Vienne, 25 octobre 1814 (F. 2. 3148 ad
B... à HAGER
Anstett et Alexandre. Conférence du 22 chez Alexandre. Anstett charge de rédiger le mémoire dans lequel Alexandre réclame et exige toute la Pologne. La brochure de Lips. Mécontentement des Médiatisés. La Constitution allemande. Thugut et les journaux étrangers.
La disgrâce d 'Anstett n'a pas Tair d'être bien sérieuse. Le U, il reçut de l'Empereur un billet autographe au crayon que j'ai lu et dans lequel après lui avoir dit toutes sortes de choses aimables au sujet de son habileté et de sa manière de rédiger les notes, Alexandre le convoquait pour le lendemain.
« Je sais bien de quoi il en retourne, me dit-il. L'Empereur a des idées essentiellement différentes des miennes. Je vais donc une fois de plus être obligé de le contredire et de lui déplaire. Je resterai fidèle à ma manière de voir. Mais en fin de compte, il me faudra faire ce que veut mon Empereur, quelque pénible que puisse être pour moi de travailler contre mes convictions. »
Le il après-midi, il y eut une conférence chez T Empereur, Anstett revint au bout de quelques heures, et depuis ce moment jusqu'à aujourd'hui après-midi, il a travaillé et écrit sans arrêter. Son mémoire se composait de plus de trente feuilles et a été envoyé à l'Empereur à Ofen par un Feldjxger parti cet après-midi.
Bien qu' Anstett ait pendant ce temps défendu sa porte aux visiteurs, j'ai eu l'occasion de le voir et de m'entretenir avec lui pendant ses heures de répit et de repos. Tout plein du travail qu'il faisait, il me dit qu'il travaillait à la réponse définitive de la Russie ; que l'Empereur maintenait ses prétentions sur la Pologne, réclamait la Vistule dont le cours entier devait être libre, refusait de renoncer aussi bien à Thorn qu'à Cracovie. Qu^il allait faire présenter ses propositions et qu'il faudrait, ou les accepter, ou en venir à une rupture.
Je continue à rencontrer chez Arnstein et chez Eskeles tous les fonctionnaires prussiens, Staegemann, Heim, Grosse (1)