‹ Les dessous de la séparationChapitre 8 sur 24 · IL FALLAIT QUE DREYFUS FUT INNOCENT · texte numérisé non relu

IL FALLAIT QUE DREYFUS FUT INNOCENT

L'affaire Dreyfus était le lien indispensable qui pouvait unir juifs^ protestants^ socialistes et maçons contre VEglise et contre Varmée. — U antisémitisme. — Opinion de Renan sur les juifs. — L'affaire Dreyfus et les agences anglaises. — Un grand pas vers la séparation.

La France possède une tradition militaire et une tradition religieuse. Il n'est pas de nation sans armée! et ceux qui travaillent à détruire la nôtre nous conduisent à la ruine de la patrie consciemment ou inconsciemment.

Il n'est pas de pays qui se soit formé autrement que par Tépée. L'Italie contemporaine, l'Allemagne actuelle et la France royale, révolutionnaire et impériale en sont témoins. Une armée puissante et brave n'est pas seulement la garantie de la sécurité nationale, elle contribue aussi à sa richesse, à sa prospérité, en donnant confiance à son crédit.

Les antimilitaristes, tous ceux qui s'efforcent de diminuer les forces sacrées du pays, sont ou des traîtres

OU des imbéciles, ils sont vendus à Tétranger, ou ignorants se laissent stupidement conduire par des coquins.

Nous avons aussi une tradition religieuse, nous sommes catholiques, non seulement par croyance, mais encore par politique et par intérêt.

Dans son opuscule Les Ennemis de rame française, M. Brun,etière a dit : « Ce que je constate en fait et dans l'histoire, c'est que dans le monde entier, de même que le protestantisme c'est l'Angleterre, et l'orthodoxie c'est la Russie, ainsi la France c'est le catholicisme. Ce que je constate en fait et dans l'histoire, c'est que, depuis douze cents ans, le rôle de nation protectrice et propagatrice du catholicisme a été celui de la France.

(( Ce que je constate en fait et dans l'histoire, c'est que nous avons rendu de grands services au catholicisme, le cathohcisme nous en a rendu peut-être davantage ou de plus grands encore. Et ce que j'en conclus, enfin, c'est que tout ce que nous ferons, tout ce que nous laisserons faire contre le cathohcisme, nous le laisserons faire et nous le ferons au détriment de notre influence dans le monde au rebours de toute histoire et aux dépens des qualités qui sont celles des âmes françaises. »

Eh bien, nous voulons parler ici de la campagne criminelle qui a été menée contre la double tradition française militaire et religieuse, et nous voulons montrer que l'affaire Dreyfus, conduite par les ennemis de la France, a voulu frapper notre pays dans son armée et dans son Eglise pour amener à la fois le désarmement et le schisme.

L'affaire Dreyfus doit prendre une place prépondérante dans la campagne anticléricale, elle a permis de brûler les étapes, et la rupture du Concordat, qui

semblait si lointaine à Gambetta et à Paul Bert, a pu, grâce à la coalition de tous les ennemis de l'Eglise, être singulièrement accélérée.

Il n'entre pas dans le plan de ce livre de reprendre la question de la culpabilité de Dreyfus ou de discuter la valeur du bordereau, mais il nous appartient de rechercher les conséquences de l'affaire qui furent terribles pour les catholiques, pour l'armée et pour notre malheureuse France.

L'affaire a été surtout une machine de guerre dirigée contre l'Eglise, bien que les infortunés catholiques soient demeurés complètement étrangers à l'arrestation de Dreyfus ordonnée par un ministre républicain et libre-penseur, étrangers aussi à la condamnation, puisque le commandant de Bréon, juge au conseil de guerre, a ouvertement voté en faveur du traître après avoir assisté à la messe à Rennes.

Pourtant, on a voulu absolument faire de la condamnation de Dreyfus une œuvre du papisme, parce que cela était indispensable pour activer la lutte contre le cléricalisme et enfin aboutir à la rupture avec Rom^ et à la séparation de TEglise et de VEtat,

L'affaire allait, en effet, réunir les maçonsi, les protestants et les étrangers, les syndiquer contre la papauté, avec plus de force que par le passé ; et, enfin, satisfaire les adversaires de Tarruée, les socialistes, qui redoutent ce seul obstacle opposé à la révolution.

C'est ce syndicat qui a fait la force de l'affaire Dreyfus, et qui a commencé à s'attaquer avec fureur à l'antisémitisme comme à une œuvre jésuitique, seule cause d'une affaire confessionnelle, montée de toute pièce.

L'antisémitisme, ce bouc émisstdre de Vaffaire, qui a suscité tant de haine existe dans toutes les nations ;

chez les Allemands luthériens, il est bien plus violent qu'en France ; chez les Russes et les Roumains grecs orthodoxes, il est cruel ; chez les Arabes, les Persans et les Turcs, il est féroce. Ce n'est donc pas une question religieuse, qui a fait naître et croître l'antisémitisme en Autriche ou en France, c'est simplement une question de préservation sociale et nationale.

