‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 103 sur 842 · Vienne, U septembre 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, U septembre 1814 (F. 1. ad

HUMBOLDT au ROI DE PRUSSE {intercepta en français).

Son audience chez l'Empereur. Nécessité de l'union entre l'Autriche et la Prusse. Les audiences de Saint-Marsan ctdeConsalvi. L'évacuation d'Alexandrie promise à Saint-Marsan. Les Légations réclamées par le pape. Les offres de Murât et le refus du Pape. Stadion ministre des Finances.

Il rend compte de « l'audience qui lui a été accordée par l'Empereur qui lui a parlé de la manière la plus expressive de la nécessité d'une union étroite entre la Prusse et l'Autriche et de son vif désir de faire tout son possible pour resserrer ces liens toujours davantage entre la Prusse et l'Autriche. Les archiducs Charles et Jean se sont exprimés avec les plus grands éloges sur la part glorieuse que les troupes prussiennes ont pris au succès de la dernière guerre.

Le Cardinal Consalvi et le marquis de Saint-Marsan avaient le même jour leurs audiences auprès de l'Empereur. Sa Majesté a dit à Saint-Marsan (1) que l'évacuation d'Alexandrie (2) ne souffrira pas de difficulté. L'organisation de l'armée piémontaise avance assez rapidement.

Le Cardinal a principalement recommandé à l'Empereur la restitution au Pape des trois Légations de Bologne, Ferrare et Ravenne. Sa Majesté ne s'est pas expliquée à ce sujet ; mais Elle a dit de la manière la plus positive qu'Elle ne prétendait en aucune manière de garder ces provinces pour Elle.

Je me suis aperçu dans l'entretien que j'ai eu sur ce sujet avec le Cardinal Consalvi qu'il a entendu parler du projet de donner ces Trois Légations au roi de Saxe, mais que cela lui paraît un simple bruit duquel il ne prend pas ombrage jus-

1. Saint-Marsan (Philippe-Antoine-Marie Asinari, marquis de) (1751-1821) fit la campagne de 1796 contre la France et devint ensuite ministre de la Guerre. Il se rallia à Napoléon qui le nomma conseiller d'Etat, ambassadeuï à Berlin, comte de l'Empire par Lettres patentes du 25 octobre 1808 et séna leur le 4 avril 1813. Chef du conseil suprême de régence en 1814, il repré senta la Sardaigne comme premier plénipotentiaire au Congrès de Vienne^ Ministre de la Guerre en 1815, puis ministre des Affaires Etrangères, grani chambellan de Charles-Félix (première charge de la cour) Saint-Marsan étai en outre Collier de l'Annonciade.

2. Malgré les déclarations de François !•', ce ne fut cependant qu'au commencement de 1815 que les troupes autrichiennes évacuèrent Alexandrie.

qu'à présent. Je me suis naturellement gardé d'éveiller son attention là-dessus.

J'ignore si le Ministère de Votre Majesté a été informé que, déjà lorsque nous étions à Paris, le roi Joachim a offert au pape d'évacuer d'abord TEtat Romain, de prendre l'investiture future du pape, ainsi que cela se faisait ci-devant, si de son côté ce dernier voulait le reconnaître comme roi de Naples. Le pape lui a fait répondre que cela était impossible avant que le Congrès de Vienne ne fût terminé et que les autres puisjances de l'Europe ne l'eussent reconnu (1). Le pape a cru mieux aire de souffrir encore pendant quelque temps l'occupation l'une partie de ses Etats que d'en acheter la récupération à ie prix.

Le comte Stadion vient d'être nommé ministre des Finances t non président de la Chambre des Finances, comme l'était

comte Wallis. On ne sait pas s'il acceptera cette place.

Vienne, 17-18 septembre 1814.

Page 1