HÉ A PARME EH 1503. — MORT EH
he élégance outrée, des têtes, des corps, des jambes, des doigts d’une sveltesse et d’une longueur singulières, la recherche des formes élancées, de souples draperies, d’adorables contours, de vives attitudes, des conceptions pleines de contrastes, dis-
jjgpgjp? serait le vrai surnom. Le divin peintre des Madones n’aurait pas reconnu Mazzola pour le fils de toutes ses complaisances : le génie les séparait. La gloire riante du Corrège l’écraserait moins. Les deux lombards présentent en effet des caractères communs. La grâce de leur style enveloppe le doux mysticisme des Vierges et les lascives nonchalances de la mythologie. Mais l’Allegri était un maître dangereux; son charme dé¬
générait parfois en manière. Cette manière, le Parmesan l’adoptait et l’exagérait.
Leur procédé différait pourtant. La pensée du Corrège sortait de ses pinceaux « haveva i suoi pensieri nella stremità dei penelli »; ce coloriste enchanteur ébauchait et ne dessinait guère.
Le Parmesan, lui, aimait surtout ses crayons, sa plume et son bistre. Cette préférence n’excluait pas la poursuite des belles carnations, des lumières imprévues ; et sans nuire à l’œuvre du maître, elle charmait ses loisirs.
Sa plume court avec des effdements de trait, avec des délicatesses d’eau-forte, avec une rare fertilité de main. Elle ne prépare des toiles, ni ne projette des fresques. Heureuse de ses mille impromptus, elle ne prévoit point leur usage et se contente de satisfaire sa lièvre. Viennent les tableaux, les murailles à revêtir, alors un thème s’impose et des croquis le traduisent.
Cette abondance du Parmesan se trouvait encore stimulée. Il se mêlait de gravure et fort habilement. On lui doit même la découverte des planches au noir et au blanc. Cette passion d’aquafortiste renouvelait chaque jour sa verve et multipliait ses dessins.
Élève de ses deux oncles Michel et Hilaire, le Mazzola subit l’influence de Jules Romain; mais le Corrège le séduisait bientôt.
Dès l’âge de seize ans, il décorait le baptistère de l’église de l’Annonciade, à Parme. Peu après, Rome l’attirait. Clément VII le protège. Il continue les peintures de la salle des Papes, commencées par Jean dà Ddine.
Le sac de Rome en 1527 le surprenait au milieu de ses travaux. Comme un autre Protogène, les reîtres l’épargnèrent le premier jour, mais le lendemain il dut payer rançon. Il s’enfuit à Bologne; les églises lui commandent nombre de saintes Familles.
Vers cette époque, Charles-Quint arrivait dans cette ville pour être couronné des mains du Pape. Cette circonstance célèbre servait le Parmesan. Il pouvait étudier aux repas de l’Empereur, le visage austère du sombre potentat et faire de mémoire son portrait. Il le représente lauré ; Hercule enfant lui offrait le globe du monde. Ce symbole de victoire et de monarchie universelle flatta le souverain; la justesse expressive de sa personne ainsi obtenue le stupéfia; l’artiste ressentit les effets de sa munificence.
De retour à Parme, le peintre recevait de sa patrie un accueil touchant et la consolait de la mort du Corrège. L’église de la Maclonadella steccata le montre de reste. Le chapitre voulant recouvrir de fresques la voûte et la grande arcade, désigna le nouveau venu.
Bientôt trois figures Moïse, Adam et Ève, prenaient possession des arcs du dôme et semblaient promettre une suite merveilleuse.
L’ardeur étrange de Mazzola pour l’alchimie le détournait, hélas! de cet ouvrage. Sommé par les gens de justice de poursuivre une œuvre payée d’avance, il se retirait certain soir à Casai Maggiore et cherchait avec rage la pierre philosophale. Il trouva la fièvre , une fièvre mortelle , dans cette folie curieuse, et cessa de vivre à trente-six ans.
Le Louvre renferme cent treize dessins du Parmesan et soixante quatre attribués. La plupart sont des plumes avec bistre. Les sanguines, fort nettes dans leur moelleux tracé, expriment la douceur savante du maitre. Au nombre des compositions de tous genres, on remarque plusieurs croquis pour la fameuse décoration de la Steccata : Moïse , crayon estompé par le temps mais d’une belle allure indignée. Le législateur presque nu est assis sur des fragments d’architecture; d’un mouvement terrible, il projette les tables de la loi. — Femme drapée debout. — Décoration architecturale, etc-, etc. Des recueils de fac-similé ont répandu beaucoup de dessins du Parmesan.
Ni'colo del’ Abbate, l’un des chefs de notre école de Fontainebleau, importa chez nous le style de Mazzola.
ÉCOLE LOMBARDE