‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 618 sur 816 · Vienne, 14 novembre 1814 (F. 4. 4376 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 14 novembre 1814 (F. 4. 4376 ad

GOUPY à la reine d'ETRURIE (1) Intercepta) (en français)

(par la police).

Première séance du Congrès le 13 pour les affaires d'Italie. Cession de Gènes au Piémont. Impossibilité d'avoir la Toscane. Conférence avec Castlereagh. Reconnaissance des droits de la Reine sur Parme et de la légitimité d'une compensation qui ne pourra être que les Légations. Démarches qu'il fera pour obtenir Lucques et Massa Carrara. On ne rendra pas les Légations au Pape.

Je me hâte de répondre à la lettre, dont Votre Majesté a daigné m'honorer le 29 du mois passé, en L'instruisant de ce qui a été décidé hier dans une session des Ministres qui com^ posent le Congrès.

La première, la seule question qui ait été traitée jusqu'à ce jour relativement à l'Italie, a été celle qui regarde la république de Gênes, et malheureusement la décision, qui a été prise à son égard, nous prive entièrement de l'espérance de pouvoir obtenir ce territoire pour indemnité, puisqu'il y est prononcé qu'il fera partie du royaume de Sardaigne auquel on le réunit.

l.Etrurie (La reine d'infante Marie-Louise) (1782-1824),flUe du roi Charles IV d'Espagne, duchesse de Parme puis reine d'Etrurie, veuve le 17 mai 1803, devint duchesse de Lucques en 1817. Elle avait à Vienne un fondé de pouvoirs nommé Goupil des Hautes Bruyères, qu'assistait l'ambassadeur d'Espagne Labrador. (Cf. Pallai.^. 'Correspondanee inédite de Tàlleyrêndj 839.)

J'ai eu l'honneur de faire connaître à Votre Majesté que j'étais convaincu qu'il nous serait impossible d'obtenir la restitution de la Toscane, et cela est aujourd'hui démontré. Ainsi nous n'avons plus à opter qu'entre les objets de compensation sur lesquels nous poi^rrions jeter nos vues et diriger nos démarches.

La conférence, que je viens d'avoir avec lord Castlereagh, m'a conGrmé dans l'opinion où je n'ai jamais cessé d'être que Ses droits aux duchés de Parme, Plaisance et Guastalla étaient reconnus et qu'ils seraient rendus sans difficulté. J'ai su de plus qu'on ne pouvait contester à Votre Majesté une compensation quelconque pour la différence qui existe entre les revenus de ces Etats et ceux de la Toscane. Mais j'ai Thonneur de lui répéter que, puisqu'il faut renoncer à trouver cette compensation dans le territoire de Gênes, M. de Labrador et moi, nous serons très embarrassés pour les moyens d'en obtenir une, s'il faut absolument exclure les Légations. Je me propose de faire céder à Votre Majesté le duché de Massa Carrara et la république de Lucques en donnant Téquivalant à la duchesse de Modène dans les Légations que Votre Majesté refuse. Mais je crois qu'il serait bien plus avantageux pour Elle de les avoir que d'en laisser disposer en faveur de tout autre souverain.

En dernière analyse, il faut que Votre Majesté sache que, quelque chaleur que le Cabinet de Sa Sainteté puisse apporte r dans la réclamation qu il fait de ces Légations, elles ne lui seront pas rendues, qu'EUe a donc à examiner d'après cette assurance s'il Lui convient d'y renoncer. Je La supplie de me donner sur ce point la réponse la plus prompte.

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