Vienne, 16 novembre 1814 (F. 8. 4876 ad
0 0 à HAGER (en français).
Jugement tévère porté sur Alexandre par des personnes de son entouri^i sur le roi de Prusse par l'opinion publique de Vienne.
Des personnes, qui touchent de près à TEmpereur de Russie et qui ont puTétudierà fond, persistent à dire qu'Alexandre a, lui aussi, le cerveau un peu dérangé et qu'il finira comme son père. Le genre de vie, qu*ii a mené à Paris, en France et en Autriche, à Londres et à Vienne, Ta déconsidéré partout et le bruit de la mauvaise réputation, qu'il s'est acquise, est parvenu jusqu'en Russie. Ces personnages vont même jusqu'à dire, que ni les ministres, ni Tarmée, ni même la population, que nul, en un mot,n*a confiance en Alexandre, que personne ne l'aime, ni l'estime. On lui reproche Tilsit, Tincendie de Moscou, et toutes les sottises qu'il a faites à Paris avec sa Constitution et qu'il se dispose à renouveler à Varsovie. On les entend répéter à tout propos que : « Les événements de 1813 et 1814 prouvent qu'Alexandre n'est ni un général, ni même un soldat, mais un simple brouillon, un homme sans caractère qui passe sans transition et sans motif d'un extrême à l'autre, un homme qu'on ne saurait craindre d'avoir pour ennemi et qui ne mérite aucune considération personnelle. » Ils ajoutent que la Russie est pour le repos et la liberté du Continent un danger bien autrement grand que la France ; que le roi de Bavière, le grand -duc de Bade, le roi de Wurtemberg, ainsi que les priaces et ministres allemands présents à Vienne, détestent Alexandre et n'aiment pas plus la Russie que son empereur.
Le roi de Prusse et ses ministres n'ont pas, eux non plus, gagné du terrain depuis qu'ils sont ici. L'opinion publique n'a pas confiance en eux et ne leur accorde aucune considération. Le roi s'est rendu méprisable par la servilité dont il fait preuve h l'égard de l'empereur de Russie. En revanche, on approuve l'amitié qu'il témoigne à la princesse de Thurn et Taxis. On constate du reste que le roi manque absolument de caractère et dépend entièrement de son entourage et de ees ministres.
Le ministre russe Stein, qui travaille de concert avec La
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 545
Harpe, qui au mois de mai a perpétré à Paris la malheureuse Constitution, qui pousse à rétablissement en Pologne d'un gouvernement représentatif, qui cherche à introduire dans les Etats de la Confédération germanique une organisation parlementaire, a peut-être plus d'influence dans le cabinet prussien que JacobijStaegemann, Jordan, etc., etc., que Hardenberg et que Humboldt. Le comte Solms ne s'est pas gêné pour dire plus d'une fois en ma présence que le prince Hardenberg était un bien pauvre Sire. A l'appui de ces dires, on invoque des proclamations déjà anciennes, toutes imprimées, du baron Stein^ dans lesquelles il proclame la nécessité de fondre toutes les petites nationalités allemandes en une seule nation, tous les différents Etats en une seule monarchie allemande.