A AUGSBOURG EN 1160. — MORT A AUGSBOURG EN
aitre et initiateur de son fils, Holbein le 'Vieux eut une gloire discrète, effacée. La renommée d’Holbein le Jeune faisait méconnaître le mérite de son père et dédaigner longtemps ses ouvrages. En vérité, cet homme était digne d’un meilleur sort. 11 fit œuvre de vrai peintre et sut joindre de réels talents au lustre d'une paternité fameuse. Holbein l’Ancien était fils d’un tanneur d’Augsbourg, en Souabe. Il avait un frère, Sigismond, peintre comme lui. Ce frère fut bon oncle, il légua tout son bien au jeune Holbein. Dès ses premiers essais, notre artiste s’inspire de Schongauer et des Flamands. 11 semble craindre les raideurs de ses compatriotes, les Fritz Herlen, les Thomas Burgmair, les Zeitblom. Il est moins gothique, plus épuré et s’approche davantage de la manière d’Italie. Cet artiste mena une existence très-nomade. Il gagnait Hlm, y exécutait des triptyques et y recevait le droit de bourgeoisie. En 1501, il composait des scènes mystiques au couvent des dominicains de Francfort. Plus tard, il décorait l’église abbatiale d’Issenheim, près Colmar. 11 parcourait tous les bords du Rhin, travaillant avec l’ardeur hâtive d’un besogneux. Sa famille faisait maigre chair et il était pressé de créanciers. Aussi les gens de justice descendaient souvent chez lui. Pour éviter la méchante réputation de débiteur insolvable, le pauvre peintre travaillait à force, et ce labeur fiévreux, continu, multipliait ses œuvres. La cathédrale et le musée d’Augsbourg renferment de fort estimables peintures du vieil Holbein. Aux piliers de la nef de l’église sont encore suspendues quatre toiles datées de 1493. C’est un Sacrifice de Joachim, c’est une Naissance de la Vierge, c’est une Présentation, c’est un Jésus au temple. A la galerie publique se trouvent des triptyques : la Basilique de Sainte- Marie-Majeure et la
LES DESSINS DU LOÜVIili
Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. Ces deux ouvrages viennent de l’ancien couvent de Sainte-Catherine d’Augsbourg : ils formaient , avec plusieurs sujets de même sorte, une suite curieuse de tableaux d’architecture. La prieure du cloître célèbre, Dorothée Rehlinger, voulant édifier ses religieuses du spectacle des églises vénérées, demandait à Holbein et à d’autres, les images de ces pieux monuments. Il ne s’agissait guère d’une exactitude architectonique assez indifférente aux regards des aimables sœurs, mais de scènes d’Évangile accommodées à un cadre complaisant. Holbein jetait au travers d’élégantes colonnades, toutes de fantaisie, les légendes sacrées de la plus douce dévotion. Il mouvementait et vivifiait ses perspectives, groupait heureusement, finissait souplement et coquettement. Au même musée d’Augsbourg se voient encore la Transfiguration, le Christ en croix, la Descente de croix, la Mise au tombeau.
Ces diverses compositions manquent de style noble et de beauté, mais elles restent empreintes d’une fraîcheur naïve et d’une jeunesse charmante. Le coloris d’Holbein reflète un éclat suave, bien fait pour revêtir le naturalisme délicieux de son dessin. Ce dessin du maître, il est magistral, incisif; ses crayons semblent des pointes de fer. 11 découpe dans le vif du papier les profils des physionomies. Les papiers teintés d’ordinaire de rose, paraissent saigner de ses violentes hachures; ils portent les stigmates de ce stylet intraitable. Holbein était âpre et réel dans le portrait. 11 exprimait la silhouette humaine avec finesse et fermeté. Les cabinets d’estampes de Berlin et de Copenhague, la galerie de Bâle conservent de nombreuses « mines d’argent » du vieil Holbein. Ce sont des têtes d’honnêtes Augsbourgeois, composées d’après le naturel, sans recherche et sans souci de l’effet, l'arfois des personnages célèbres passent sous ses yeux : l’empereur Maximilien et les riches banquiers de l’Allemagne, les Fugger. Alors, il enlève ces Hères figures avec une superbe pierre d’argent sur un fond rehaussé de teintes douces. Et ces silhouettes aux lignes puissantes paraissent sortir d'une auréole. Holbein l’Ancien mourait en 1524. 11 laissait deux fils, Ambroise et Jean. 11 avait enseigné l’art de la peinture à Jean, et l’éducation de ce fils prédestiné fait le grand honneur du père.
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Le Louvre possède deux dessins d’IIolbein le Vieux : Portrait de femme. — Croquis divers, sur même feuillet. (Ces petites études sont intercalées dans notre texte.) Ces dessins proviennent de la collection His de la Salle. — (Le duc d’Aumale comple dans son Cabinet de dessins, plusieurs crayons d’Holbein l’Ancien, entre autres le portrait de l’artiste lui-même. Il est vu de trois quarts, cheveux longs et longue barbe. On lit en haut de la feuille, l’inscription : Hans Rolbain mater der ait.)
ÉCOLE ALLEMANDE
Holbein le Vieux 1
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