‹ Les dessous de la séparationChapitre 7 sur 24 · ARRACHER LA FEMME A L'ÉGLISE AVANT LA SÉPARATION · texte numérisé non relu

ARRACHER LA FEMME A L'ÉGLISE AVANT LA SÉPARATION

La maçonnerie veut déchristianiser la France. — Elle redoute Varmée et surtout la femme, — Uarmée, c'est la guerre civile ; la femrae^ c'est la guerre intestine, — Avant d'arracher Dieu des temples, il faut Varracher du cœur de la femme, — Les tenues blanches, — La morale dans les lycées de jeunes filles, — La maçonnerie et la dépopulation de la France.

Dans la Franc-maçonnerie et la Question religieuse, M. Gopin-Albancelli nous fait connaître la résolution suivante qui fut votée dans une réunion, maçonnique : « Le but de la franc-maçonnerie doit être de déchristianiser la France par tous les moyens, mais surtout en étranglant le catholicisme peu à peu, chaque année, par des lois nouvelles contre le clergé. »

Décatholiciser la France, c'était donc ouvertement l'objectif de la maçonnerie, celui qui ralliait dans la haine du Papisme les protestants, les juifs, les libres-penseurs, les socialistes et aussi les Anglais, agissant en corrirriun depuis vingt-trois ans^

De concert, ils ont fait à la religion de la majorité des Français une guerre impitoyable, ils ont chassé de leurs paisibles demeures, comme des malfaiteurs, ces religieux et ces religieuses dont la charité inépuisable nourrissait tant de malheureux; en promettant leurs richesses aux ouvriers, ils les ont dépouillés, et le fameux miUiard s'est envolé en fumée, laissant seulement quelques centaines de mille francs dans les poches des Millerand et autres riches socialistes.

Prête à briser le contrat passé par la France avec le. Saint-Siège, prête à faire la séparation, la secte tremble devant son forfait, elle a peur du soldat, elle épure Tarmée, mais elle. a peur surtout de la femme qu'elle cherche, depuis tant d'années, à arracher à l'Eglise. Le soldat, c'est la guerre civile ; mais la femme, c'est la guerre intestine ; l'armée, au jour de la séparation et des troubles religieux, muselée maintenant, ne pourra plus agir, mais la femme ? les plus terribles maçons tremblent devant elle, les plus hauts fonctionnaires de la République n'osent empêcher les leurs de fréquenter les sacrements ; il faudra, coûte que coûte, arracher Dieu du cœur de la jeune épouse, de la jeune mère, comme on l'a chassé du cœur de l'homme et de l'enfant, pour pouvoir, sans danger, le chasser bientôt de ses temples où le culte maçonnique sera incessamment installé.

Mais nous allons voir le travail continu que la maçonnerie a fait contre la femme et contre la famille, et derrière son œuvre antichrétienne nous allons aisément découvrir son œuvre antipatriotique et Vétranger nous apparaîtra intéressé, comme toujours, à la réalisation de cette partie du plan maçonnique.

(( Si vous êtes d'avis », disait au convent de 1900 le

F .-. Levillion, « que ce qu'il faut, avant tout dans Tenfant, c'est Téducation morale et intellectuelle, je vous le répète, pour l'éducation* des enfants, U faut que la femme vienne dans nos loges. »

Le P. .Poulie, président du couvent de 1893, donnait ce conseil aux membres " de l'assemblée : « Gomme maçons, autour de vous!, agissez dans le sens de nos idées et la première conquête à faire, conquête bien difficile à faire quand il s'agit des idées, c'est la conquête de la femme, c'est là que sera notre force plus tard. » Au congrès maçonnique de Boulogne-sur-Mcr, en 1899, un frère s'exprimait ainsi : « Il y a deux personnes qui pourraient fournir une grande force à la maçonnerie : Vinstituteur et la femme ;il faut que nous gagnions la femme ; quand elle nous donnera la main, nos ennemis auront vécu. » Ce que le P.*. Beauquier, député du Doubs, avait dit aussi à* Besançon : « Persuadons-nous bien que noua ne serons réellement victorieux des superstitions que le jour où nous serons aidés par la femme, et quand elle combattra le bon combat à nos côtés. »