Ce qui a produit naturellement l'antisémitisme, c'est le juif lui-même, par son outrecuidance, par son âpreté, par ses crimes et ses déprédations. 100,000 juifs en cent années se sont emparés du tiers de la fortune de la France, non en travaillant, non en servant le pays, mais par l'usure, l'agiotage, la spéculation, les manœuvres frauduleuses de toute espèce.

On s'étonne après cela que l'antisémitisme crie au voleur et montre que depuis les premiers âges deux races se disputent le monde : Tarycnne et la sémite, et que la sémite n'a point droit à dominer la nôtre.

« Je suis le premier à reconnaître, écrivait Renan en 1855, que la race sémitique, comparée à la race indoeuropéenne, représenite réellement une combinaison inférieure de la nature humaine... le sémite ne connaît guère que ses devoirs envers lui-même. »

Tridon, ancien membre de la Commune et auteur du Molochisme juif, dit encore avec plus de force :

« Les sémites, c'est l'ombre au tableau de la civilisation, le mauvais génie de la terre ; tous leurs cadeaux sont des pestes, combattre l'esprit et les idées sémites est la tâche de la race aryenne. »

Renan a dit encore : « Insociable, étranger, partout sans patrie, sans autres intérêts que ceux de sa secte, le juif talmudiste a souvent été un fléau pour le pays où le sort l'a porté. »

Ce ne sont pas des antisémites pourtant qui parlent ainsi ; enfin l'histoire depuis Judas enregistre une suite ininterrompue de trahisons et de crimes affreux commis par les juifs chez les peuples assez confiants pour leur donner asile.

Que voulez-vous, c'est un fait indiscutable, si les' catholiques, si les papes n'ont rien fait contre les juifs, au contraire, les Juifs qui se donnent comme des martyrs ont toujours en dessous combattu le catholicisme et la papauté par tous les moyens possibles.

Gomme le constate l'abbé Léman, un converti qui les connaît bien, « le jour où les juifs entrèrent dans la législation française le Christ en était chassé. » Le jour où Dreyfus rentrait en France les sœurs et les moines en sortaient et quand les grands juifs se pavanaient dans des palais volés, les petites sœurs chassées de leurs hôpitaux voyaient vendre leurs pauvres meubles sur la place publique.

Malgré les conseils de guerre, Dreyfus devait donc être innocent, malgré tous les aveux il ne pouvait être coupable. Son acquittement était indispensable pour justifier la campagne de haine menée contre l'Eglise et contre l'armée.

Aussi pour créer l'état d'esprit dreyfusard à l'étranger a-t-on dépensé sans compter ; voici à ce sujet des paroles bien suggestives.

André Cheradame termine ainsi une brochure sur l'affaire vue à Vétranger :

« Si je résume donc les résultats certains de la campagne dreyfusiste à l'extérieur je trouve :

« Augmentation de notre impuissance diplomaî.i(iue ;

(( Perte de milhons par centaines ;

« Atteinte au prestige moral de la France.

« Ces trois laits, se produisant dans les circonstances actuelles, dépasseront peut-être en conséquences la portée de Sedan.

(( Quels sont les auteurs responsables de ce nouveau désastre ?

> « Une puissance mystérieuse a travaillé l'Europe. Il n'est pas possible que dans des pays si divers ayant des intérêts si différents, où nous comptions des amis si nombreux, l'unité d'opinion constatée soit un résultat naturel.

« Il me paraît certain que les agences de renseignements qui donnent aux journaux leurs nouvelles ont été entre les mains de cette puissance occulte. Partout les dépêches ont été triées. Seules celles dans un sens dreyfusiste ont passé ; les commentaires dont elles sont la base ont été nécessairement dreyfusistes et il en est résulté l'unité d'opinion dreyfusiste.

(( L'habileté infinie, l'appropriation des procédés de propagande aux milieux que partout j'ai constatées, m'ont confirmé dans mon opinion.

« Je crois donc fermement qu'on a perverti l'opinion étrangère.

« Pour y arriver, des hommes encore inconnus ont dû disposer d'influences considérables et de sommes inouïes.

(( Les collectes des Israélites de Galicie et de Podolie n'ont pas dû suffire ; d'ailleurs, fautril, comme certains le veulent, attribuer aux seuls Israélites la direction de la campagne ? Je ne le crois pas, et l'équité me fait un devoir de déclarer qu'au cours de mon voyage j'ai rencontré deux Israélites assurément honorables qui ont à la fois reconnu et blâmé la campagne entreprise.

« Des intérêts plus complexes me semblent s'être unis

contre nous. Je ne pense pas être loin de la vérité en disant qu'à côté d'une solidarité de race déplorablement comprise s'est trouvé te plan politique de VAngleterre.., » '

Cette opinion est partagée par tous ceux qui pensent, par tous ceux qui raisonnent I L'affaire Dreyfus a été un merveilleux instrument aux mains de l'étranger, elle a servi partout à l'Angleterre pour faire avancer son œuvre de mort contre la France qui est son ennemie née et elle a fait faire un grand pas vers la séparation.

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