Représentant à Vienne du prince primat
Metternich, c'est ainsi qu'on juge la conduite politique du prince chez Starhemberg, a commis deux lourdes fautes. La première, en 1813, lorsqu'au moment de l'évacuation du territoire russe il négligea d'occuper la partie occidentale de la Galicie qui avait appartenu à l'Autriche et Cracovie. Si nous avions repris à ce moment possession de la Galicie Occidentale, personne n'aurait songé à nous la contester. La deuxième, en décembre 1813, lors de l'entrée à Francfort où il lui eut été facile de faire proclamer François, empereur du Saint-Empire Romain. On a laissé passer le moment et maintenant c'en est fait de la couronne impériale d'Allemagne.
Les Fûrstenberg, Chotek, Wallis, Hatzfeld, Stadion, Schônborn, CoUoredo et Starhemberg trouvent toujours quelque chose à critiquer dans les actes du prince de Metternich. Quant au public, il ne désire qu'une seule chose, la fin prochaine du Congrès afin qu'on réduise les effectifs de l'armée, qu'on retire les Anticipations scheine (1) (bons d'anticipation) et que le renchérissement général cesse.
L'Impératrice de Russie est beaucoup plus goûtée par le public que son mari. Toutes les personnes qui assistent au Cercle qu'elle tient, disent qu'elle est bien autrement courtoise et aimable que l'Empereur. Il faut reconnaître du reste qu'Alexandre est presque sourd.
Le roi de Prusse dîne et passe ses soirées chez Taxis et va au théâtre dans les loges de la princesse qui est d'ailleurs sa belle-sœur (2).
Le duc de Weimar se plaint du climat de Vienne et de ce que les faubourgs de la ville ne sont pas pavés. Les étrangers ont été émerveillés par les fêtes données à Laxenburg et par les manœuvres de Bruck, La redoute parée d*hier a été très réussie. Le roi de Prusse portait le costume hongrois.
Dalberg a dit ces jours-ci : € Vous trouvez singulier que je sois l'un des ministres de France à Vienne, mais n'est-ce pas un Français, un émigré, le baron de Bombelles (3), qui est ministre d'Autriche à Paris.