Aussi, au couvent de 1900, où la question fut traitée, le P,'. Bonnel s'écrie : Nous sommes tous d'accord qu'il y a quelque chose à faire pour attirer les femmes à la franc-maçonnerie ; nous som,m.es tous d'accord que la femme est Vapôtre le plus fervent des idées qu'elle porte au cœur, et que notre devoir est, par conséquent, de ne pas négliger un élément de propagande aussi sérieux, et l'assemblée adoptait un vœu renvoyant « à l'étude desi loges^ la recherche des moyens les plus efficaces pour établir l'influence des idées maçonniques sur les femmes, tenter de les arracher à l'influence des prêtres et créer telles institutions aptes à

atteindre ce but. » Soustraire la femme à* Tinfluence du prêtre avant la séparation, empêcher ainsi toute révolte, les aveux abondent sur ce point.

« Arrachonç nos enfants, s'écriait-on, en 1882 à la loge de Montélimar, mais surtout arrachons nos femmesi, si nous voulons que nos fils deviennent un jours de bons citoyens, des griffes de ces prétendus représientants de Dieu sur terre, qui ne cherchent qu'à dominer au spirituel, à se rendre maîtres des âmes, que pour mieux asservir les corps, établir et perpétuer leur puissance et leur autorité sur le temporel. »

En 1897, au congrès maçonnique de Tunis, un vœu est voté pour demander que la femme soit soustraite à Faction abrutissante du prêtre, et à celui d'Amiens, en 1901, on affirme ceci : « Les idées maçonniques ne deviendront sympathiques à la masse féminine qu'autant que, par leur éducation, les femmes auront été d'abord affranchies de tout préjugé, libérées des vaines et stupides terreurs que Véducation cléricale sème intentionnellement dans les consciences^ la crainte étant pour TEgUse le plus commode et le plus efficace moyen de domination. » Si nous avions ici la place pour parler des tenues blanches^ des cérémonies pseudo-religieuses, des admissions des femmes aux travaux maçonniques, nous ferions l'histoire de la séduction de la femme par son vieil ennemi, depuis le Paradis terrestre.

S'efforcer de détourner la femme de l'Eglise par tous les mensonges, par toutes les calomnies, flatter ses vices, la démoraliser pour l'acheminer à la libre-pensée, voilà toute l'œuvre maçonnique.

Le mouvement pour arracher la femme à l'Eglise remonte à la loi du 21 décembre 1880, présentée par le F •••juif Camille Sée,

Cette loi d'essence maçonnique créa dans chaque département des lycées pour l'éducation des jeunes filles où l'on accorda le plus de bourses possible.. Pour assurer le recrutement de jeunes professeurs exclusivement destinées à cet enseignement on fonda l'année suivante, à Sèvres, une école normale, où l'on pardonne tout, sauf la pratique de la religion catkolique.

Dans les lycées de jeunes filles, on inculque la morale indépendante du dogme, on y tourne en dérision les prêtres et les saints mystères, mais les pasteurs protestants n'y sont point dénigrés.

Il serait trop long d'énumérer les œuvres maçonniques destinées à détourner la femme de l'Eglise catholique, nous avons vu suffisamment de faits pour admettre maintenant que la secte tend à émanciper la femme de nos dogmes et de nos croyances, est-ce donc pour consolider le foyer, pour rendre la famille plus unie ?

