et Raphaël, celui-ci n'occupe pas la moindre place, et il la tient ici dans toute sa gloire. C'est encore à la collection de M. Reiset, et partant à Mer le duc d'Aumale, qu'ont été empruntés ses plus beaux dessins, en tête desquels il faut citer l'admirable Dispute du saint sacrement, que Caylus a gravée, et qui, du cabinet de Mariette, était passée dans celui de Randon de Boisset. Cette feuille ne donne, comme l'on sait, que la partie inférieure de la composition ; elle avait été acquise à la vente de Mariette, par l'intermédiaire de Boileau, au prix de 1,279 livres 19 sous; la partie supérieure de la Dispute fut adjugée à de Brasse pour 300 livres; on pense qu'elle est aujourd'hui en Angleterre; — le carton du Combat d'enfants, œuvre toute charmante de la jeunesse du divin maître, et provenant de la collection Yallardi ; — un autre carton d'un Jeune Moine lisant, analogue, remarque avec raison le catalogue, et c'est tout dire, au carton de la Sainte Catherine, du Louvre ; et un délicieux petit croquis à la plume, un rien, mais adorable, d'une femme agenouillée, les mains jointes et la tête tournée vers le ciel.

Un autre dessin très capital est la Fuite de Loth. appartenant à M. Armand, et que fera reproduire la Gazette. Celui-ci a passé par toutes les collections célèbres, depuis Christine de Suède et Crozat, Rutgers, Dimsdale, Lawrence, Woodburn, etc.; Galichon l'avait acquis à la vente du roi de Hollande. — Delà collection Reiset viennent encore: l'étude pour les trois figures d'Heures, jetant des fleurs pour le Festin des dieux, de la Farnésine (la principale de ces trois figures se retrouve dans un beau dessin à la plume conservé à l'Académie de Venise ; elle est placée au-dessus d'un vieillard assis. Voir Passavant, n° 11); — le groupe de cinq figures nues pour une Sainte Famille que l'on voit aujourd'hui à la Pinacothèque de Munich. — M. Malcolm a prêté une exquise tête de Vierge, de la plus pure jeunesse de Raphaël, admirablement conservée d'ailleurs, et que l'on connaît par le recueil d'Ottley ; — plus un dessin étrange, mais très vrai, représentant le squelette de la Vierge, soutenu par une sainte femme; au verso de la même feuille se trouvent d'autres têtes de saintes femmes pour la Mise au tombeau du palais Borghèse ; — joignez-y un dessin intéressant pour un tableau non exécuté de la Résurrection du Christ et qui vient de la collection Mitchell.

EXPOSÉS A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS. 23

Quand j'aurai noté, de l'ami fidèle de Raphaël, Timoteo Viti, une précieuse copie du dessin de la Belle Jardinière, dont nous nous étonnons de ne pas voir ici l'original, qui appartient à M. Timbal; deux charmants dessins de l'école de Raphaël, appartenant, comme le Timoteo

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