Non pas ! C'est à la maçonnerie, c'est à son odieux mandataire, le juif Naquet, que l'on doit la loi du divorce votée en 1884, et le docteur A. Blatin, dans le rituel maçonnique pour tenues blanches, le déclare sans ambages :

« Nous rendons hommage à la logique et à la sagesse des législateurs républicains qui ont introduit dans nos lois le principe du divorce si longtemps réclamé par nous. »

Bien mieux l'union libre est encouragée comme un progrès, comme un pas vers un avenir meilleur, comme un idéal à atteindre. En 1904, dans une conférence sur le rôle de la femme faite à la loge le Lion des peuples, à Paris, le docteur Henri Fischer, au nom et sous les auspices du Grand-Orient de France, conclut ainsi ;

« La franc-maçonnerie tiendra à honneur, comme d'ailleurs dans toutes les questions qui intéressent le bonheur et le progrès du genre humain, de marchoj^ au premier rang et de favoriser ce' mouvement d'émancipation par son exemple et son formidable appui, ainsi que sa toute-puissante publicité ; elle proclamera hautement que les humains procréaient et se mariaient bien avant qu'il y eût des prêtres et des officiers de l'état civil^ ainsi qu'une société plus ou moins bien civilisée, » Le docteur Blatin, cet autre pontife maçonnique, dans son rituel pour tenues blanches, expliquant aux époux la théorie maçonnique du mariage, prévoit le moment où « les prétoires de la justice ne retentiront plus du bruit des conflits conjugaux, où les questions si graves d'aujourd'hui, du mariage sans amour et de l'amour sans mariage, ne se poseront plus, et où le triste problème, que soumet en ce moment à la France étonnée la dépopulation progressive de son territoire, se résoudra de lui-même par le libre jeu des forces naturelles que rien ne viendra plus détourner de leur but ».

Dans cette question de la dépo'pulation française, qui préoccupe si fort les patriotes, la maçonnerie sera-t-éllc pour la repopulation ? Certainement non, la maçonnerie sera néo-malthusienne, avec Robin de Gempuis, et elle prêchera les unions stériles. Dans son numéro de septembre 1901, la Revue maçonnique publiait ceci : « Dans ces quelques pages intitulées : Population et prudence procréatrice, Robin professe délibérément dans l'intérêt de l'humanité la doctrine de l'amour stérile », et elle demande que la femme soit initiée aux secrets de cette doctrine,

La Revue maçormique de février 1903, sous le titre : Repeuplement social, donne des détails très précis sur

LES DESSOUS DE IiA SÉPARATION 45

le néo-malthusianisme, et fait Téloge du P.*. Robin et du journal de propagande la Régénération^ fondé pour la propagation de ces idées, et dans le dernier numéro duquel on trouve le résumé historique d'un ouvrage signalé comme une véritable Bible de Vhumanité. A plusieurs reprises les revues et journaux maçons préconisent le système du F .-.Robin ; on pourrait citer dix passages où il est fait Téloge de Tamour stérile, ce ne sont donc pas des théories isolées, mais officiellement l'opinion de la maçonnerie publiée dans une revue vieille de vingt-cinq ans et dont le numéro de janvier 1905 porte le n^ 286, et publie régulièrement le compte rendu des tenues des loges.

A qui fera-t-on croire du reste, connaissant la discipline des loges, que le docteur Robin, franc-maçon éminent, inonderait le pays d'innombrables imprimés et ferait autant d'abominables conférences techniques, s'il n'y était encouragé, aidé et subrventionné par les loges ?

Ainsi donc pour arriver à la dernière étape de l'anticléricalisme, la séparation, la maçonnerie a mis tout en œuvre pour déchristianiser la femme et la détourner de l'Eglise et du prêtre, et en même temps que, graduellement, elle préparait la séparation et le schisme, par le divorce, par la défense de l'union libre, elle amenait la ruine du foyer, et enfm, par la propagation du néo-malthusianisme, elle préparait l'achèvement de la ruine de la France à laquelle elle travaille depuis si longtemps de concert avec l'Angleterre.

L'Angleterre, toujours l'Angleterre, l'ennemie séculaire de notre foi, de notre bien-être économique, de notre grandeur morale et militaire, l'Angleterre dans la crainte de laquelle chaque enfant de France devrait

être élevé, comme il devrait être éduqué dans la haine des deux maîtres de nôtre malheureux pays : le juif et le franc-maçon, ces deux chancres rongeurs de la France.

Page 1